Je vous présente mes collaborateurs…

La DRH m’accueille : – « Bonjour Monsieur l’inspecteur, je vous présente mes collaborateurs… »
— Ah bon, vous avez des gens extérieurs à l’entreprise, qu’est-ce qu’ils font là, ils ne sont pas déclarés ?
— Mais non, bien sûr, ils sont, heu, salariés.. .ici, dans l’entreprise, bien sûr
— Bah, alors s’ils sont salariés, pourquoi vous les appelez collaborateurs ?
— Mais on les appelle comme ça, ce sont des collaborateurs…
— Mais, Madame, vous savez ce qui caractérise un contrat de travail, c’est un « lien de subordination juridique permanente ». Je parle en droit. Tout salarié est « subordonné ». Il n’est pas sur un plan d’égalité avec son employeur. En bonne langue française, on ne peut à la fois, être « collaborateur » et « subordonné ».
— Monsieur l’Inspecteur on appelle ainsi nos… nos… collaborateurs, c’est une marque de respect, pour les associer, enfin, on les…
— Madame, excusez-moi, mais je n’ai pas le mot « collaborateur » une seule fois dans le Code du travail, je préférerais que vous restiez sur un plan juridique, de façon à ce qu’on s’entende, c’est clair un « salarié » ! Un « collaborateur » je ne sais pas bien quel est son statut…
— Mais enfin monsieur l’Inspecteur, si, c’est clair pour nous aussi, on a le droit d’appeler nos… nos collaborateurs comme on veut. Continuer la lecture de « Je vous présente mes collaborateurs… »

Déjà publié le 19 December 2008

Le monde des systèmes et des supersystèmes cognitifs. Conflits et coopérations. Vers le post-humain.

Encore un super article passionnant avec pleins de concepts indispensables à une vision lucide du monde. La totalité en deuxième partie.

Le modèle de soi qui donne à un système cognitif toute sa puissance compétitive est différent. Il est doté d’une propriété qui lui ouvre au moins virtuellement des possibilités innombrables, celle de pouvoir contribuer à la formulation d’hypothèses s’affranchissant des expériences précédemment vécues par le système. C’est précisément en cela que réside la capacité du système cognitif, non pas de s’affranchir des déterminismes, mais de faire des hypothèses ne tenant pas compte des déterminismes déjà expérimentés et mémorisés.

Le fait que le modèle du soi propre au système cognitif échappe aux déterminismes linéaires et puisse formuler des hypothèses sur un mode presque aléatoire permet au cerveau d’abord, au corps tout entier du système cognitif ensuite, de se comporter dans le monde réel en machines à inventer. Le bénéfice en terme de compétitivité de l’émergence d’une telle propriété a été immédiat. Le cerveau du système cognitif, enrichi par le modèle (imaginaire ou halluciné) d’un soi pouvant librement imaginer de modifier le monde afin de le transformer a priori, est devenu un compétiteur redoutable à l‘égard des systèmes non cognitifs qui n’évoluent que beaucoup plus lentement et le plus souvent a posteriori seulement d’un évènement perturbateur.

Ces deux petits extraits m’ont poussés à la réflexion suivante : l’avantage de l’espèce humaine sur toutes les autres formes de vies connues est sa double capacité à transmettre un savoir sous forme de traditions et de remettre en question à chaque génération ces mêmes traditions. Ces deux facultés qui s’opposent et se complètent, la nouveauté devenant la tradition de la génération suivante, assurent une adaptation permanente des humains à leur milieu, même s’ils sont la cause des boulversements de leur environement.

Les systèmes cognitifs assemblés en SSC (super systèmes cognitifs) ont très vite, nous l’avons indiqué précédemment, exporté sur des réseaux de supports physiques externes à eux un certain nombre de représentations du monde, construites initialement dans les cerveaux des systèmes cognitifs individuels et s’étant révélées efficaces pour contribuer à la survie de ces systèmes. C’est ce mécanisme qui a donné naissance aux mémoires sociales les plus variées, depuis les mythes jusqu’aux programmes éducatifs enseignés dans les écoles. Si les contenus de ces mémoires ont été conservés et améliorés, ce n’était pas par ce qu’ils étaient vrais dans l’absolu (notion qui n’a pas de sens dans l’approche retenue ici) mais parce qu’ils étaient les plus propres à faciliter la survie des groupes et des individus qui s’y référaient. C’est ainsi que les mythes fondateurs, croyances religieuses et superstitions diverses sont apparus et ont continué à se développer du fait des références utiles à la survie qu’ils apportent aux systèmes cognitifs individuels et aux SSC. Ceci en dépit du fait que ces mythes, au regard des critères de la scientificité que nous allons présenter ci-dessous, ressemblent à des « mensonges  » ou tout au moins des illusions.

J’aime beaucoup cette explication de l’utilité des illusions! Cela parrait effectivement tellement logique!

Les contenus des mémoires scientifiques ne sont pas plus « vrais » au sens ontologique que ceux des mémoires mythologiques. Ils sont seulement plus efficaces puisqu’ils représentent la globalisation réutilisable par tous d’un nombre considérable d’expériences « réussies ». Autrement dit, ils contribuent à construire un monde que l’on pourrait dire scientifique ou rationnel qui se superpose au monde naturel et qui le modifie en permanence dans la mesure où la machine à inventer des SSC continue à fonctionner sur le mode de la production de contenus scientifiques.

J’ai envie de me revendiquer comme un représentationiste! Il n’existe pas de réel en soi. Seulement des représentations créées à partir de nos perceptions. On invente un modèle du monde qui nous sert d’environement d’interaction. Et l’on revoit ce modèle à chaque fois que nécessaire pour qu’il colle à à nos sensations. Ce processus nous permet de nous optimiser et améliorer nos chances de survie.

Les systèmes cognitifs sont en compétition les uns avec les autres. En simplifiant on dira qu’une première lutte pour la survie oppose les SSC scientifiques aux SSC privilégiant des représentations mythologiques. Vu l’efficacité des représentations scientifiques, on pourrait penser que les premiers l’emporteront inévitablement sur les seconds. Mais les connaissances scientifiques, bien qu’étendues, ne peuvent suffire à répondre à toutes les questions que les cerveaux des systèmes cognitifs se posent sur le monde. Donc, au sein même des SSC scientifiques persistent avec succès des représentations mythologiques dont s’inspirent beaucoup d’individus. Elles sont transmises tout naturellement par les langages, qui sont les vecteurs, non seulement des contenus de communication scientifique, mais de la prolifération d’entités informationnelles réplicantes n’ayant rien de particulièrement rationnel et que l’on désigne par le terme de mèmes.

Mais il y a un défaut à ce processus d’optimisation. Notre besoin d’avoir un modèle qui répond à toutes les questions nous pousse à croire à n’importe quoi plutot que d’admettre notre ignorance. C’est tellement simple et évident comme explication du fait religieux! Renforcé par notre mimétisme sociale, la modélisation a ses défauts qui vont à l’encontre de l’efficacité.

Par ailleurs et surtout, les corps et cerveaux des individus ou systèmes cognitifs individuels qui se regroupent au sein des SSC scientifiques ne sont pas entièrement dédiés à la construction de représentations scientifiques du monde. Quand il s’agit de corps biologiques (et non de corps artificiels), leurs héritages génétiques provenant de millions d’années d’évolution les laissent sensibles à des motivations qui peuvent venir en contradiction avec la rationalité scientifique (par exemple la défense exacerbée du territoire et la haine de l’autre considéré comme un rival). Au sein même de ceux des SSC que l’on pourrait globalement considérer comme des sociétés scientifiques ou technoscientifiques, les contenus de mémoire mythologiques réactivés en permanence par des héritages génétiques ou épigénétiques persistants depuis le fond des âges peuvent être bien plus nombreux que les contenus de mémoire provenant de la construction scientifiques. Les SSC à ciment principalement traditionaliste ou mythologique, dont certains sont aussi en partie des SSC scientifiques, sont finalement aussi puissants, en termes d’affrontement physique, que les SSC à ciment principalement scientifique. L’issue des conflits darwiniens pour la survie qui les oppose n’est donc pas prévisible.

C’est tellement vrai! Quand on voit de grands scientifiques de renom qui font appel au spiritualisme, à dieu ou même l’âme pour expliquer ce qu’ils échouent à comprendre, on voit bien à l’oeuvre ce mécanisme de modélisation.

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Déjà publié le 21 May 2008

Un thon robot pour l’armée américaine

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Plutôt qu’une hélice, Robotuna II, directement inspiré du véritable thon, remue la queue pour progresser dans l’eau. Imaginé il y a plus de dix ans, ce robot est en voie d’être réalisé grâce à une innovation récente, les polymères électroactifs. L’US Navy est intéressée.

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Déjà publié le 8 September 2008

Management 2.0

Management 2.0 : Wikio, l’entreprise sans murs
[ 10/04/08  – 14H48  Enjeux-Les Echos   ]
Pierre Chappaz, patron du portail d’information Wikio, est un adepte convaincu du télé-travail et du management à distance. Un management dit « 2.0 », moins hiérarchique, qui prend mieux en compte l’individu, s’appuie sur des pratiques collaboratives et exploite les technologies de la communication.  
Entretien : Comment manager plus de 30 personnes réparties dans toute l’Europe depuis les bords d’un grand lac européen, un hall d’aéroport ou un web café californien ? Quels profils embaucher ? Et comment concilier vie professionnelle et vie privée ? Pierre Chappaz répond à Anne-Laurence Fitère : personnalité reconnue de l’Internet, après avoir créé Kelkoo en 1999, il a lancé et dirige le portail d’information Wikio, tout en soutenant d’autres entreprises et projets.

Durée vidéo: 10min40

http://www.lesechos.fr/management/video/300256093.htm

Déjà publié le 1 July 2008

Le Cool Biz : faire tomber la cravate pour sauver la planète

Le Japon est entré le 1er juin dans la période dite de Cool Biz (abréviation de « cool business »)

(kurubizu en japonais)

qui durera jusqu’au 30 septembre. C’est la troisième année consécutive que le gouvernement met en place cette opération qui vise à limiter les fortes émissions de CO2 estivales, et qui rentre dans le cadre des actions de la Team Minus 6%.

Les autorités préconisent de régler la température des climatiseurs sur 28°C et donc d’adapter sa tenue vestimentaire. Typiquement, les salariés sont encouragés à venir travailler sans cravate ni veste, préférant les chemisettes et autres textiles légers. Le Premier Ministre japonais Shinzo Abe est le premier à promouvoir ce mouvement, adoptant lui-même une tenue plus décontractée dans l’exercice de ses fonctions.

Selon une enquête réalisée à l’automne dernier, 96% des japonais disent connaître le mouvement Cool Biz, et 43% le suivent sur leur lieu de travail. Par ailleurs, 93% des entreprises se disent favorables à cette initiative, surtout suivie par les grandes firmes.

D’après le Energy Conservation Center, en réglant la température des climatiseurs à 28°C au lieu de 26°C, il est possible de réaliser 17% d’économie d’énergie. A noter que le Japon dépense davantage en climatisation l’été qu’en chauffage l’hiver. Le gouvernement a évalué que pendant l’été 2006 1,14 millions de tonnes de CO2 avaient été rejetées en moins grâce au Cool Biz.

Source : Mainichi Shimbun, 21/05/2007

Article sur Wikipedia : Cool Biz

Avec le réchaufement progressif ( annoncé ) de la planète, les japonais vont vite se retrouver nus comme des vers au boulot …

Peut être le premier pays naturiste de fait … 😉

Un autre article : Le Japon tombe la veste où il est question de code vestimentaire bafoué … :):)

Déjà publié le 10 June 2009

Guide pratique pour réussir sa carrière en entreprise : Avec tout le mépris et la cruauté que cette tâche requiert

http://www.amazon.fr/Guide-pratique-r%C3%A9ussir-carri%C3%A8re-entreprise/dp/2355220123/ref=pd_ys_ir_all_90?tag=callipedie-21

Présentation de l’éditeur
L’esprit d’entreprise, le goût de la concurrence et la soif de réussite ne sont plus tabous. Le temps est enfin venu de s’ouvrir aux nombreuses opportunités que peut apporter un intense investissement dans le monde du travail. Mais comment réussir sa vie professionnelle ? Rompant avec la langue de bois des DRH, un ex-cadre vend la mèche et livre, étape par étape, en véritable Machiavel du management, toutes les clés pour soigner votre carrière et bénéficier d’une promotion rapide. Vous apprendrez tout sur l' »art de la guerre » professionnelle: savoir vous vendre en produit attractif et désirable, organiser une communication cohérente et consistante, courtiser habilement les chefs, maîtriser la langue managériale, son jargon, sa rhétorique et ses astuces pour avoir raison en toutes circonstances, s’exercer à l’art de la parole floue grâce aux techniques de base de l’hypnose, gagner en autorité en usant de perversité, utiliser le sentiment de culpabilité afin d’obtenir la soumission de vos subordonnés, recruter des collaborateurs peu compétents qui ne vous feront pas ombrage, placardiser discrètement un employé indésirable… Authentique petit manuel du courtisan moderne, ce guide exalte les vertus de la lutte pour la carrière dans l’univers impitoyable de l’entreprise. En invitant à suivre la voie du manager, Antoine Darima propose aussi un nouvel art de vivre et une conversion spirituelle: épousez votre entreprise, devenez cadre et élevez-vous à une dimension supérieure de votre être. Fermez les yeux et laissez-vous envahir par l’esprit de la firme.

Biographie de l’auteur
Antoine Darima est le pseudonyme d’un ex-jeune cadre d’entreprise, issu du sérail, et suffisamment « dynamique » pour livrer toute la vérité, avouée ou non, des pratiques de management contemporaines.