Bien public, bien privé

Encore un extrain d’article que je trouve très interessant.

http://www.alternatives-economiques.fr/les-mots-du-developpement-durable_fr_art_47_4868.html

Lorsque l’être aimé se montre volage, son amour pour vous diminue. Mais lorsque la mère donne naissance à un nouvel enfant, son amour pour le précédent ne se réduit pas. C’est toute la différence entre bien privé et bien public: le fait de partager avec un autre la même affection réduit mon bonheur (ou mon utilité, dans le jargon des économistes) dans le premier cas, mais pas dans le second. La paix est un bien public parce que le fait pour moi d’en jouir ne réduit en rien la capacité des autres à en bénéficier aussi; la voiture est un bien privé parce que je roule d’autant mieux qu’il y a moins de voitures.

Le bien public est non rival – le fait que l’autre en bénéficie ne réduit pas mon utilité – et non exclusif – le fait de partager le même bien n’en réduit pas la qualité et l’intérêt. Le climat est un bien public, tout comme la biodiversité, une monnaie commune et stable, l’urbanisme, la formation ou l’Etat de droit. Mais ces biens publics ne tombent pas du ciel: ils résultent de règles, d’efforts, de compromis, d’interdits ou d’obligations, dont la justification est précisément qu’ils engendrent des effets bénéfiques pour tous.

Hélas, les biens publics mondiaux ont du mal à émerger ou à être préservés lorsqu’ils existent et sont menacés (la biodiversité, le climat…), parce qu’il n’existe pas de gouvernement mondial. Il faut donc s’en remettre à la sagesse des hommes et des institutions internationales, publiques ou privées. Ce qui, on le constate tous les jours, n’est pas gagné, car chaque groupe ou chaque nation, dans cette affaire, tend à refiler aux autres la charge de l’effort, de la contrainte ou des obligations.

Déjà publié le 30 October 2007

Le monde des systèmes et des supersystèmes cognitifs. Conflits et coopérations. Vers le post-humain.

Encore un super article passionnant avec pleins de concepts indispensables à une vision lucide du monde. La totalité en deuxième partie.

Le modèle de soi qui donne à un système cognitif toute sa puissance compétitive est différent. Il est doté d’une propriété qui lui ouvre au moins virtuellement des possibilités innombrables, celle de pouvoir contribuer à la formulation d’hypothèses s’affranchissant des expériences précédemment vécues par le système. C’est précisément en cela que réside la capacité du système cognitif, non pas de s’affranchir des déterminismes, mais de faire des hypothèses ne tenant pas compte des déterminismes déjà expérimentés et mémorisés.

Le fait que le modèle du soi propre au système cognitif échappe aux déterminismes linéaires et puisse formuler des hypothèses sur un mode presque aléatoire permet au cerveau d’abord, au corps tout entier du système cognitif ensuite, de se comporter dans le monde réel en machines à inventer. Le bénéfice en terme de compétitivité de l’émergence d’une telle propriété a été immédiat. Le cerveau du système cognitif, enrichi par le modèle (imaginaire ou halluciné) d’un soi pouvant librement imaginer de modifier le monde afin de le transformer a priori, est devenu un compétiteur redoutable à l‘égard des systèmes non cognitifs qui n’évoluent que beaucoup plus lentement et le plus souvent a posteriori seulement d’un évènement perturbateur.

Ces deux petits extraits m’ont poussés à la réflexion suivante : l’avantage de l’espèce humaine sur toutes les autres formes de vies connues est sa double capacité à transmettre un savoir sous forme de traditions et de remettre en question à chaque génération ces mêmes traditions. Ces deux facultés qui s’opposent et se complètent, la nouveauté devenant la tradition de la génération suivante, assurent une adaptation permanente des humains à leur milieu, même s’ils sont la cause des boulversements de leur environement.

Les systèmes cognitifs assemblés en SSC (super systèmes cognitifs) ont très vite, nous l’avons indiqué précédemment, exporté sur des réseaux de supports physiques externes à eux un certain nombre de représentations du monde, construites initialement dans les cerveaux des systèmes cognitifs individuels et s’étant révélées efficaces pour contribuer à la survie de ces systèmes. C’est ce mécanisme qui a donné naissance aux mémoires sociales les plus variées, depuis les mythes jusqu’aux programmes éducatifs enseignés dans les écoles. Si les contenus de ces mémoires ont été conservés et améliorés, ce n’était pas par ce qu’ils étaient vrais dans l’absolu (notion qui n’a pas de sens dans l’approche retenue ici) mais parce qu’ils étaient les plus propres à faciliter la survie des groupes et des individus qui s’y référaient. C’est ainsi que les mythes fondateurs, croyances religieuses et superstitions diverses sont apparus et ont continué à se développer du fait des références utiles à la survie qu’ils apportent aux systèmes cognitifs individuels et aux SSC. Ceci en dépit du fait que ces mythes, au regard des critères de la scientificité que nous allons présenter ci-dessous, ressemblent à des “mensonges ” ou tout au moins des illusions.

J’aime beaucoup cette explication de l’utilité des illusions! Cela parrait effectivement tellement logique!

Les contenus des mémoires scientifiques ne sont pas plus « vrais » au sens ontologique que ceux des mémoires mythologiques. Ils sont seulement plus efficaces puisqu’ils représentent la globalisation réutilisable par tous d’un nombre considérable d’expériences « réussies ». Autrement dit, ils contribuent à construire un monde que l’on pourrait dire scientifique ou rationnel qui se superpose au monde naturel et qui le modifie en permanence dans la mesure où la machine à inventer des SSC continue à fonctionner sur le mode de la production de contenus scientifiques.

J’ai envie de me revendiquer comme un représentationiste! Il n’existe pas de réel en soi. Seulement des représentations créées à partir de nos perceptions. On invente un modèle du monde qui nous sert d’environement d’interaction. Et l’on revoit ce modèle à chaque fois que nécessaire pour qu’il colle à à nos sensations. Ce processus nous permet de nous optimiser et améliorer nos chances de survie.

Les systèmes cognitifs sont en compétition les uns avec les autres. En simplifiant on dira qu’une première lutte pour la survie oppose les SSC scientifiques aux SSC privilégiant des représentations mythologiques. Vu l’efficacité des représentations scientifiques, on pourrait penser que les premiers l’emporteront inévitablement sur les seconds. Mais les connaissances scientifiques, bien qu’étendues, ne peuvent suffire à répondre à toutes les questions que les cerveaux des systèmes cognitifs se posent sur le monde. Donc, au sein même des SSC scientifiques persistent avec succès des représentations mythologiques dont s’inspirent beaucoup d’individus. Elles sont transmises tout naturellement par les langages, qui sont les vecteurs, non seulement des contenus de communication scientifique, mais de la prolifération d’entités informationnelles réplicantes n’ayant rien de particulièrement rationnel et que l’on désigne par le terme de mèmes.

Mais il y a un défaut à ce processus d’optimisation. Notre besoin d’avoir un modèle qui répond à toutes les questions nous pousse à croire à n’importe quoi plutot que d’admettre notre ignorance. C’est tellement simple et évident comme explication du fait religieux! Renforcé par notre mimétisme sociale, la modélisation a ses défauts qui vont à l’encontre de l’efficacité.

Par ailleurs et surtout, les corps et cerveaux des individus ou systèmes cognitifs individuels qui se regroupent au sein des SSC scientifiques ne sont pas entièrement dédiés à la construction de représentations scientifiques du monde. Quand il s’agit de corps biologiques (et non de corps artificiels), leurs héritages génétiques provenant de millions d’années d’évolution les laissent sensibles à des motivations qui peuvent venir en contradiction avec la rationalité scientifique (par exemple la défense exacerbée du territoire et la haine de l’autre considéré comme un rival). Au sein même de ceux des SSC que l’on pourrait globalement considérer comme des sociétés scientifiques ou technoscientifiques, les contenus de mémoire mythologiques réactivés en permanence par des héritages génétiques ou épigénétiques persistants depuis le fond des âges peuvent être bien plus nombreux que les contenus de mémoire provenant de la construction scientifiques. Les SSC à ciment principalement traditionaliste ou mythologique, dont certains sont aussi en partie des SSC scientifiques, sont finalement aussi puissants, en termes d’affrontement physique, que les SSC à ciment principalement scientifique. L’issue des conflits darwiniens pour la survie qui les oppose n’est donc pas prévisible.

C’est tellement vrai! Quand on voit de grands scientifiques de renom qui font appel au spiritualisme, à dieu ou même l’âme pour expliquer ce qu’ils échouent à comprendre, on voit bien à l’oeuvre ce mécanisme de modélisation.

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Déjà publié le 21 May 2008

Le verre est solide ?

Le verre est solide
A première vue, la consistance du verre ne fait aucun doute, il est bien solide et la question parait bien superflue. Pas tant que ça ! D’un point de vue physique, cette question soulève pas mal d’interrogations.

Octobre 2007 Partie intégrante de notre quotidien, le verre est loin de nous être si familier qu’il n’y parait. On peut certes le tenir dans la main, s’appuyer dessus, y verser un liquide…Les physiciens ne se fient pas à cette apparence extérieure et l’étudient minutieusement.

Un solide digne de ce nom ?

Au dessus, structure microscopique d’un cristal ; en dessous celle du verre. Photo © Clem Cousi / GNU Free Documentation License

La texture est parfois bien trompeuse. Pour répondre à la question posée, il faut connaître physiquement les caractéristiques de l’état solide. Qu’est-ce qui le distingue de l’état liquide ? Cette rigidité est conférée par les liaisons entre les atomes qui constituent le matériau. Prenons l’exemple du diamant : il comprend de nombreux atomes de carbone. En le “scrutant” à une échelle microscopique, on constate que les atomes sont liés entre eux par de fortes liaisons dites covalentes. Elles sont complétées par des liaisons ioniques qui rattachent deux pôles opposés (par exemple le sodium, Na+ et le chlore, Cl-). Cet ensemble constitue un maillage fort d’où cet aspect dur et rigide. Autre point, les atomes sont disposés dans l’espace de manière régulière et ordonnée ; comme dans la figure ci-contre (au dessus). Le solide présente une structure hexagonale, en nids d’abeilles.
Et bien chez le verre, il n’en est rien. Regardez la figure juste au dessous. Ces atomes sont répartis spatialement de manière complètement anarchique. Les distances qui les séparent sont irrégulières. Dans ce cas, le verre présente une structure proche d’un liquide.

Pas si liquide que ça

Si les physiciens ne se fient qu’à sa structure microscopique, le verre a tout d’un liquide. Difficile à croire car tout liquide qui se respect coule. Or, le verre en est loin. Certains pourtant estiment que cet écoulement s’opère également chez lui. Comment ? A regarder de plus près les vitraux épais des cathédrales ou encore de simples carreaux, on peut observer un épaississement au bas de la fenêtre. Les premières conclusions sont d’ores et déjà tirées : le verre s’épanche bien.
Cette explication est vite réfutée par les spécialistes du verre. Ils justifient cette observation par la méthode employée pour la confection des carreaux ou vitraux. Pour autant, en regardant à nouveau les propriétés due verre, les scientifiques constatent qu’en dessous de la température de fusion, température à laquelle le matériau passe d’un état solide à un état liquide, le verre présente un état n’ont pas cristallisé mais surfondu. Cette phase est la transition vitreuse. A ce moment, il présente une viscosité importante et une certaine aptitude à “couler”. Pour être plus exact, le verre flue. L’écoulement peut en effet s’effectuer mais il faut des centaines et des centaines d’années voire même plus pour observer ce phénomène. A l’échelle humaine, il est impossible de le vérifier.

Bilan : le verre n’est ni liquide, ni solide ; son état est intermédiaire. Les physiciens le qualifient de matériau amorphe. Mais le verre continue toujours d’intriguer et est une des énigmes de physique non résolues à l’heure actuelle.

Déjà publié le 9 November 2007

La dette publique : Une longue histoire

Je vous propose ce court article du monde très intéressant sur l’histoire de la dette publique

Le problème de la dette publique surgit aujourd’hui avec une extrême urgence sur la scène économique, politique et médiatique. Par un jeu de dominos pervers, plusieurs pays de la Communauté européenne sont au bord de la banqueroute (Irlande, Grèce) ou mis en danger par l’explosion de leur dette publique (Portugal, Espagne, Italie), tandis que les Etats-Unis sont minés par leur déficit abyssal.Triple a perdu

L’acuité de la crise financière et le désarroi des politiques incapables de la juguler expliquent la panique qui a saisi les marchés et l’angoisse qui a envahi les citoyens. Non que la question de la dette américaine ou du déficit des Etats européens ait été ignorée au moment du traité de Maastricht, en 1992, mais la tournure prise par les événements depuis 2008 lui confère le statut peu enviable de péril inouï.

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Le choc des égoïsmes par l’ex mediateur de la république

Je vous invite à écouter ces 10 minutes d’interview de jean Paul Delevoye

membre de L’UMP ex médiateur de la république (le poste a été supprimé depuis)

J’ apprecie particulièrement la franchise et la simplicité de son discours.

Première partie (10′) invite d’inter

La même chose en vidéo si vous preferrez

Jean-Paul Delevoye par franceinter

Quelques points que je retiens :

  • les français ne croient plus au destin collectif de la France, ils croient à leur reussite individuelle, à leur bonheur personnel.
  • 1955 : La fracture sociale : je veux vivre avec l’autre
    2007 : La sécurité : j’ai peur de l’autre
    2012 :“Si aujourd’hui 2012 n’est pas réflexion collective sur le vivre ensemble et le chacun pour soi on risque d’avoir une remise en cause de tout ce qui faisait la force collective de la France”.
  • La frontière n’est plus entre la droite et la gauche mais entre ceux qui récusent ou non la mondialisation
  • Refus de l’administration et de l’état : L’école ne sait plus former,  les stages ne forment à rien alors je cherche des voies parallèles
  • ( A NE PAS RATER à la 8 minutes) à Les sociétés sont gérées par 3 grands sentiments : L’ esperance , la peur ou l’humiliation … les droites exploitent les peurs, les gauches les humiliations ….

Dans cette seconde partie (13 ‘)

Mediateur de la republique

Si vous êtes pressé vous pouvez aller directement à la 6′ .

Quelques points que je retiens :

  • Basculement du citoyen en consommateur
  • Je veux pas que le juge soit juste, je veux que le juge fasse mal a celui qui m’a fait mal. Je veux pas que le prof soit bon, je veux qu’il mette 20 à mon gamin.
  • Ce qui est important c’est de gagner un électeur même si on perd un citoyen.
  • Société qui bascule des convictions aux émotions

Le site du médiateur : ici