Les députés rejettent la réforme de LEUR retraite…

Je vais reprendre du texte péché de ci de là qui décrit la situation:

Les députés ont donc courageusement rejeté l’amendement n° 249 du projet de réforme des retraites, présenté au parlement par le gouvernement.
Ah, on dit que nos députés suivent aveuglément les directives du gouvernement, vous voyez bien que ce n’est pas le cas !

Pour une fois que nos députés font preuve d’autonomie, voire de résistance, on pourrait presque se surprendre à espérer, qui sait, un sursaut républicain, de la part de ces gens élus par le peuple.

On pourrait, mais en fait, non, parce que l’amendement n° 249 portait sur la réforme des retraites des… députés !

Oui, oui, vous avez bien lu, et, non, vous ne rêvez pas : les députés, qui sont en train de voter comme un seul homme la réforme de VOS retraites, vous obligeant à travailler jusqu’à 62 ans au lieu de 60, ces mêmes députés qui jugent cette réforme indispensable, même si elle est difficile, ces mêmes députés, de droite comme de gauche, ont rejeté l’idée d’aligner leur retraite sur celle du quidam.

Voici l’exposé sommaire de l’amendement n° 249 :

« Nos concitoyens supportent de plus en plus difficilement l’idée selon laquelle leurs élus et représentants bénéficieraient, dans leurs rémunérations comme dans la gestion de leurs droits sociaux, de dispositions dérogatoires du droit commun.
Les différents systèmes mis en place pour sécuriser l’exercice de responsabilités politiques demandent à être harmonisés, afin que l’ambition légitime de permettre à chacune et chacun de s’investir dans les affaires publiques ne soit plus perçue comme une tentative de créer ou laisser perdurer des privilèges indus. »

Nos députés ont donc estimé que leur retraite n’était pas un privilège indu, et leur vote ne représente par du tout une tentative de laisser perdurer le dit privilège.

Allez, pour vous faire rire encore un peu, voici un résumé du fonctionnement du régime de retraite de vos députés :

« Le régime de retraite des députés fonctionne par répartition, mais leur caisse n’est alimentée qu’à hauteur de 12 % par des cotisations.
Le solde du financement est assuré par une subvention votée par les… parlementaires et payée par l’Etat, donc les contribuables. Le régime des députés coûte aux Français la bagatelle de 52 millions d’euros par an, sur les 60 millions de prestations versées.
Autre avantage : ils peuvent cotiser double pendant 15 ans, puis 1,5 fois les 5 années suivantes.
Ils auraient tort de s’en priver puisque le rendement de leur régime est imbattable : pour un euro cotisé, un député touchera 6 euros à la retraite, contre 1 à 1,5 euro pour un Français lambda. Ainsi, en seulement 22,5 années un député validera l’équivalent d’une carrière pleine, soit quarante annuités »

Voilà, maintenant vous pouvez continuez à voter pour vos députés, n’ayez aucune inquiétude, ils savent s’opposer aux propositions du gouvernement quand il le faut.

En conclusion l’amendement n° 249 rectifié n’est pas adopté.
Et pendant ce temps là, la réforme des retraites a été adoptée le 15/09/10. Pour l’adoption : 329 Contre : 233.

Que dire de plus ? … Et surtout Que Faire?

Déjà publié le 18 October 2010

Et vous? Que voulez-vous devenir lorsque vous serez grands?

Traduction d’un chapitre du livre d’E. Amdur « Duelling with O-Senseï que j’ai trouvé vraiment intéressant sur la sempiternelle question de l’efficacité martiale de l’aikido, mais pas seulement. Je trouve qu’on y évoque également des questions de maturité et de gestion des conflits au sens large.

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Vous vous baladez dans une rue d’un petit village en Malaisie par une nuit sans lune pour rendre visite à quelques amis. En rentrant chez vous, un homme visiblement très pressé vous bouscule et cogne votre épaule. Vous le maudissez tout bas, en effet, il a précisément touché l’épaule que vous aviez blessé il y a quelques mois de cela lors d’un entrainement en aikido. Un Ikkyo un peu trop appuyé qui s’est terminé par une mauvaise réception au sol. Manifestement vous avez parlé un peu trop fort, car l’inconnu vous a entendu. Il se retourne visiblement belliqueux et vous hurle dessus en s’approchant de plus en plus près de vous.
Soudainement, il lance sa main à votre visage et vous entrez dans le but de le contrôler avec un irimi nage. Vous glissez dans son attaque, le mouvement est impeccable, mais alors que vous pivotez pour le diriger vers la projection, il s’accroche à vous et vous porte quelques tout petits uppercuts dans l’abdomen. Ah vous dites-vous, cela ne va même pas me laisser un bleu…sauf qu’il est armé… Il porte un Kerambit (une sorte de poing américain prolongé d’une lame courte incurvée.

Vous commencez à reculer et il jette sa tête contre votre torse et continue à vous porter ses petits coups de poing dans l’estomac. Chaque coup vous entaille l’abdomen. «oh mon Dieu» dites-vous, «pourquoi pendant toutes mes années d’entrainement en aikido, ne me suis-je jamais entrainé à contrer les technique mortelles du Kerambit malaisien?» Ce sont vos dernières pensées avant de vous effondrer dans une mare de sang dans une ruelle malaisienne désertée.

Vous êtes le premier représentant d’Aikido à l’ultimate fighting championship, une compétition de combat sans règles réunissant plusieurs représentants d’arts martiaux différents. Comme par hasard, vous tombez au premier tour contre un représentant de la famille gracie. Vous avez décidé de vous inscrire lorsque vous avez entendu la famille Gracie prétendre que le jiu-jitsu brésilien était l’art martial le plus efficace au monde. Comment cela pourrait-il être alors que lorsque vous les voyez agir, il n’y a visiblement aucun kokyu, aucun ki dans leur pratique. Vous connaissez la stratégie de ce membre de la famille gracie : il va chercher vos jambes mais vous serez prêt dés qu’il baissera la tête pour vous saisir, à lui placer un kaiten nage et à le projeter comme un fétu de paille.
Le combat commence, mais contrairement à vos plans, il parvient à vous attraper une jambe au moment ou vous commencez votre mouvement et vous vous retrouvez au sol à rouler avec lui. Sans que vous sachiez comment, il se retrouve sur vous et vos hanches, vous collant et vous serrant comme le ferait un python avec une proie succulente. Trois secondes plus tard vos pieds s’agitent dans tous les sens alors qu’il vous étrangle. Pas de problème, dites-vous, hier soir, avant le match, dans votre lit vous avez travaillé une projection dans cette situation précise. Vous n’avez qu’à rassembler votre ki, fixer un point, ponter, et…vous évanouir…
Continuer la lecture de « Et vous? Que voulez-vous devenir lorsque vous serez grands? »

Déjà publié le 2 August 2010

Que reste-t-il de mai 68 ?

Site de l’émission Daniel Cohn-Bendit, aujourd’hui député européen, mais toujours symbole de « l’esprit de mai » dont il fut le leader charismatique, rencontrait Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin. Luc Ferry, connu pour avoir le premier formulé une critique intellectuelle de l’héritage de 68 dans un livre paru en 1985 avec Alain Renaut et sous-titré Essai sur l’antihumanisme contemporain. Première formulation, en vérité d’une critique philosophique de 68, reprise et amplifiée dans les années 90, et qui annonça le retour durable d’un certain moralisme. Continuer la lecture de « Que reste-t-il de mai 68 ? »

Déjà publié le 2 February 2008

Spinoza avait raison

Au demeurant, Damasio tient à montrer qu’il n’est pas réductionniste. Pour lui, la biologie des relations entre le corps et l’esprit, la neurophysiologie des émotions et des sentiments (des passions), ouvre des perspectives morales considérables. C’est ce qu’il tient à démontrer dans le dernier chapitre du livre, chapitre qui résume sa philosophie. Est-ce que connaître nos émotions et nos sentiments peut nous conduire à mieux vivre, atteindre un état de « contentement », d’accomplissement, qui était selon lui celui de Spinoza. C’est parce que Spinoza avait atteint cet état, nous dit Damasio, que malgré sa santé fragile, il a pu réaliser une œuvre aussi sereine, aussi prémonitoire des grandes discussions philosophiques et morales qui allaient se généraliser au siècle des Lumières. A la question qu’il se pose à lui-même, l’auteur répond positivement. Découvrir, grâce aux recherches qu’il nous propose, quels sont les ressorts profonds de nos sentiments et de nos pensées nous aidera à rechercher cet état d’accomplissement sans lequel la vie n’est guère supportable. Une grande variété de remèdes aux disfonctionnement dont nous souffrons pourra être envisagée, ceci dès les prochaines décennies. Mais ce sera aussi au plan collectif, celui de la politique et la morale sociales, que ces recherches seront utiles. Les mécanismes régulateurs de l’activité sociale ont été en général développés par l’évolution depuis des millions d’années. D’autres sont récents, datant de quelques millénaires, et se cherchent encore dans le désordre. Mais les problèmes qu’affrontent aujourd’hui l’humanité se compliquent considérablement. Une évaluation systématique des mécanismes régulateurs s’impose de façon de plus en plus pressante. Les remèdes aux disfonctionnements collectifs, par exemple l’addiction aux drogues et la violence, seront plus complexes que ceux applicables aux individus. Mais connaître l’esprit humain de façon plus scientifique aidera à trouver ces solutions. Il ne servira à rien de vouloir imposer aux gens des conduites ou des sacrifices qu’ils se seront pas en état de comprendre. On peut par contre espérer que, mieux informés par la science, ceux qui s’attacheront à traiter les grands problèmes sociaux, et les individus impliqués eux-mêmes, trouveront des voies d’espoir vers un meilleur état d’équilibre et de « contentement ». Continuer la lecture de « Spinoza avait raison »

Déjà publié le 12 December 2007

Les preuves irréfutables de l’existence de dieu

L’AUTORITÉ DE LA BIBLE…peut-on la prouver?
La Bible est le best-seller de tous les temps. N’est-elle que pure superstition, une œuvre non inspirée des hommes ? Ne constitue-t-elle qu’un ensemble d’écrits hébreux et grecs — sans doute utiles juste pour servir de livre d’histoire ? La Bible prétend être la Parole de Dieu. Doit-on accepter son autorité avec foi ? Peut-on prouver son autorité divine ? Voici les preuves bibliques !
PAR DAVID C. PACK

http://www.thercg.org/fr/brochures/bacibp-fr.html?cid=g0280&s_kwcid=ContentNetwork|951152161&gclid=CPmr1MDG3o8CFRwXEAod21PPiA

Je trouve cela assez atterrant car il n’y a pas une seule preuve d’avancée, juste des mots comme « indéniable, aucun doute, preuves irréfutables, seule explication possible, évidence claire, emphatique, incontestable » et qualifie tout ce qui relève de la science en contradiction comme « impossibilité, improbabilité ». Le plus navrant est l’attaque sur l’évolution où il prétends – par une entourloupe digne de Schopenhauer – prouver que la théorie de l’évolution est fausse et que le créationisme biblique est la seule vérité. J’ai jamais vu pareille mauvaise foi!

Bref j’attends avec impatience vos commentaires… 🙂

Déjà publié le 15 November 2007

Les mystères de la lecture ? (1)

Eclos ayant inauguré avec Le verre est solide ? la catégorie science, je vais essayer d’enrichir cette nouvelle catégorie avec quelques articles sur la lecture.

Je viens de commencer un livre passionnant : « Les neurones de la lecture » par Stanislas Dehaene

Les neurones de la lecture

 

Le sujet : étude scientifique par un spécialiste de la psychologie et de l’imagerie cérébrale d’une de nos activité quotidienne.

Je vous recommande sa lecture, mais je vais quand même tenter de vous en donner les grandes idées en résumant les points essentiels au fur et à mesure de ma lecture

Au premier abord, l’opération de la lecture semble magique: il nous suffit de poser le regard sur un mot et, sans le moindre effort apparent, notre cerveau nous donne accès à son sens et à sa prononciation. Ce problème n’est pourtant pas simple, puisque les meilleurs logiciels de reconnaissance s’y frottent toujours avec difficulté.

L’information visuelle doit être extraite, distillée, puis recodée dans un format qui restitue la sonorité et le sens des mots. Nous avons besoin d’un algorithme de décodage, semblable dans son principe à celui d’un logiciel de reconnaissance de caractères, capable de passer des taches d’encre de la page aux mots qu’elle contient. Sans que nous en ayons conscience.

Notre cerveau réalise une série d’opérations sophistiquées dont les principes commencent seulement à être compris .

Continuer la lecture de « Les mystères de la lecture ? (1) »

Déjà publié le 11 November 2007