L’hyperscience, enjeu pour l’Europe

Pourquoi ce terme et cette affirmation, qui feront d’emblée monter aux créneaux les tenants d’un principe de précaution cachant en fait la volonté de maintenir des avantages acquis menacés par les nouvelles formes de connaissances et de technologies? L’hyperscience, dans la définition provisoire que nous vous proposons, comporterait les traits suivants, qui la distingueraient de la science traditionnelle

* Elle multiplierait les hypothèses, sans se laisser embarrasser par des considérations de convenance, vis-à-vis notamment des mandarins et des institutions. Ainsi serait remis à l’ordre du jour le concept d’anarchisme méthodologique lancé par le regretté et aujourd’hui oublié Paul Feyerabend (Contre la méthode, esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance 1975).

* Elle multiplierait parallèlement la mise en service d’équipements lourds ou légers destinés non seulement à tester les hypothèses déjà formulées mais à faire naître ce que l’astrophysicien Michel Cassé appelle des nuages d’incompréhension, indispensables à l’avancement de la recherche.

* Elle serait radicalement transdisciplinaire. Non seulement elle naviguerait hardiment d’une spécialisation à l’autre au sein d’une discipline donnée, mais aussi d’une discipline à l’autre, et ceci en priorité si tout paraît les séparer. Pour l’aider, il faudrait multiplier les outils et les réseaux permettant le rapprochement des connaissances et des hypothèses.

* Elle n’hésiterait pas, en fonction du développement des systèmes évolués d’Intelligence Artificielle et de simulation du vivant, à faire appel à leurs agents intelligents pour relancer l’esprit inventif des scientifiques humains et aussi pour collecter les fruits d’un raisonnement non-humain qui pourrait agir en interaction avec l’intelligence humaine.

* Elle renoncerait au préjugé selon lequel la science doit unifier et rendre cohérents tous les paysages auxquels elle s’adresse. Le même individu pourrait se donner du monde des représentations différentes, selon qu’il décrirait les horizons de la physique théorique, de la vie, des neurosciences, des systèmes dits artificiels ou, plus immédiatement, de l’art, de la philosophie et de la morale. Le préjugé selon lequel le monde est un et doit être décrit d’une façon unique est sans doute un héritage du cerveau de nos ancêtres animaux, pour qui construire cette unité était indispensable à la survie dans la jungle.

Le « réalisme » qui inspire encore la plupart des sciences constitue une survivance aliénante dudit préjugé. Selon le réalisme, il existe un réel en soi, existant en dehors des hommes, dont les scientifiques, grâce à la science expérimentale déductive, pourraient donner des descriptions de plus en plus approchées. L’hyperscience, tout au contraire, postulerait le constructivisme, thèse selon laquelle la science construit l’objet de son étude, c’est-à-dire le réel subjectif, le seul qui puisse l’intéresser. Elle construit d’abord cet objet en le qualifiant comme thème de recherche puis en vérifiant expérimentalement les hypothèses qu’elle formule à son sujet. L’expérimentation a pour objet de maintenir une cohérence entre les hypothèses précédemment vérifiées et les nouvelles, sans pour autant s’interdire une remise en question (ou plutôt une extension) des premières. Elle est nécessairement et fondamentalement empirique: cela marche ou ne marche pas. Si elle cherche à regrouper et unifier les causes et leurs expressions sous forme de lois, c’est sans prétendre rechercher – et encore moins prétendre avoir trouvé – une cause première définitive (une loi fondamentale)

* Si l’hyperscience ne devait pas chercher à imposer une vision totalitaire du monde, elle devrait cependant, pour son propre compte, s’affirmer holiste et totalisante. En ce sens, elle montrerait, face à tous les ésotérismes, les mythologies, les illusionnismes et les fondamentalismes religieux, qu’elle représente la seule attitude rationnelle digne d’une humanité qui voudrait relever dignement l’héritage du siècle des Lumières.

* Elle se doterait enfin de portes paroles suffisamment influents pour obtenir le déroutement à son profit des milliards de milliards de dollars consacrés au financement des guerres et aux dépenses de consommation somptuaire qui seront de plus en plus insupportables dans la perspective des grandes crises environnementales et géopolitiques qui s’annoncent. L’hyperscience, pour ce faire, devrait convaincre qu’elle représente pour l’humanité la seule opportunité d’échapper à ces crises. A défaut d’en persuader le monde, elle devrait au moins en persuader les Européens.

Nous défendons ici le concept d’une Europe puissance scientifique et technologique. Or en ce sens l’hyperscience serait pour l’Europe une révolution économique, politique et épistémologique, trois conditions indispensables à la résolution des graves crises à venir. Si l’Europe, au lieu de construire des autoroutes et d’importer des 4/4, se couvrait d’Instituts de recherche fondamentale (dit en anglais Blue Sky Research) elle offrirait au monde un autre visage.

Sur un plan plus philosophique, nous voudrions préciser que ce concept d’hyperscience ne devrait pas être compris comme l’apologie d’un réductionnisme niant toutes les autres dimensions des humains. La deuxième édition d’un symposium nommé « Beyond Belief » vient de se tenir à La Jolla, Californie. Il réunissait des scientifiques éminents, pour la plupart matérialistes. Ils se sont mis d’accord sur le fait que la science au sens strict devait tenir compte du fait que les humains ont évolué pour l’essentiel en se référant à des valeurs non rationnelles: foi, religion, émotion. On peut d’ailleurs en dire autant, sous des formes différentes, des animaux. Nier tout ceci ne peut que créer des contre-sens. Même si par exemple les sectes guérisseuses continuent à attirer des foules, comme au Moyen-Age, il ne sert pas à grand chose d’anathématiser leurs pratiquants. L’athéisme scientifique, en ce qui le concerne, doit savoir reconnaître la complexité, dans l’humain comme dans la physique fondamentale.

Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

http://www.pan-europe.org/articletype.php?t=9

Déjà publié le 19 December 2007

le coffre fort de l’apocalypse (doomsday vault)

Le 26 février dernier, à Longyearbyen, capitale de l’archipel norvégien de Svalbard, à 1000 km du Pôle Nord, est inaugurée une des plus étranges constructions de ces dernières décennies : dans une montagne surplombant un fjord, un tunnel de 130 mètres de long débouchant sur trois chambres fortes.

J’ai toujours pas réussi à me faire une opinion sur le sujet. Ça mérite qu’on cherche encore quelques infos.

En attendant j’ai mis ci-dessous le reportage d’Arte et un extrait d’un article plus polémique

Continuer la lecture de « le coffre fort de l’apocalypse (doomsday vault) »

Déjà publié le 24 April 2008

Sphère

Non, il ne s’agit pas d’un remake du film (quoi que …) mais d’une technologie micro$oft amusante …

01.net

Cela ressemble à une boule de cristal… mais c’est un prototype d’ordinateur imaginé par les chercheurs de Microsoft Research. Constitué d’un écran tactile, Sphère se pilote avec les mains… Les ‘madame Irma’ vont enfin pouvoir voir quelquechose dans une boule …

Déjà publié le 4 October 2008

iPxxx, ou le jour où ce qui devait arriver arriva …

USA/INDIANA – Les élèves étaient sur cette tablette numérique un jeudi après-midi. Après quelques minutes d’utilisation, ils ont obtenu une photo de leur professeur entièrement nue.

Cette dernière avait stocké ce cliché dans son Smartphone. Avec la fonction iCloud, elle a immédiatement été partagée avec tous les appareils présents dans la classe. Les parents ont protesté, mais les trois collégiens qui ont vu cette photo ont été suspendus…

Interview de Joshua (en-US)

Plusieurs collèges de France se sont déjà équipés de ces tablettes.
Cela repose la question d’introduire des technologies sans la maîtrise qui devrait aller avec…

Voir: http://eduscol.education.fr/numerique/dossier/apprendre/tablette-tactile

Et pour la région sud-est: http://www.ac-nice.fr/matice/matice_v2/innover-avec-le-numerique/tablettes-tactiles

Déjà publié le 23 October 2012

Toutes les œuvres originales de Darwin sur le Web !

Toutes les œuvres originales de Darwin sur le Web !
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Un colossal travail de numérisation, entamé en 2002, vient de porter ses fruits : 43.000 pages et 150.000 dessins, y compris des documents manuscrits, sont désormais accessibles à tous, sous forme d’images ou de textes retranscrits. Un régal pour les amoureux des sciences et une mine pour les biologistes.

Quelle bonne idée et quel travail ! Derrière un site à l’allure sobre et au nom austère – The Complete Work of Charles Darwin Online –, se cachent des dizaines de milliers de documents d’une valeur inestimable : les œuvres complètes de Charles Robert Darwin, le père de la théorie de l’évolution, du Voyage du Beagle (la navigation qui a donné tant d’idées au grand homme) à l’Origine des espèces (son œuvre maîtresse). Depuis 2002, époque à laquelle a été déjà lancé un site pilote (The writings of Charles Darwin on the web), des centaines de personnes ont travaillé à ce projet. Car il fallait bien plus de cinq ans pour rassembler et numériser la production de ce scientifique prolifique.

Il s’agit bien des œuvres complètes puisque l’on trouve rassemblés à la fois les publications (« Le site contient au moins un exemplaire de toutes les publications connues de Darwin » promet l’introduction) et les documents manuscrits non publiés. Pour l’essentiel, les originaux proviennent de la bibliothèque de l’université de Cambridge, à l’origine du projet. D’autres ont été confiés momentanément par des institutions ou des particuliers, le temps d’un passage au scanner.


« Je pense », écrit Darwin au-dessus de ce dessin, qui montre une ramification d’espèces évoluant au cours du temps… © The Complete Work of Charles Darwin Online

Le plaisir de fouiller dans un trésor

Le travail a été plus loin que le scan puisque les textes ont été retranscrits. L’ensemble représente finalement 43.000 pages de textes dans lesquels on peut effectuer des recherches sur mots-clés. En tapant man ape (homme singe), on récolte 116 documents…

Fouiller dans cet immense trésor est d’ailleurs plutôt simple, surtout pour les publications. Il suffit de choisir un livre (on peut aussi passer par l’introduction où, tout en bas, sont proposées les images des livres rangés comme dans une bibliothèque, n’attendant qu’un clic). La fenêtre affiche l’image du document à droite (en commençant par la couverture) et sa retranscription à gauche. On peut même réaliser des copier-coller… Un curseur fait défiler les pages. La recherche dans les manuscrits est un peu plus fastidieuse mais c’est aussi un plaisir de compulser ces écrits. Il ne manque que l’odeur du papier…

A la seule condition de ne pas être arrêté par la langue de Shakespeare, biologistes, historiens des sciences et simples curieux apprécieront sans doute de pouvoir ainsi retourner aux sources du darwinisme, parfois mal assimilé. On peut aussi s’offrir une balade parmi ces milliers de pages, à la recherche de citations exactes ou de documents iconographiques. En cherchant bien, on peut même trouver la route du Beagle qui a conduit Darwin autour du monde entre 1831 et 1836.

Déjà publié le 21 April 2008

Cette jeunesse qui ne veut pas payer la retraite des vieux!

11% des 16-29 ans Français sont prêt à payer pour la retraites des gens agés…

20% des 16-29 ans Français pensent que la mondialisation apporte de nouvelles opportunités pour eux.

54% des 16-29 ans Français pensent que le regard de l’autre est déterminant dans leur choix professionnel.

27% des 16-29 ans Français sont certain d’avoir un bon boulot à l’avenir.

26% des 16-29 ans Français pensent que leur avenir est prometteur.

39% des 16-29 ans Français pensent pouvoir changer la société.

Non seulement ces chiffres sont effrayants, mais quand on les compare aux autres pays du monde, ça fait encore plus peur!!! Bref, ya plus de jeunesse mon bon monsieur :-P!

Le dossier en 8 pages : http://www.fondapol.org/fileadmin/uploads/pdf/documents/Dossier_LExpress-Etude_Jeunes.pdf

L’étude complète : http://www.fondapol.org/fileadmin/uploads/pdf/documents/Etude_Les_Jeunesses_face_a_leur_avenir.pdf


Le site d’origine

Déjà publié le 8 March 2008