Coupable mais pas responsable

Pour faire suite à l’article Rétention de sûreté et déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental

Robert Badinter explique de façon très claire pourquoi la loi en question est fondamentalement dangereuse.

Elle introduit des failles dans les principes séculaires de la justice.

Il explique comment fonctionne une justice de liberté:

  • Une infraction.
  • On détermine qui est responsable.
  • On le juge.
  • On le condamne.
  • On exécute la condamnation.
  • Lorsque la peine est achevée on peut faire des mesures de surveillance.
  • Si la personne ne respecte pas ces mesures de surveillance, cela constitue une nouvelle infraction qui ramène devant le juge.

La nouvelle loi elle introduit la notion d’infraction virtuelle. Il n’y a plus infraction -> sanction mais risque d’infraction -> sanction

C’est dans la droite ligne des différentes tentatives au cours du siècle dernier pour détecter l’homme dangereux, le gêne du tueur …

On passe de la justice de liberté, de responsabilité à la justice de sureté.

Le mieux reste d’écouter l’original

Robert Badinter Justice de Sureté (7 m)

Déjà publié le 29 November 2007

Paradoxe de Condorcet

Le paradoxe de Condorcet est en réalité, plus une question épineuse relevant de la théorie de la décision, ou plus un dilemme en démocratie, qu’un pur paradoxe logique.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Condorcet

Illustration du paradoxe de Condorcet dans les sondages de l’élection présidentielle française 2007
http://sondages2007.over-blog.com/article-6012059.html

Ce qui nous amène au Théorème d’impossibilité d’Arrow:
Le théorème d’impossibilité d’Arrow, également appelé « paradoxe d’Arrow », est une confirmation mathématique dans certaines conditions précises du paradoxe évoqué par Condorcet selon lequel il n’existerait pas de fonction de choix social indiscutable, permettant d’agréger des préférences individuelles en préférences sociales. Pour Condorcet, il n’existait pas de système simple assurant cette cohérence. Arrow démontre, sous réserve d’acceptation de ses hypothèses, qu’il n’existerait pas de système du tout assurant la cohérence, hormis celui où un dictateur seul imposerait ses choix à tout le reste de la population.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9or%C3%A8me_d%27impossibilit%C3%A9_d%27Arrow

Et là la démocratie elle est mal!!!

Déjà publié le 1 May 2007

Quelques idées reçues sur l’insécurité

Cet enregistrement date de la compagne électorale du temps où Nicolas Sarkozy n’était encore que ministre de l’intérieur.

Ce chercheur du CNRS Sébastien Rocher auteur du livre :le frisson de l’emeute

Le frisson de l'émeute : Violences urbaines et banlieues

présente dans cette émission de France Inter du 18 mars 2007 quelques idées clefs:

  • L’insécurité a augmentée même si les politiques ont réussis à nous faire croire le contraire.
  • Plus de violence sur les personnes et moins sur les biens.
  • Ce sont les pauvres qui trinquent le plus.
  • La lutte contre l’insécurité est une priorité de tous les gouvernements depuis plus de 30 ans.
  • Comment Sarkozy arrive à nous faire croire qu’il y a eu une amélioration et comment la gauche est incapable de lui apporter la contradiction.
  • Comment la droite ressort des recettes américaines vieilles de 10 ans et qui ont depuis démontrées leur inefficacité.
  • La police de proximité : avantages et inconvenients

Première partie interview (10 minutes):

Sebastian Roché 1 partie (mp3)
Deuxième partie : réponse aux auditeurs (20 minutes) :

Sebastian Roché 2 partie (mp3)

Déjà publié le 21 October 2007

Les racket des États Unis sur les entreprises européennes

Encore un excellent entretien de ma chaine youtube favorite Thinkerview

Présentation de son livre :

Qui le sait ? Depuis la fin 2014 la France a perdu une partie du contrôle de ses centrales nucléaires au profit des Américains.

Je m’appelle Frédéric Pierucci et je me suis retrouvé, bien malgré moi, au cœur de ce scandale d’État. Ancien patron d’une des filiales d’Alstom, je connais les dessous de ce thriller à 12 milliards de dollars. Après avoir été longtemps contraint au silence, j’ai décidé, avec le journaliste Matthieu Aron, de les révéler.
 
En avril 2013, j’ai été arrêté à New York par le FBI et poursuivi pour une affaire de corruption. Je n’ai pas touché un centime dans cette transaction, mais les autorités américaines m’ont enfermé pendant plus de deux ans – dont quatorze mois dans une prison de très haute sécurité.
Un véritable chantage pour obliger Alstom à payer la plus gigantesque amende jamais infligée par les États-Unis, et à se vendre à General Electric, son grand concurrent américain.
 
Mon histoire illustre la guerre secrète que les États-Unis livrent à la France et à l’Europe en détournant le droit et la morale pour les utiliser comme des armes économiques.  L’une après l’autre, nos plus grandes sociétés (Alcatel, Total, Société Générale et bientôt d’autres) sont déstabilisées.  Ces dernières années, plus de 14 milliards de dollars d’amende ont ainsi été payés par nos multinationales ces dernières années au Trésor américain. Et ce n’est qu’un début…

Son livre

Articles de presse sur le sujet

La maison brûle et nous regardons ailleurs

http://www.alternatives-economiques.fr/la-maison-brule—_fr_art_47_4866.html

Tu ne dois pas avoir l’article en entier (faut être abonné) mais je te met les passages les plus croustillants. Suivront mes commentaires. J’attends aussi bien sur les tiens.

« La timidité des gouvernements à agir ne s’explique pas seulement par la pression des lobbies industriels, elle tient aussi à la rigidité de nos organisations économiques, sociales et urbaines, et aux bouleversements qu’implique nécessairement le passage à des modes de production et de consommation plus durables. De ce point de vue, il y a une grande hypocrisie à se désoler du refus du citoyen de « base » d’accepter les sacrifices propres à sauver la planète. »

« Certains proposent pour ce faire d’entrer en décroissance, un mot d’ordre avancé par les écologistes les plus radicaux. Ce courant est issu d’une critique du développement apparue dans les années 70, qui récusait aussi bien le productivisme capitaliste que celui du socialisme réel, inscrits tous deux dans une conception du progrès héritée du scientisme positiviste du XIXe siècle, selon laquelle toujours plus signifie nécessairement toujours mieux. Les partisans de la décroissance affirment que la rupture avec nos modes de production et de consommation actuels n’est pas seulement nécessaire, mais souhaitable. Le bien-être de tous en serait mieux servi. »

« Or, la décision démocratique est victime d’un triple handicap, à la fois temporel, spatial et social. Temporel, parce que le temps du politique n’est pas à la mesure des enjeux. Les responsables politiques, soumis (et heureusement!) au verdict fréquent des électeurs, sont peu enclins à agir pour éviter des risques dont la manifestation sera lointaine. D’où le rôle essentiel de la mobilisation citoyenne pour forcer les politiques à l’action.
Le handicap est aussi spatial: l’Etat-nation centré sur son territoire demeure le principal acteur politique sur notre planète. Alors que nous sommes confrontés à des problèmes globaux, il n’existe aucune autorité environnementale à l’échelle mondiale, alors qu’il en existe en matière financière ou commerciale avec le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale du commerce. Ce qui incite peu les différents acteurs à agir pour le bien commun. Pourquoi engager des actions coûteuses pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre si les autres n’en font pas autant? Là encore, le rôle des organisations non gouvernementales peut être essentiel pour forcer nos dirigeants à s’entendre.
Enfin, troisième handicap qui pèse sur la décision démocratique: la question sociale. Comment mettre en oeuvre des modes de production et de consommation économes en ressources dans un monde où les richesses sont aussi inégalement réparties au sein des nations comme entre nations? On n’y parviendra pas sans rendre le monde moins inégal et plus solidaire. D’où l’importance des transferts Nord-Sud pour maîtriser le changement climatique ou le souhait d’un New Deal écologique avec le Sud. Le problème se pose également à l’intérieur de chaque pays. La « maison brûle » donc, mais les idées ne manquent pas pour éteindre le feu. Reste à arrêter de « regarder ailleurs »… »

Déjà publié le 30 October 2007