Pulsion de vie – Pulsion de mort

L’autre jour en roulant pour aller au boulot, je me suis fait la réflexion morbide suivante: Combien de morts dites accidentelles sont à proprement parler de véritables suicides?

Pourquoi une telle question? Je fais référence ici à la pulsion de vie et à la pulsion de mort si chère à FREUD et à notre grand ami Michel ONFRAY (Michou pour les intimes). Prenez le cas banal d’une situation accidentogène lambda, en voiture sur la route. Vous vous trouvez dans la situation ou toute hésitation tout doute, tout laisser aller, toute démission si infime soit-elle se paie par votre mort. Si à cet instant précis la pulsion de mort l’emporte sur votre envie de vivre, vous prenez la mauvaise décision, ou vous ne faites rien, vous laissez faire, et vous mourrez. End of the story.

C’est ce qui m’a amené à penser que beaucoup de morts dites accidentelles pouvaient être causées par une démission même momentanée de l’envie de vivre.

Ma conclusion est qu’il faut avoir envie de vivre tout le temps, pour vivre une belle et longue vie et faire place nette de notre pulsion morbide. Vaste programme n’est-il pas?

J’espère ne pas paraitre trop trivial. Vous me direz si ce genre de reflexions ont ou non leur place dans ce noble blog.

Déjà publié le 18 December 2007

La guerre des Etoiles mene a tout

Je pense qu’un adorateur comme toi de la sage se doit de collectionner les document les plus insolites sur le sujet.

Celui la vaut son pesant de cacahuètes; C est un gros délire d intellectuel qui te fait un cocktail entre guerre des étoiles , christianisme, bouddhisme dit “new age”, mondialisation.

Je suis pas sur que ce vaille la peine de lire dans le détails, mais il y quand même des parties très space …. opera ;-)

exemples :
les caractéristiques ‘christiques’ du jeune Anakin – sa mère prétend qu’il est ne d’une “conception immaculée’ et la course qu’il gagne évoque manifestement la célèbre course de chars de ben Hur, ce ‘conte christique’ “

j aime beaucoup le manifestement : on est en plein dans le Shopenauer. Je sais pas quel numéro de stratagème mais faire admettre comme une vérité déjà connue de tous un truc qui l’est pas du tout

” L’univers idéologique de la guerre des étoiles renvoie a l’univers païen du new age. Il est donc logique que la figure centrale du Mal fasse écho a celle du Christ”

Monde Diplomatique guerre des etoiles

Déjà publié le 23 May 2005

De l’évolution et de l’émergence

Je vous propose ici un très long article qui devrait passioner les esprits scientifiques curieux. En voici quelques extraits:

Il faut se représenter le sujet comme un organisme vivant (on ne définira pas la vie à ce stade) doté d’une membrane ou frontière le séparant du monde extérieur et communiquant avec ce dernier par des périphériques : organes sensoriels et organes effecteurs. Ces organes sont reliés par un système nerveux lui-même doté, dans les organismes évolués, d’une centrale d’interconnexion, de mémorisation et de traitement des données provenant des périphériques. Nous l’appellerons le cerveau.

Et un peu plus loin :

Dans le langage courant, un concept est défini comme «une idée ou représentation de l’esprit qui abrège et résume une multiplicité d’objets empiriques ou mentaux par abstraction et généralisation de traits communs identifiables par les sens» (Wikipedia). Nous ajouterions à cette définition une précision importante. Un concept ne se crée pas dans l’esprit (plus exactement dans le cerveau) sans que ceci réponde à une utilité. Le concept se crée dans le cerveau parce que celui-ci est capable d’abstraire à partir de perceptions différentes les traits communs qui peuvent faire soupçonner une permanence intéressante pour la survie. Le concept permet donc de réagir rapidement à une perception nouvelle. Ou bien celle-ci signale un élément du monde extérieur déjà connu et ne nécessitant pas un effort d’adaptation, ou bien elle signale un élément nouveau, avantageux ou dangereux, non prévu par le concept et auquel il faudra s’adapter. Dans ce cadre, en cas de succès des conduites d’adaptation, après un temps de latence suffisant pour éliminer les perceptions parasites, le concept sera enrichi ou modifié en profondeur.

Continuer la lecture de « De l’évolution et de l’émergence »

Déjà publié le 13 May 2008

Souffrance en France ou la banalisation de l’injustice sociale

Ma lecture du moment.

Cet ouvrage du maintenant célèbre Christophe Desjours spécialiste de la psychologie du travail dresse un constat assez noir de l’évolution des relations de travail dans nombre d’entreprises françaises.

Quelques unes de ses réflexions histoire de vous donner envie de le lire :

– on assiste actuellement à une banalisation importante de la violence et de l’injustice dans les entreprises et au dehors pour les chômeurs. La tolérance à ce qu’il appelle “le mal” est devenue la norme. Il rappelle à cet égard qu’en 1980 des experts avaient prédit à la France une explosion insurrectionnelle majeure si le chômage venait à dépasser les 4%. Or aujourd’hui nous dépassons allègrement les 10% et aucune insurrection n’a eu lieu. Selon lui au vu de l’état de la société française actuelle, nous pouvons largement aller plus loin dans l’augmentation du nombre des chômeurs des injustices et des violences sociales. Comment cela a-t’il été possible? Comment l’injustice et la violence au travail a t’elle pu se banaliser à ce point?

– Il précise la grande différence qu’il y a entre une description “gestionnaire du travail” qui en évacue tout subjectivité pour parler en chiffres soit disant indiscutables quoique le plus souvent falsifiés ou mensongers et une description subjective du travail c’est à dire du point de vue des salariés qui elle est absolument différente de la première. Il regrette du reste l’évacuation de la prise en compte de la subjectivité dans les analyses du travail. De cette évacuation de la subjectivité découlent les nouvelles méthodes d’optimisation industrielles et managériales “à la japonaise” et leurs effets délétères sur la santé des individus.

– il décrit avec une précision redoutable les pratiques managériales de travail de certaines entreprises dans le milieu industriel. Pour la petite histoire, Je me suis retrouvé point par point dans cette description d’un système quasi concentrationnaire et quasi fasciste assez affolante qui inflige aux personnes des souffrances extrêmes et malheureusement non prises en compte par la société et non reconnues, qu’on oblige à taire, ce qui favorise des conduites suicidaires au travail.

– il y a de nombreux renvois à diverses analyses du système Nazi qu’il ne cesse de comparer au système de relations sociales et de travail en France.  Selon lui un système de travail ne peut fonctionner que si chacun y apporte son concours zélé. Les acteurs du système nazi ne faisaient pas qu’obéir aux ordres qu’on leurs donnait mais y mettaient tout leur zèle et leur intelligence, exactement comme les “collaborateurs” de l’entreprise d’aujourd’hui. la question est comment cela est-il possible alors que beaucoup savaient pertinemment à quel point le système était injuste et porteur de violence… la thèse de la banalisation du mal et du retournement des valeurs est utilisée pour répondre à cette question sur le monde du travail décrit comme un système extrêmement cohérent et complet. Le fait par exemple de refuser de faire un sale boulot en entreprise (délation, mensonge, manipulation mobbing, harcèlement, etc.) est vu comme un manque de courage par les managers, et un manque de virilité (selon les termes de l’auteur) qui doit amener à se séparer du collaborateur vu comme faible. Il rapproche ces situations des cas ou certains soldats ont refusé de participer à des raffles de juifs lors de la seconde guerre mondiale. Je suis assez d’accord avec cette analyse. Selon moi il n’y a que peu de différence de nature entre ces comportements mais une différence de degrés. Il pose cette question : dans le régime Nazi il y avait utilisation de la force et de la contrainte par la violence pour amener les gens à faire des choses affreuses. Que ne parviendrait-on à obtenir de nous si la force physique violente était aujourd’hui utilisée, au point d’atonie et d’indifférence à l’injustice et à la violence auquel nous sommes aujourd’hui rendu? Ce point est à mon avis le plus fort du bouquin. Il a d’ailleurs été largement critiqué pour cette analyse en tant qu’il assimilait des conduites d’entreprises à un régime totalitaire ce qui est excessif. A mon sens, il n’assimile pas mais compare et cherche à comprendre l’un au regard de l’autre ce qui n’en est pas moins inquiétant au terme de l’analyse.

– Il explore les ressorts de l’adhésion à la culture d’entreprises pourtant violentes et injustes chez leurs salariés pourtant conscients chacun à leur niveau de la perversité du système dans lequel on les fait se débattre.

– il rappelle à quel point le travail peut être porteur de construction et de développement de tous les aspects de la personnalité d’un sujet dés lors que ce sujet parvient à combler le fossé entre le prescrit du travail (méthodes et organisations) et réel du travail (réalité qui oblige à beaucoup d’ajustement avec les procédures pour arriver à ses fins). Les individus investissent dans le travail une part toujours plus importante de leurs ressources psychologiques et de leur identité ce qui amène à beaucoup mieux comprendre le fait qui parait impensable que l’on puisse se suicider à cause de son travail. Dés lors que l’on nie ce travail, qu’on le réduit à néant, on nie et réduit à néant du même coup l’identité du sujet.

– Il rappelle que le système de travail actuel relève de choix politiques humains et non d’une quelconque loi économique naturelle intangible à laquelle personne ne pourrait rien.

Bref je vous le conseille.

ou la banalisation de l'injustice sociale

Déjà publié le 28 October 2010

Le capitalisme est –il moral ?

Une intervention d’André Compte-Sponville sur le capitalisme qui devrait plaire à Job.

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture/emissions/grain/fiche.php?diffusion_id=74891

En gros ce que j’ai compris : le capitalisme n’est ni moral ni immoral mais ammoral, c’est à dire en dehors de la morale. C’est un système économique qui ne peut pas avoir de valeur morale. Par contre le capitalisme est générateur d’injustices et c’est là que la morale doit intervenir. Ce qui relève de la politique.

Un autre point important. Le capitalisme est le meilleur moyen pour produire de la richesse. Par contre il est foncièrement injuste et doit être controlé par la morale pour une redistribution de la richesse plus juste.

Compte-Sponville dit ça bien mieux que moi, je vous recommende donc fortement de l’écouter pour vous faire votre opinion là-dessus.

Déjà publié le 29 June 2009