Malaise dans la civilisation

Je vous soumet un extrain d’un tout petit livre de Freud (70 pages) gratuit (http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/malaise_civilisation/malaise_civilisation.html) mais d’une très grande profondeur comme dirait Luc Ferry 😉 !

On le voit, c’est simplement le principe du plaisir qui détermine le but de la vie, qui gouverne dès l’origine les opérations de l’appareil psychique ; aucun doute ne peut subsister quant à son utilité, et pourtant l’univers entier – le macrocosme aussi bien que le microcosme – cherche querelle à son programme. Celui-ci est absolument irréalisable ; tout l’ordre de l’univers s’y oppose ; on serait tenté de dire qu’il n’est point entré dans le plan de la « Création » que l’homme soit « heureux». Ce qu’on nomme bonheur, au sens le plus strict, résulte d’une satisfaction plutôt soudaine de besoins ayant atteint une haute tension, et n’est possible de par sa nature que sous forme de phénomène épisodique. Toute persistance d’une situation qu’a fait désirer le principe du plaisir n’engendre qu’un bien-être assez tiède ; nous sommes ainsi faits que seul le contraste est capable de nous dispenser une jouissance intense, alors que l’état lui-même ne nous en procure que très peu. Ainsi nos facultés de bonheur sont déjà limitées par notre constitution. Or, il nous est beaucoup moins difficile de faire l’expérience du malheur. La souffrance nous menace de trois côtés : dans notre propre corps qui, destiné à la déchéance et à la dissolution, ne peut même se passer de ces signaux d’alarme que constituent la douleur et l’angoisse ; du côté du monde exté­rieur, lequel dispose de forces invincibles et inexorables pour s’acharner contre nous et nous anéantir ; la troisième menace enfin provient de nos rapports avec les autres êtres humains. La souffrance issue de cette source nous est plus dure peut-être que toute autre ; nous sommes enclins à la considérer comme un accessoire en quelque sorte superflu, bien qu’elle n’appartienne pas moins à notre sort et soit aussi inévitable que celles dont l’origine est autre.

J’ai surligner en rouge la phrase,qui me semble la plus importante : il n’y a pas de plaisir en soit, mais du plaisir par rapport à du déplaisir. Ce qui explique pourquoi on recherche toujours plus, et que l’on n’est jamais satisfait bien lontemps de ce que l’on a. On ne peut être heureux que si l’on est malheureux de temps en temps!!! On n’apprécie la paix, que quand on a connu la guerre…

Déjà publié le 22 August 2008

5 réponses sur “Malaise dans la civilisation”

  1. Est ce que le déplaisir qu’a pu suscité ma première réaction,
    suivi du plaisir qu’a du provoquer ma seconde réaction
    vous a comblé de bonheur ?

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