Traité des délits et des peines (1764) du marquis Cesare Bonesana BECCARIA

Une petite lecture fortement conseillée pendant les fêtes.

A imprimer au bureau et à lire sous le sapin 😉 !

http://classiques.uqac.ca/classiques/beccaria/traite_delits_et_peines/traite_delits_et_peines.html

Extraits:

p23 : pourquoi le judiciaire et le législatif doivent être distinct.

principe, d’où il résulte que le souverain, qui représente la société, ne peut faire que des lois générales, et auxquelles tous doivent être soumis, mais qu’il ne lui appartient pas de juger si quelqu’un a enfreint ces lois. En effet, la nation se diviserait alors en deux parties, l’une, représentée par le souverain, qui affirme que le contrat est violé, l’autre par l’accusé, qui le nie. Il faut donc qu’un tiers juge de la vérité du fait. Il est donc nécessaire qu’il y ait un magistrat dont les sentences, sans appel, ne soient qu’une simple affirmation ou négation de faits particuliers.

p37

Telle est la malheureuse condition de l’esprit humain, qu’il connaît avec exactitude les révolutions des corps célestes, tout éloignés qu’ils sont de lui, tandis que les notions bien plus rapprochées et bien plus importantes de la morale restent ensevelies dans les ténèbres de l’incertitude, et que, flottantes au gré du tourbillon des passions, elles sont à la fois établies par l’ignorance et admises par l’erreur.

p43

Mais si, en soutenant les droits sacrés de l’humanité, si, en élevant ma voix en faveur de l’invincible vérité, j’avais contribué à arracher des bras de la mort quelques-unes des victimes infortunées de la tyrannie ou de l’ignorance, quelquefois aussi cruelle, les bénédictions et les larmes d’un seul innocent, dans les transports de sa joie, me consoleraient du mépris des hommes.

Enjoy!

Déjà publié le 16 December 2008

La démocratie en copropriété

En cette période de révolutions inattendues où l’on voudrait voir la démocratie éclore partout, j’ai beaucoup apprécié cet éditorial d’ Alexandre Lacroix dans la revue Philosophie de ce mois ci.
Emmanuel Kant et Ségolène Royal ont nourri des idées fausses sur la démocratie.
Dans condition indispensable pour être citoyen, donc colégislateur: celle d’être son propre maître, de ne se trouver dans la dépendance de personne.
Aussi était-il indispensable,à ses yeux, d’être possédant – propriétaire de quelque bien – pour avoir le droit de voter. Une disposition excluant a priori les femmes et les domestiques. Lors de sa campagne pour la présidentielle de 2007, Ségolène Royal a plaidé pour la « projet était de mettre en place des jurys populaires pour régler les problèmes de politique locale.
Pour mesurer l’erreur de jugement commise par Kant, mais aussi par Royal, il suffit d’avoir assisté, au moins une fois dans sa vie, à une assemblée générale de copropriétaires.
Lhumanité y révèle son. pire visage. Lélectricien a facturé 3,30 euros l’ampoule qu’il a changée ?
Une voisine est allée vérifier au supermarché, le modèle vaut 2,90 euros. Un copropriétaire a acheté un studio attenant à son appartement pour s’agrandir ? Qu’à cela ne tienne, on lui refuse le percement d’une porte, pour le seul plaisir d’empêcher ses projets. Au début, on croit à une blague. Dans la guerre, des passions négatives se déchaînent – l’agressivité, la cruauté, la violence -, mais, aussi abjectes soient elles, elles sont prévisibles. Une assemblée de copropriétaires français – ah ! le grand pays de la révolution et des droits de l’homme – est au contraire une source d’émerveillement permanent: tout d’un coup, l’esprit de procédure, l’empoisonnement d’une vieille haine rassise, la jalousie la plus sournoise, l’avarice, la mesquinerie, et toutes les motivations médiocres se révèlent chez votre voisin. Nul n’est plus retors, plus irrationnel, plus âpre quand il s’agit de défendre son gain, que le propriétaire.

Déjà publié le 2 February 2011

Rétention de sûreté et déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental

“La garde des Sceaux, ministre de la Justice, a présenté un projet de loi relatif à la rétention de sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental.

Le premier objectif de ce projet de loi, élaboré conjointement avec le ministère chargé de la Santé, est de permettre de retenir dans des centres fermés les auteurs de crimes pédophiles condamnés à quinze ans de réclusion ou plus lorsqu’ils restent particulièrement dangereux et présentent un risque très élevé de récidive à l’issue de leur peine de prison.

Cette mesure, qui aura un caractère exceptionnel, constitue un ultime moyen de protection de la société. Des dispositifs équivalents existent dans d’autres pays tels que l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique ou le Canada.

Elle pourra également être prononcée à l’égard des personnes qui se sont soustraites aux obligations (port du bracelet électronique, injonction de soins) pouvant désormais être imposées aux détenus qui restent dangereux, après la fin de leur peine.

La rétention de sûreté sera prononcée pour une durée d’un an par une juridiction mais pourra être renouvelée si la personne reste dangereuse. Les personnes placées en centre de rétention de sûreté bénéficieront d’une prise en charge médicale et sociale spécifique par une équipe pluridisciplinaire. La rétention prendra fin dès que la dangerosité de l’individu permettra un autre mode de suivi. Un premier centre ad hoc sera créé, à titre expérimental, au sein de l’établissement public de Fresnes dès le 1er septembre 2008.

Le deuxième objectif du projet de loi est de modifier la procédure de jugement des irresponsables pénaux pour cause de trouble mental afin de mieux répondre aux attentes des victimes.

Les juges ne se borneront plus à notifier une décision de non-lieu, mais pourront prononcer, si les charges sont établies, une déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental, à l’issue d’une audience qui pourra être publique si les victimes le demandent. Si l’auteur n’est pas en mesure de comparaître, il sera représenté par un avocat.

Les juges pourront prononcer des mesures de sûreté à l’encontre de la personne reconnue irresponsable. Ces mesures s’appliqueront dès la fin de l’hospitalisation d’office. Il s’agira, par exemple, de l’interdiction de rencontrer les victimes ou de se rendre dans certains lieux.

La décision de déclaration d’irresponsabilité pénale sera inscrite au casier judiciaire.

Enfin, le projet de loi renforce l’efficacité du dispositif d’injonction de soins.”

http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/gouvernement/conseils_ministres_35/conseil_ministres_28_novembre_1115/retention_surete_declaration_irresponsabilite_58365.html

Ca vous fait penser à rien ça?

Déjà publié le 28 November 2007

L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat…

J’ai entendu à la radio ce gars et ça m’a l’air sacrément intérressant!
Il y a un pdf à télécharger : ICI

L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat, parce que l’Histoire, et au-delà les sciences humaines, est menacée par la posture utilitariste dominante dans notre société, pour laquelle seul ce qui est économiquement et immédiatement rentable est légitime : le reste n’est que gaspillage de temps et de deniers publics. Dans cette situation, l’Histoire médiévale est dans une situation paradoxale puisque s’ajoute à ce déficit général de légitimité des sciences humaines un détournement généralisé du Moyen Âge à des fins variées, jouant tantôt sur le caractère irrationnel et sauvage prêté à la période, tantôt sur la valeur particulière des ” racines ” médiévales. Le Moyen Âge devient ainsi un réservoir de formules qui servent à persuader nos contemporains d’agir de telle ou telle manière, mais n’ont rien à voir avec une connaissance effective de l’Histoire médiévale.
Continuer la lecture de « L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat… »

Déjà publié le 25 February 2008

Quand les gilets jaunes ouvrent leur propre plateforme de débat.

Le grand débat a peine lance par le gouvernement, les gilets jaunes proposent une alternative : le vrai débat.

Le plus intéressant c’est que dans les deux cas c’est la même société qui a conçu l’outil Cap Collectif.

C’est au cours d’une conférence sur le référendum d’initiative citoyenne (RIC) que Lydie Coulon, militante des « gilets jaunes » du Vaucluse, a pour la première fois entendu parler des civic techs, ces outils numériques dédiés au débat démocratique

Son témoignage sur Facebook

Des plateformes identiques par région existent déjà

Les deux débats sont a armes égales, au moins pour les outils informatiques.

Quel sera le gagnant ?

Source : Le Monde

Déjà publié le 25 January 2019

Être une femme de plus de 45 ans …

Je suis ‘tombé’ sur un documentaire de France 5 http://documentaires.france5.fr/documentaires/affaires-de-femmes qui traite d’un sujet d’actualité:

Les femmes + de 45 ans, discriminées par leur âge et qui se retrouvent au chômage dans l’indifférence général.
Plus assez jeunes mais loin d’être vieilles, elles souffrent d’une discrimination silencieuse.

Plus que le documentaire lui même, ce sont les quelques témoignages qui font réfléchir sur la place des femmes dans notre société.

Je me pose souvent une question: comment ce PDG ou ce DRH qui a une mère qui a dut subir les problèmes évoqués, peut il perpétuer ce cycle discriminatoire envers non pas la compétence de ces femmes mais leur age ?

PS: le reportage est rediffusé le vendredi 18 Juin 2010 à 00:41 sur France5

Déjà publié le 17 June 2010