L’égocitoyen, c’est chacun pour soi, l’écocitoyen, c’est chacun pour tous.

E&DDM : Le marché et les actions volontaires qui sont souvent prônés sont-ils suffisants pour assurer un tel développement ?  

Je pense que ce n’est pas suffisant dans la mesure où les lois du marché en elles-mêmes ne vont pas permettre de réguler ces grands développements que nous connaissons, économiques, techniques, industriels, scientifiques. Nous avons besoin du rôle de chacun des acteurs à son niveau, grande entreprise, PME ou organisme public. C’est pourquoi, à la Cité des sciences, nous attachons une grande importance à l’information des écocitoyens par rapport aux égocitoyens. Ceux-ci sont égoïstes, individualistes, utilisent leur voiture pour aller faire leurs courses à quelques centaines de mètres. Ceux-là ont une vision solidaire de l’ évolution, de leur capacité à gérer et à contrôler leur environnement. L’égocitoyen, c’est chacun pour soi, l’écocitoyen, c’est chacun pour tous. Il reste donc à réaliser un changement de mentalité, auquel la Cité des sciences contribue, notamment par ses exposition sur le grand thème actuel « gérer la planète ». J’ajouterai qu’il ne suffit pas d’un seul moyen, comme la réglementation ou la fiscalité, mais qu’il faut une combinaison de moyens, d’incitations fiscales, d’information, de régulation par un retour d ‘information sur ses actions, pour en apprécier tout de suite les résultats.

http://www.futura-sciences.com/fr/comprendre/dossiers/doc/t/developpement-durable/d/joel-de-rosnay-interview-sur-lenergie-et-le-developpement-durable_486/c3/221/p2/

3 réponses sur “L’égocitoyen, c’est chacun pour soi, l’écocitoyen, c’est chacun pour tous.”

  1. J’aime bien cette notion d’égocitoyen par opposition à écocitoyen. Cela montre qu’il faut trouver son intéret bien compris. C’est à dire comprendre que ce qui bénéficie aux autres me bénéficie aussi. Une évidence est qu’il vaut mieux avoir des voisins riches et bien portants que pauvres et malades si l’on veut devenir et rester riche et en bonne santé. Je penses qu’à l’école on ne leur fait pas assez travailler cet aspect là. Il y a bien le travail en groupe mais le travail d’équipe n’est pas mis en avant. Il faut que l’enfant comprenne qu’il a besoin des autres pour s’en sortir, non pas en les exploitant mais en coopérant. Je suis sur qu’il existe pleins d’exercices de ce genre qui permetraient de développer ce sentiment.

  2. Oui , mais c’est faire un pari audacieux.
    Eduquer des enfants pour leur donner des notions de partage de bien commun/public c’est tout a fait possible, mais est ce souhaitable pour leur bien ?
    N’est ce pas les transformer en future victime de leur petits copains qui eux auront été éduqués dans des concepts en vogue aujourd’hui : égoïsme, Pas vu pas pris, Si tu peux niquer le système t’es un héros.
    C’est pas un choix facile.
    Le pire c’est qu’en tant que parent tu fais un choix dont un autre être humain subira les conséquences.
    Pour dédramatiser, je crois aussi que tu transmets malgré toi tes propres valeurs, et qu’il est difficile d’enseigner des concepts qui ne sont pas les tiens.
    Donc finalement, il n’y pas tant de choix: Fils de gentils exploité, tu est un gentil exploité et tu fabriques des gentils exploités 😉
    Ou alors fils de "winner" ,tu es toi même un "battant" qui n’en veut et tes enfants seront des "killers" 😉

  3. Soit, tu as un point là. Mais je ne prèche pas du tout pour faire des enfants vertueux par ignorance du vice. Il faut qu’il y ai une dose de compétitivité mais qui doit être émulatrice, et non pas destructrice. Il ne s’agit pas d’enseigner que la coopération. En plus si l’école se charge d’apprendre aux enfants à travailler en équipe, c’est toute cette génération qui en profite. Cela ne les force pas à le faire, mais au moins ils en sont capables. Il savent ce que c’est et peuvent l’appliquer. C’est le savoir-faire que je met ici en avant. En plus si un petit malin cherche à abuser de ses camarade en se la jouant solo, il va s’isoler des autres. Et là même un fort va perdre contre plusieurs faibles : l’union fait la force.
    Donc si tu veux avoir un fils qui a toutes ses chances de son coté, il faut qu’il soit capable de travailler en équipe et savoir reconnaitre le loup qui rentre dans la bergerie. A la rigueur tu lui donne tous les outils pour qu’il puisse choisir de devenir le loup ou l’agneau. Car il faut être loup avec les loups, mais aussi agneau parmis les agneaux.
    Je penses que le concept le plus important est qu’il ne faut rien cacher aux enfants de la sombre nature égoïste de l’homme. Mais cela ne doit pas empecher de leur enseigner la vertue. Et quelqu’un de vertueux n’est pas forcément un gros naïf. J’aime particulièrement le mensonge du père noël, car il apprend très tôt aux enfants que les adultes peuvent leur mentir, même leurs propres parents!

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