Morale ou prospérité , il faut choisir.

Après avoir découvert dans Le divin marché Bernard de Mandeville, j’ai continué à lire sur ce monsieur.

D’après Wikipedia il soutient qu’une société ne peut avoir en même temps morale et prospérité et que le vice, entendu en tant que recherche de son intérêt propre, est la condition de la prospérité.

Cela nous ramène à notre discussion avec CriCri sur l’intérêt ou pas de vendre des Airbus et des centrales nucléaires à la chine. L’argument qui veut que si c’est pas nous qui le faisons d’autres prendront notre place est justement une illustration de ce que dit Mandeville.
Reste à définir qu’elle serait l’attitude morale à avoir sur ce sujet.
Le refus de dialogue avec la Chine parce qu’elle ne respecte pas les droits de l’homme et nous pique nos emplois ne nous mènerait pas loin. Si on ne devait pas parler avec tout ceux qui ne pensent pas comme nous finiraient un peu seul.
Par contre laisser nos valeurs aux vestiaires quand on va en Chine est une grosse connerie. La dette américaine est aujourd’hui en partie aux mains des financiers chinois parce que justement des entrepreneurs américains ont voulu être les premiers sur un marché juteux. C’est donc à chaque jour qui passe un peu plus Pékin qui décide de l’avenir économique des Etats Unis. (voir les chiffres en bas de page)
Si on pousse le scénario un peu plus loin, les chinois vont sans doute bientôt demander aux sociétés américaines dont ils deviennent peu à peu des actionnaires actifs de se conformer à « leurs valeurs ».
Cela sera une révolution douce. Nous n’allons pas nous transformer en maoïstes, mais simplement accepter de voir grignoter petit à petit nos valeurs. Ce ne sera plus un combat éthéré et philosophique, mais plus simplement une question de survie: Tu veux un boulot , alors tu acceptes mes règles.
Comme toujours les petites concessions et démissions anodines au quotidien ont toujours potentiellement des grands effets.
Je pense qu’il faut continuer à « ennuyer » nos chers clients potentiels avec nos exigences de respect de l’humain, de l’écologie …
Pour ce qui est des concurrents qui en profiteraient pour nous dépasser, il faut prévoir un budget communication pour rendre publiques leurs pratiques et leurs compromissions; une société commerciale occidentale est toujours chatouilleuse sur son image .
Donc quand Monsieur le Président Sarkozy décide pour ne pas froisser le gouvernement chinois de ne pas être accompagné lors de son voyage en Chine de sa secrétaire d’état aux droits de l’homme qu’il a lui même choisi, je dis simplement qu’il se plante et qu’un fois de plus il gouverne à très très court terme.

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L’excédent de liquidité chinois est de 200 milliard de $ pour 2006.
le déficit américain est 800 milliards $ pour la même année.

Sur le sujet un article à lire en diagonale sur les investissements chinois dans les banques d’affaires américaines

Déjà publié le 21 December 2007

Une pensée sur “Morale ou prospérité , il faut choisir.”

  1. On en revient à plus de transparence pour que la pression démocratique puisse se faire dans de bonnes conditions. Les usa y vont plus fort avec leur alerte à la peinture au plomb des jouet chinois. Pas très fairplay mais efficace pour dissuader ses con-patriotes d’acheter chinois.
    Après il arrive que l’état n’est même pas capable de financer correctement sa recherche et que les fonds étrangés rentrent pour piller "[…] au sein du pôle Minatec, le site de Crolles2 inauguré par Jacques Chirac en mars 2003 et présenté comme un «accord historique » entre Freescale (Motorola), Philips et STMicroelectronics pour la fabrication de composants électroniques avancés ne doit sa survie temporaire qu’à la participation de fonds d’investissement américains dont le principal objectif est le pillage technologique." (http://www.pan-europe.org/article.php?article_id=347&rubrique_id=5).

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