Les mystères de la lecture ? (1)

Eclos ayant inauguré avec Le verre est solide ? la catégorie science, je vais essayer d’enrichir cette nouvelle catégorie avec quelques articles sur la lecture.

Je viens de commencer un livre passionnant : “Les neurones de la lecture” par Stanislas Dehaene

Les neurones de la lecture

 

Le sujet : étude scientifique par un spécialiste de la psychologie et de l’imagerie cérébrale d’une de nos activité quotidienne.

Je vous recommande sa lecture, mais je vais quand même tenter de vous en donner les grandes idées en résumant les points essentiels au fur et à mesure de ma lecture

Au premier abord, l’opération de la lecture semble magique: il nous suffit de poser le regard sur un mot et, sans le moindre effort apparent, notre cerveau nous donne accès à son sens et à sa prononciation. Ce problème n’est pourtant pas simple, puisque les meilleurs logiciels de reconnaissance s’y frottent toujours avec difficulté.

L’information visuelle doit être extraite, distillée, puis recodée dans un format qui restitue la sonorité et le sens des mots. Nous avons besoin d’un algorithme de décodage, semblable dans son principe à celui d’un logiciel de reconnaissance de caractères, capable de passer des taches d’encre de la page aux mots qu’elle contient. Sans que nous en ayons conscience.

Notre cerveau réalise une série d’opérations sophistiquées dont les principes commencent seulement à être compris .

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Déjà publié le 11 November 2007

Internet rend-il bête ? (bis) version audio

Cerveau d'internaute
Cerveau d'internaute

Le livre de Nicolas Carr décrit bien les effets néfastes de l’usage excessif  d’Internet sur notre aptitude à lire des livres de plus de dix pages sans images !

Pour le cas où vous seriez déjà atteint par ces premiers symptômes et envisagiez de reporter à une date ultérieure(1) ,non encore fixée, la lecture du précieux ouvrage, j’ai une solution.

Je vous propose ici,  non pas d’écouter une version audio du livre, mais plutôt de prêter une oreille attentive à cet extrait de l’émission “La tête au carré” qui lui a été consacrée ce midi.

Tete_carre_nicolas_carr (32′)

Quelques repères :

  • (7′ 50”) Le vocabulaire d’internet est celui du monde réel, des mots qui datent d’avant internet. C’est notre moyen d’ aprenhender le virtuel
  • (9’30”)L’homme  a déjà du s’ adapter dans le passé à un phénomène nouveau : la lecture. Certaines zones du cerveau ont dû être “recablées” pour s’adapter à cette nouvelle activité.
  • (14’30”) Comme pour la lecture notre cerveau va peut être s’adapter au multimedia, même si pour l’instant les effets sont encore négatifs.

Source : La tête au carré (France inter)

(1): Aussi désignée par la savante expression “ grecques” (sic)

De la lecture et de la transformation mentale qu’elle induit.

Comme promis amis fumistes, j’ai retrouvé le passage incriminé du livre d’E. Todd après la démocratie qui nous tant fait gloser tantôt.

Après la démocratie

” la faculté de lire et d’écrire est plus qu’une compétence, elle suppose une transformation de l’homme. Son acquisition est facile avant la puberté, difficile et le plus souvent imparfaite après, tout comme l’acquisition d’une langue étrangère, qui laisse toujours subsister un accent si elle n’est pas réalisée avant que l’enfant devienne adulte. Il s’agit bien d’une transformation en profondeur de l’activité mentale. La lecture silencieuse développe les capacités d’introspection et démultiplie le potentiel d’introversion. L’apprentissage de la lecture fabrique l’homme anxieux de la modernité, européen avant d’être japonais, chinois, arabe, indien ou africain. Cet Européen mentalement modernisé par l’alphabétisation fut perçu jusqu’à très récemment comme agité et sinistre par les populations de l’ancien tiers monde. La hausse du taux de suicide a suivi pas à pas le développement de l’alphabétisation. C’est l’émergence de cet individu triomphant et malheureux qu’étudie au fond Durkheim dans le suicide.”

Voilà voilà…