Traité des délits et des peines (1764) du marquis Cesare Bonesana BECCARIA

Une petite lecture fortement conseillée pendant les fêtes.

A imprimer au bureau et à lire sous le sapin 😉 !

http://classiques.uqac.ca/classiques/beccaria/traite_delits_et_peines/traite_delits_et_peines.html

Extraits:

p23 : pourquoi le judiciaire et le législatif doivent être distinct.

principe, d’où il résulte que le souverain, qui représente la société, ne peut faire que des lois générales, et auxquelles tous doivent être soumis, mais qu’il ne lui appartient pas de juger si quelqu’un a enfreint ces lois. En effet, la nation se diviserait alors en deux parties, l’une, représentée par le souverain, qui affirme que le contrat est violé, l’autre par l’accusé, qui le nie. Il faut donc qu’un tiers juge de la vérité du fait. Il est donc nécessaire qu’il y ait un magistrat dont les sentences, sans appel, ne soient qu’une simple affirmation ou négation de faits particuliers.

p37

Telle est la malheureuse condition de l’esprit humain, qu’il connaît avec exactitude les révolutions des corps célestes, tout éloignés qu’ils sont de lui, tandis que les notions bien plus rapprochées et bien plus importantes de la morale restent ensevelies dans les ténèbres de l’incertitude, et que, flottantes au gré du tourbillon des passions, elles sont à la fois établies par l’ignorance et admises par l’erreur.

p43

Mais si, en soutenant les droits sacrés de l’humanité, si, en élevant ma voix en faveur de l’invincible vérité, j’avais contribué à arracher des bras de la mort quelques-unes des victimes infortunées de la tyrannie ou de l’ignorance, quelquefois aussi cruelle, les bénédictions et les larmes d’un seul innocent, dans les transports de sa joie, me consoleraient du mépris des hommes.

Enjoy!

Déjà publié le 16 December 2008

Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux

Suite à notre repas de ce midi j’exume des archives du fumier ce post de mai 2009 que je n’avais jamais publié.

Le texte est trop long pour faire un bon article sur le web. J’ai trouvé une version audio qui permet d’en profiter sans effort.

La Boétie

le mp3

discours_servitude_volontaire

Source  :http://audiolivres.wordpress.com/2009/03/21/la-boetie-discours-de-la-servitude-volontaire/

le texte de 19 pages

laboetie_servitude

Tout les applications de ce texte dans notre monde d’aujourd’hui sont multiples.
[pdf http://www.notrefumier.fr/wp-content/uploads/2009/05/laboetie_servitude.pdf]

Déjà publié le 23 November 2010

Le capitalisme est –il moral ?

Une intervention d’André Compte-Sponville sur le capitalisme qui devrait plaire à Job.

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture/emissions/grain/fiche.php?diffusion_id=74891

En gros ce que j’ai compris : le capitalisme n’est ni moral ni immoral mais ammoral, c’est à dire en dehors de la morale. C’est un système économique qui ne peut pas avoir de valeur morale. Par contre le capitalisme est générateur d’injustices et c’est là que la morale doit intervenir. Ce qui relève de la politique.

Un autre point important. Le capitalisme est le meilleur moyen pour produire de la richesse. Par contre il est foncièrement injuste et doit être controlé par la morale pour une redistribution de la richesse plus juste.

Compte-Sponville dit ça bien mieux que moi, je vous recommende donc fortement de l’écouter pour vous faire votre opinion là-dessus.

Déjà publié le 29 June 2009

Sapere aude !

Qu’est-ce que les Lumières ? La sortie de l’homme de son enfance dont il est lui-même responsable. Enfance, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui, enfance dont il est lui-même responsable puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir sans la direction d’autrui. Sapere aude ! (Ose penser) Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Continuer la lecture de « Sapere aude ! »

Déjà publié le 4 March 2008

La mauvaise foi féminine

Une analyse phénoménologique de l’attitude féminine lors du premier rendez-vous.

Le fichier audio à télécharger: http://www.litteratureaudio.net/Jean_Paul_Sartre_-_La_mauvaise_foi_feminine.mp3

 Et la page complète : http://www.litteratureaudio.com/index.php/2007/08/06/jean-paul-sartre-la-mauvaise-foi-feminine/

Là Sartre parle de la mauvaise foi féminine, mais cela s’applique en fait tout aussi bien aux hommes. Ce dénis de la réalité fait penser à ce maintient dans l’enfance de Kant.

Déjà publié le 5 March 2008

Et si le monde quantique était déterministe ?

Le grand public informé est maintenant convaincu de l’indéterminisme fondamental qui caractérise le monde quantique. Les propositions développées par Niels Bohr dans une interprétation dite de l’Ecole de Copenhague dans les années 1924-1927 ont provoqué une véritable révolution dans la physique en particulier et dans la philosophie des sciences en général. Elles posent en principe incontournable l’existence d’une frontière entre le monde ordinaire, régi par les lois déterministes héritées de Newton, et un monde quantique sous-jacent, dit microscopique, dont les « objets » sont marqués par l’incertitude de certaines de leurs propriétés. En conséquence, les entités décrites par la physique quantique ne peuvent pas être considérées comme des particules ordinaires, dont on pourrait à la fois mesurer, par exemple, la position et la vitesse. Elles sont représentées par une équation complexe, la fonction d’onde, qui n’en donne qu’une description probabiliste. Lors de l’observation, cette fonction d’onde s’effondre en ne faisant apparaître qu’une des propriétés de l’entité, par exemple sa position. Mais son autre propriété, sa vitesse, ne peut plus être connue. Il en résulte que toute prédiction sur l’avenir de telles entités devient impossible, sauf à considérer un très grand nombre d’entités analogues sur lesquelles la loi des grands nombres permettra de faire des prévisions vérifiables.

Déjà publié le 13 May 2008

Pulsion de vie – Pulsion de mort

L’autre jour en roulant pour aller au boulot, je me suis fait la réflexion morbide suivante: Combien de morts dites accidentelles sont à proprement parler de véritables suicides?

Pourquoi une telle question? Je fais référence ici à la pulsion de vie et à la pulsion de mort si chère à FREUD et à notre grand ami Michel ONFRAY (Michou pour les intimes). Prenez le cas banal d’une situation accidentogène lambda, en voiture sur la route. Vous vous trouvez dans la situation ou toute hésitation tout doute, tout laisser aller, toute démission si infime soit-elle se paie par votre mort. Si à cet instant précis la pulsion de mort l’emporte sur votre envie de vivre, vous prenez la mauvaise décision, ou vous ne faites rien, vous laissez faire, et vous mourrez. End of the story.

C’est ce qui m’a amené à penser que beaucoup de morts dites accidentelles pouvaient être causées par une démission même momentanée de l’envie de vivre.

Ma conclusion est qu’il faut avoir envie de vivre tout le temps, pour vivre une belle et longue vie et faire place nette de notre pulsion morbide. Vaste programme n’est-il pas?

J’espère ne pas paraitre trop trivial. Vous me direz si ce genre de reflexions ont ou non leur place dans ce noble blog.

Déjà publié le 18 December 2007