Surpopulation et écologie

Couverture du livre : Le parfum d'Adam

Le parfum d’Adam

Jean-Christophe Rufin

Extrait du commentaire de Jean-Paul Bastiast

De vrais problèmes, de mauvaises solutions

Il est certain que la croissance démographique de la population mondiale parait poser le principal problème écologique. La pensée politiquement correcte n’ose pas le dire, mais nier le fait parait difficile. Même si les effectifs se stabilisaient à 9 milliards d’hommes vers 2050, comme l’espèrent certains démographes occidentaux, le passage des effectifs actuels (environ 6,5 mds) à 9 mds, entraînera une pression considérables sur les milieux naturels, du fait que les milliards d’hommes vivant actuellement avec des revenus inférieurs à 1 dollar par personne voudront sinon atteindre le niveau de vie du milliard de favorisés habitant les pays riches, du moins survivre dans des conditions plus descentes. Pour cela, rien ne les empêchera d’essayer de prélever sur les milieux naturels les ressources alimentaires, énergétiques, en eau, en air et en espace dont ils ont besoins.

Au même moment cependant, avec la grande crise climatique, que d’ailleurs Rufin n’évoque pas, ces ressources vont se raréfier rapidement. Or le comportement global de l’humanité ne diffère pas de celui des autres espèces, tel qu’il s’est manifesté depuis l’apparition de la vie sur Terre. Dans la compétition darwinienne entre elles, chacune tend à s’étendre dans la niche environnementale qui est la sienne, sans se préoccuper de ménager les ressources de celle-ci. Lorsque les ressources sont épuisées, la croissance de l’espèce se ralentit et souvent l’espèce disparaît – jusqu’à ce qu’une autre, mieux adaptée, lui succède. La lutte pour la vie de chaque espèce ou même de chaque groupe à l’intérieur d’une espèce est la règle, même s’il en résulte une destruction des ressources alimentaires du milieu, au détriment de tous.

Malthus avait fort bien vu cela et rien ne permet aujourd’hui d’infirmer son approche. Le progrès technique ne peut rien y faire. Jamais les ressources rares et chères que pourraient produire des investissements scientifiques et technologiques même massifs ne pourraient arriver en temps utile pour répondre aux besoins élémentaires de survie. Beaucoup de démographes et d’économistes (Cf Jacques Blamont, Introduction au siècle des menaces) considèrent que, si l’on admet aujourd’hui l’existence d’un volant de 1 milliard d’hommes vivant à la limite de la survie avec un revenu d’1 dollar par personne, améliorer le sort de ce milliard par des mesures d’assistance alimentaire et sanitaire les incitera à se reproduire davantage, quelles que soient les politiques contraceptives adoptées. Ceci jusqu’à ce que les nouveaux arrivés atteignent ce seuil de la survie à 1 dollar par jour. On générera donc un matelas incompressible de tels survivants plus morts que vivants. Mais dans le même temps, les effectifs globaux auront augmentés, si bien que le plafond de population globale jugé difficilement supportable vers la moitié du siècle, soit 9 milliards d’humains, sera dépassé(2).

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Déjà publié le 20 December 2007

Un peu plus de réponse

19.23 Mais Jésus dit à ses disciples : En vérité, je vous le dis : Un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. 19.24 Et je vous le dis encore : Il est plus facile qu’un chameau passe par le trou d’une aiguille, qu’il ne l’est qu’un riche entre dans le royaume de Dieu.

Matthieu chapitre 19

http://www.lueur.org/bible/bibleenligne.php
Cento anni!

Déjà publié le 8 May 2007

Choix retardé : quand la mécanique quantique « agit » sur le passé

Choix retardé : quand la mécanique quantique « agit » sur le passé

Par Laurent Sacco, Futura-Sciences

La magie de la mécanique quantique semble inépuisable si on la prend vraiment au sérieux. Une expérience récente, effectuée par Jean François Roch et ses collègues de l’ENS Cachan, a permis de réaliser, bien mieux qu’auparavant, l’expérience dite du choix retardé proposée il y a moins de 30 ans par le grand John Wheeler. Tout en vérifiant les prédictions de la mécanique quantique, elle montre que celle-ci est encore plus folle que ses créateurs avaient pu l’imaginer en 1927.

De gauche à droite Einstein, Yukawa et John Wheeler
De gauche à droite Einstein, Yukawa et John Wheeler

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Déjà publié le 17 January 2008

L’hyperscience, enjeu pour l’Europe

Pourquoi ce terme et cette affirmation, qui feront d’emblée monter aux créneaux les tenants d’un principe de précaution cachant en fait la volonté de maintenir des avantages acquis menacés par les nouvelles formes de connaissances et de technologies?

L’hyperscience, dans la définition provisoire que nous vous proposons, comporterait les traits suivants, qui la distingueraient de la science traditionnelle

* Elle multiplierait les hypothèses, sans se laisser embarrasser par des considérations de convenance, vis-à-vis notamment des mandarins et des institutions. Ainsi serait remis à l’ordre du jour le concept d’anarchisme méthodologique lancé par le regretté et aujourd’hui oublié Paul Feyerabend (Contre la méthode, esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance 1975).

* Elle multiplierait parallèlement la mise en service d’équipements lourds ou légers destinés non seulement à tester les hypothèses déjà formulées mais à faire naître ce que l’astrophysicien Michel Cassé appelle des nuages d’incompréhension, indispensables à l’avancement de la recherche.

* Elle serait radicalement transdisciplinaire. Non seulement elle naviguerait hardiment d’une spécialisation à l’autre au sein d’une discipline donnée, mais aussi d’une discipline à l’autre, et ceci en priorité si tout paraît les séparer. Pour l’aider, il faudrait multiplier les outils et les réseaux permettant le rapprochement des connaissances et des hypothèses.

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Déjà publié le 19 December 2007