Ni Dieu ni gène, pour une autre théorie de l’hérédité

Cette idée, rappelons-le, est que nul Dieu, nulle finalité, nulle forme prééablie ne guide le processus de réplication, sélection, amplification. Celui-ci se fait au hasard, et ne réussit qu’aux réplicateurs capables de trouver des sources de nutriments plus abondantes ou nouvelles, par rapport à ce que trouvent leurs concurrents. JJK et PS appellent simplement ce processus « hasard-sélection ». Ils l’opposent, au terme d’une longue et intéressante étude philosophique remontant à Aristote, au mécanisme dit par eux « instructif », omniprésent dans la conscience populaire comme dans la plupart des paradigmes scientifiques encore actuels de nos jours, selon lesquels un moule préexiste toujours à la mutation et guide la sélection.

Et l’homme, dans tout cela, diront les bien-pensants. Selon les auteurs, vu avec un recul statistique nécessaire, il peut apparaître comme appartenant à une espèce définissable par des critères et des valeurs communes, où les composants, les gènes notamment, bien qu’égoïstes, coopèrent de fait de telle sorte que la survie de l’ensemble semble, au moins à court terme, assurée. Mais vu à une autre échelle statistique, l’individu humain ou l’espèce humaine, comme tous les êtres vivants d’ailleurs, ne sont que des assemblées de cellules momentanément unies par des intérêts égoïstes. En descendant plus finement encore dans l’analyse, le vivant peut être décomposé en atomes liés par des interactions chimiques, comme n’importe quel objet matériel. 

 Ils s’appuient, et  ils sont en droit de le faire, car c’est là leur métier principal, sur le décryptage des génomes des virus, notamment celui du sida. L’on sait tout depuis longtemps sur ces génomes, et pourtant l’on ne peut encore rien contre eux. La recherche d’un vaccin susceptible de s’adapter, après des délais nécessairement longs, aux milliards de mutations par minute de milliards d’individus n’a pas plus de sens – avons-nous compris – que celle consistant à analyser atome par atome la constitution d’une automobile pour empêcher les accidents de la route. Nous pourrions dire, sans plaisanter hélas, que le vrai vaccin consiste à couper le virus de ses sources de nutriments. C’est donc le préservatif, n’en déplaise au Vatican. De même que le vrai vaccin contre les accidents de la route, ce serait détruire les véhicules des conducteurs refusant d’appliquer les règles de circulation, et enlever leurs permis de conduire.

http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2000/dec/jj_kupiec_p_sonigo.html

Une pensée sur “Ni Dieu ni gène, pour une autre théorie de l’hérédité”

  1. Deux choses.
    D’abord que ce qui nous guide est notre interet personnel bien compris. Et cela au niveau même de nos gènes! L’interet personnel n’exlu pas la coopération et c’est en cela que c’est interessant! D’où le « bien compris » de l’interet, qui sait aller chercher dans la coopération son interet personnel. Interet qui lui permetra de se reproduire et d’imposer ses gènes.

    Et ensuite l’aveux d’impuissance de la science face au sida qui ne montre pas qu’elle est inutile, mais bien qu’elle ne peut pas tout faire. Tout en proposant une solution toute simple avec le préservatif. Je trouve ça géniale!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *