Des Hommes et des Dieux

Une fois n’est pas coutume, je vais parler cinéma…
Non pour vous conter ma sortie dominicale et la séance de « Moi, moche et méchant » en 3D (…) mais pour vous inviter à visionner « Des hommes et des dieux » ce film français de Xavier Beauvois avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale, et Olivier Rabourdin.

Près de 1,3 million de spectateurs en deux semaines ! Qu’un film, contre toutes attentes, attire un monde fou, cela est déjà arrivé comme pour les 8,5 millions d’entrées pour Les Choristes, en 2004.
C’est beaucoup plus rare pour un film austère, sur un sujet dur où l’action se fond en béatitudes …

La quasi-totalité de la critique, à Cannes puis au moment de sa sortie en salles, a encensé le film. D’habitude ce genre de « ola » médiatique présage du pire 🙂 … Mais pas cette fois.

Est ce un retour au film « humaniste » comme avec Agora ?

Ce qui me fascine le plus c’est ce désir de rester coûte que coûte face au danger imminent … les moines répondent en chants et en prières… Quelques uns doutent et veulent partir mais ils se rangent à l’avis du groupe et décident de rester.

2000 ans d’histoire et toujours cette même renonciation au bon sens, cette résignation, cette attente de la main divine..
«  »Accepter de s’échouer sur le rivage du monde plat de l’école ionienne de Milet, guidé par la lueur des ombres du phare de ses utopies » »

Toujours est il que vous pouvez sans craintes passer les deux heures que dure le film confortablement installé dans votre fauteuil, vous n’en sortirez pas indemne de toute réflexion.

Le Synopsis officiel du film :
Un monastère perché dans les montagnes du Maghreb, dans les années 1990. Huit moines chrétiens français vivent en harmonie avec leurs frères musulmans. Quand une équipe de travailleurs étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur s’installe dans la région. L’armée propose une protection aux moines, mais ceux-ci refusent. Doivent-ils partir ? Malgré les menaces grandissantes qui les entourent, la décision des moines de rester coûte que coûte, se concrétise jour après jour…
Ce film s’inspire librement de la vie des Moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996.

Déjà publié le 25 October 2010

If : un peu de poésie sur Android

C’est le jour des inaugurations sur notre blog:

  • Pour permettre à CriCri et à tous de profiter de notre cher blog même en déplacement, celui est maintenant accessible dans une version spéciale Mobile.
    Il détecte le navigateur utilisé et bascule dans une présentation plus épurée. Il a  encore quelques réglages à faire mais en surfant avec un Android c’etait déjà tout bon.
  • Cela n’a absolument rien à voir j’en conviens mais j’ai trouvé qu’il manquait un peu de poésie à notre fumier alors rien que pour pouvoir créer cette nouvelle catégorie je vous offre une poème de Rudyard Kipling

If

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you;
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or, being lied about, don’t deal in lies,
Or, being hated, don’t give way to hating,
And yet don’t look too good, nor talk too wise;

If you can dream – and not make dreams your master;
If you can think – and not make thoughts your aim;
If you can meet with triumph and disaster
And treat those two imposters just the same;
If you can bear to hear the truth you’ve spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build ’em up with wornout tools;

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breath a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: « Hold on »;

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings – nor lose the common touch;
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds’ worth of distance run –
Yours is the Earth and everything that’s in it,
And – which is more – you’ll be a Man my son

Une traduction plutôt libre d’André Maurois

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

Déjà publié le 31 May 2010

Leçon d’économie

Une petit conte charmant envoyé par un ami commun Alexandre:

Ça se passe dans un village qui vit du tourisme, mais à cause
de la crise il n’y a plus de touristes.
Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre.

Plusieurs mois passent, misérables.

Arrive enfin un touriste qui prend une chambre.

Il la paie avec un billet de 100€.
Le touriste n’est pas plutôt monté à sa chambre que l’hôtelier
court porter le billet chez le boucher, à qui il doit justement cent euros.
Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l’approvisionne en viande.
Le paysan, à son tour, se dépêche
d’aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques passes.
La prostituée se rend à l’hôtel pour rembourser l’hôtelier qu’elle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l’heure.

Comme elle dépose le billet de 100€ sur le comptoir, le touriste
qui redescend dit à l’hôtelier que la chambre ne lui convient pas.
Il ramasse son billet et disparaît.
Rien n’a été dépensé, ni gagné, ni perdu. N’empêche que plus personne dans le village n’a de dettes.

N’est-ce pas ainsi qu’on est en train de résoudre la crise mondiale?

Déjà publié le 2 February 2011

Le sens caché du monde : L’anagramme au pays de la physique fondamentale

Je viens de découvrir grâce à la radio ce petit ouvrage poétique de notre « physicien favori » Etienne Klein

Anagrammes renversantes ou Le sens caché du monde

Un petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche:

La gravitation universelle                         : loi vitale régnant sur la vie
L’origine de l’univers                                  : un vide noir grésille
l’accélérateur de particules                       : eclipsera l’eclat du créateur
etre ou ne pas etre voila la question        : oui et la poser n’est que vanité orale
Albert Einstein                                            : rien n’est établi