Mécréance et discrédit par Bernard Stiegler

Extraits du résumé du livre:

On pourrait avancer que la première des démarches de Bernard Stiegler est un effort pour comprendre les ressorts de ce qu’il nomme la misère symbolique, mère d’une grande part des souffrances paraissant affecter les citoyens des sociétés occidentales, pourtant favorisés par un niveau de vie 10 à 50 fois supérieur à celui de leurs homologues du tiers-monde.

D’où provient cette misère symbolique ? Du statut d’individu- consommateur que veulent imposer aux citoyens les grandes entreprises modernes. Ces entreprises sont le plus souvent américaines ou sous contrôle du capitalisme financier américain, car l’économie américaine domine à 70 ou 80% les PNB mondiaux. Mais leurs émules dans les pays européens ou dans les pays émergents telle l’Inde et la Chine ne procèdent pas différemment. Pour survivre, les unes et les autres doivent accepter la règle du jeu fixée par les majeures. Cette règle est simple. La compétition mondiale leur impose d’élargir sans cesse et fidéliser les effectifs de leurs clients, tout en comprimant sans cesse leurs coûts salariaux. Pour cela, elles se battent certes en terme de produits : types, qualité, coût. Mais elles comptent de plus en plus sur la publicité, conçue comme une véritable mise en condition. Pour être efficace, cette mise en condition doit viser à retirer tout sens critique au client, en faire un robot-acheteur, jamais satisfait, toujours prêt à de nouveaux achats et par conséquent toujours prêt à travailler davantage, fut-ce avec des salaires en baisse, pour se les procurer.

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Déjà publié le 13 December 2007

Le divin marché

Est ce que la société libérale n’est pas en train de nous enfermer dans une logique de l’argent et de l’égoïsme.

Interview de Dany-Robert Dufour qui a écris :

Le Divin Marché : La révolution culturelle libérale

 

L’auteur cite Bernard de ManDeville qui énonçait « Les vices privées font la vertus publique. »

Sa thèse principale est que les actions des hommes ne peuvent pas être séparées en actions nobles et en actions viles, et que les vices privés contribuent au bien public tandis que des actions altruistes peuvent en réalité lui nuire. Par exemple, dans le domaine économique, il dit qu’un libertin agit par vice, mais que « sa prodigalité donne du travail à des tailleurs, des serviteurs, des parfumeurs, des cuisiniers et des femmes de mauvaise vie, qui à leur tour emploient des boulangers, des charpentiers, etc. ». Donc la rapacité et la violence du libertin profitent à la société en général.

Il inspira mon « grand ami » Adam Smith.

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