Sapere aude !

Qu’est-ce que les Lumières ? La sortie de l’homme de son enfance dont il est lui-même responsable. Enfance, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui, enfance dont il est lui-même responsable puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir sans la direction d’autrui. Sapere aude ! (Ose penser) Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
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Déjà publié le 4 March 2008

La démocratie en copropriété

En cette période de révolutions inattendues où l’on voudrait voir la démocratie éclore partout, j’ai beaucoup apprécié cet éditorial d’ Alexandre Lacroix dans la revue Philosophie de ce mois ci.
Emmanuel Kant et Ségolène Royal ont nourri des idées fausses sur la démocratie.
Dans condition indispensable pour être citoyen, donc colégislateur: celle d’être son propre maître, de ne se trouver dans la dépendance de personne.
Aussi était-il indispensable,à ses yeux, d’être possédant – propriétaire de quelque bien – pour avoir le droit de voter. Une disposition excluant a priori les femmes et les domestiques. Lors de sa campagne pour la présidentielle de 2007, Ségolène Royal a plaidé pour la « projet était de mettre en place des jurys populaires pour régler les problèmes de politique locale.
Pour mesurer l’erreur de jugement commise par Kant, mais aussi par Royal, il suffit d’avoir assisté, au moins une fois dans sa vie, à une assemblée générale de copropriétaires.
Lhumanité y révèle son. pire visage. Lélectricien a facturé 3,30 euros l’ampoule qu’il a changée ?
Une voisine est allée vérifier au supermarché, le modèle vaut 2,90 euros. Un copropriétaire a acheté un studio attenant à son appartement pour s’agrandir ? Qu’à cela ne tienne, on lui refuse le percement d’une porte, pour le seul plaisir d’empêcher ses projets. Au début, on croit à une blague. Dans la guerre, des passions négatives se déchaînent – l’agressivité, la cruauté, la violence -, mais, aussi abjectes soient elles, elles sont prévisibles. Une assemblée de copropriétaires français – ah ! le grand pays de la révolution et des droits de l’homme – est au contraire une source d’émerveillement permanent: tout d’un coup, l’esprit de procédure, l’empoisonnement d’une vieille haine rassise, la jalousie la plus sournoise, l’avarice, la mesquinerie, et toutes les motivations médiocres se révèlent chez votre voisin. Nul n’est plus retors, plus irrationnel, plus âpre quand il s’agit de défendre son gain, que le propriétaire.