Savez-vous TCHIPER ?

Avez-vous déjà été tchipé? Non, oui, …
Ou alors, peut être ignorez vous encore l’existence de ce verbe transitif… 🙂

Imaginons, vous êtes dans un bus bondé, personne ne se regarde ni ne fait le moindre mouvement…

Au moment où vous vous apprêtez à descendre, vous bousculez un mec, qui en l’espace de trois secondes vous lance un regard méprisant et vous tchipe.
Aucun mot. Et pourtant son agacement n’échappe à personne.

Le tchip est une onomatopée produite par un mouvement de succion des lèvres contre les dents parallèlement à un mouvement opposé de la langue.
C’est en général accompagnée d’un mouvement de tête, allant dans le sens inverse de la personne qu’on tchipe.

Pour le linguiste Philippe Hambye (enseignant à l’université catholique de Louvain), «le phénomène est effectivement fréquent voir courant. Le tchip est une onomatopée comme les autres. Certains l’utilisent tout le temps au même titre que «hum hum» ou «waou». Des emprunts à d’autres langues, il y en a tout le temps. La langue varie de façon continue et se renouvelle, car on y intègre de nouvelles expressions. On s’inspire souvent de ce que l’on a autour de soi, de ce qui se passe dans l’environnement.»

Le tchip est l’une de ces onomatopées, reprises et véhiculées par la majorité des cultures noires qu’elles soient africaines, caribéennes ou américaines.
Au Burkina Faso, cette onomatopée est appelée «Tchouro». Aux Etats-unis, les Africains-Américains utilisent l’expression “to suck his teeth”, ce qui signifie littéralement «sucer ses dents».
En Afrique, les onomatopées ont une place qu’elles n’ont pas Europe. La littérature orale africaine permet l’existence d’une variété d’onomatopées dont la littérature écrite est dépourvue.
«A l’oral, ces mots expressifs sont là pour illustrer et montrer ce qui n’est pas décrit. C’est un registre propre à l’oralité, car la voix et la présence physique de l’énonciateur permet d’illustrer tout cela», précise Ursula Baumgardt, co- auteur de Littératures orales africaines (éd. Karthala).

Tous (sans exception) associent le tchip aux communautés noires.

Mais bon, tout ça est bien abscons. Pour illustrer le phénomène, voici une parodie de la série Bref (sur la chaîne française Canal+)
qui met en scène un acteur antillais qui tchipe pour «exprimer son mécontentement» ou sa joie.
(en passant soit dit, si vous travaillez à la poste, gardez le sourire, ne tchippez pas!

Et si vous voulez du sérieux:

2 réponses sur “Savez-vous TCHIPER ?”

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