<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Notre fumier &#187; démocratie</title>
	<atom:link href="http://www.notrefumier.fr/tag/democratie/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.notrefumier.fr</link>
	<description>Historique de nos échanges</description>
	<lastBuildDate>Mon, 06 Feb 2012 13:32:02 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>La démocratie en copropriété</title>
		<link>http://www.notrefumier.fr/la-democratie-en-copropriete/1727</link>
		<comments>http://www.notrefumier.fr/la-democratie-en-copropriete/1727#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Feb 2011 23:39:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>job</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Lacroix]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Kant]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[ségolène royal]]></category>
		<category><![CDATA[syndic]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.notrefumier.fr/?p=1727</guid>
		<description><![CDATA[En cette période de révolutions inattendues où l&#8217;on voudrait voir la démocratie éclore partout, j&#8217;ai beaucoup apprécié cet éditorial d&#8217; Alexandre Lacroix dans la revue Philosophie de ce mois ci. Emmanuel Kant et Ségolène Royal ont nourri des idées fausses &#8230; <a href="http://www.notrefumier.fr/la-democratie-en-copropriete/1727">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><span style="color: #0000ff;">En cette période de révolutions inattendues où l&#8217;on voudrait voir la démocratie éclore partout, j&#8217;ai beaucoup apprécié cet éditorial d&#8217; Alexandre Lacroix dans la revue <em>Philosophie</em> de ce mois ci.</span></div>
<div>Emmanuel Kant et Ségolène Royal ont nourri des idées fausses sur la démocratie.<br />
Dans condition indispensable pour être citoyen, donc colégislateur: celle d&#8217;être son propre maître, de ne se trouver dans la dépendance de personne.<br />
Aussi était-il indispensable,à ses yeux, d&#8217;être possédant &#8211; propriétaire de quelque bien &#8211; pour avoir le droit de voter. Une disposition excluant a priori les femmes et les domestiques. Lors de sa campagne pour la présidentielle de 2007, Ségolène Royal a plaidé pour la « projet était de mettre en place des jurys populaires pour régler les problèmes de politique locale.</div>
<div>Pour mesurer l&#8217;erreur de jugement commise par Kant, mais aussi par Royal, il suffit d&#8217;avoir assisté, au moins une fois dans sa vie, à une assemblée générale de copropriétaires.<a href="http://www.notrefumier.fr/wp-content/uploads/2011/02/cartoon.png" rel="shadowbox[sbpost-1727];player=img;"><img class="alignright size-medium wp-image-1729" title="cartoon" src="http://www.notrefumier.fr/wp-content/uploads/2011/02/cartoon-296x300.png" alt="" width="296" height="300" /></a><br />
Lhumanité y révèle son. pire visage. Lélectricien a facturé 3,30 euros l&#8217;ampoule qu&#8217;il a changée ?<br />
Une voisine est allée vérifier au supermarché, le modèle vaut 2,90 euros. Un copropriétaire a acheté un studio attenant à son appartement pour s&#8217;agrandir ? Qu&#8217;à cela ne tienne, on lui refuse le percement d&#8217;une porte, pour le seul plaisir d&#8217;empêcher ses projets. Au début, on croit à une blague. Dans la guerre, des passions négatives se déchaînent &#8211; l&#8217;agressivité, la cruauté, la violence -, mais, aussi abjectes soient elles, elles sont prévisibles. Une assemblée de copropriétaires français &#8211; ah ! le grand pays de la révolution et des droits de l&#8217;homme &#8211; est au contraire une source d&#8217;émerveillement permanent: tout d&#8217;un coup, l&#8217;esprit de procédure, l&#8217;empoisonnement d&#8217;une vieille haine rassise, la jalousie la plus sournoise, l&#8217;avarice, la mesquinerie, et toutes les motivations médiocres se révèlent chez votre voisin. Nul n&#8217;est plus retors, plus irrationnel, plus âpre quand il s&#8217;agit de défendre son gain, que le propriétaire.</div>
<div><span id="more-1727"></span></div>
<div>N&#8217;en déplaise à Kant, le possédant est rarement démocrate : il se fiche de l&#8217;universel et n&#8217;envisage les enjeux du vote qu&#8217;en fonction de ses intérêts les plus étroits. Mais l&#8217;assemblée générale de copropriétaires révèle aussi la limite des délibérations populaires : assez vite, des leaders d&#8217;opinion s&#8217;y imposent, tandis que la majorité est muette, prise en otage par sa timidité ou son absence. Les votes s&#8217;y font à main levée, personne n&#8217;ose contredire les mâles dominants lorsqu&#8217;ils donnent à haute voix leurs consignes de vote.</div>
<div><a href="http://www.notrefumier.fr/wp-content/uploads/2011/02/330_cartoon_iranian_democracy_small_over.gif" rel="shadowbox[sbpost-1727];player=img;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1732" title="330_cartoon_iranian_democracy_small_over" src="http://www.notrefumier.fr/wp-content/uploads/2011/02/330_cartoon_iranian_democracy_small_over-300x237.gif" alt="" width="300" height="237" /></a>En général, les représentants du conseil syndical manifestent ouvertement leur colère et leur mécontentement à l&#8217;égard du syndic qui ne s&#8217;est pas suffisamment occupé de leur immeuble, de leur fuite d&#8217;eau, de leur faux contact au niveau de l&#8217;interrupteur du cinquième étage porte droite. On imagine que, dans ces jurys populaires de Ségolène Royal, le représentant de la République manquerait chaque fois de se faire lyncher, en bouc émissaire idéal des frustrations collectives. Aussi, existe-t-il un moyen sûr d&#8217;imaginer une caricature de démocratie qui virerait au cauchemar politique : il suffirait de convoquer une assemblée générale extraordinaire de tous les propriétaires du pays pour raviver la guerre de tous contre tous, et nous replonger illico dans l&#8217;état de nature</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.notrefumier.fr/la-democratie-en-copropriete/1727/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un site dédié aux pétitions</title>
		<link>http://www.notrefumier.fr/un-site-dedie-aux-petitions/921</link>
		<comments>http://www.notrefumier.fr/un-site-dedie-aux-petitions/921#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 18:54:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>job</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[internet]]></category>
		<category><![CDATA[partage]]></category>
		<category><![CDATA[pétition]]></category>
		<category><![CDATA[référendum]]></category>
		<category><![CDATA[signature]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.notrefumier.fr/?p=921</guid>
		<description><![CDATA[Cela semble au début loufoque , mais après réflexion je trouve cela génial. Les pétitions sur papier restent le plus souvent très locales et pour ce qui est de faire une pétition sur Internet , tout le monde n&#8217;a pas &#8230; <a href="http://www.notrefumier.fr/un-site-dedie-aux-petitions/921">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cela semble au début loufoque , mais après réflexion je trouve cela génial.</p>
<p>Les pétitions sur papier restent le plus souvent très locales et pour ce qui est de faire une pétition sur Internet , tout le monde n&#8217;a pas un informaticien sous la main <img src='http://www.notrefumier.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /><br />
Le site est très simple. Il propose quelques outils utiles pour gérer la liste des signataires.<br />
Il protège les données des signataires de toute récupération autre que celle de l&#8217;initiateur de la pétition.</p>
<p>D&#8217;autre part le côté éclectique des pétitions a beaucoup de charme.</p>
<ul>
<li><span><a title="petition" href="http://www.mesopinions.com/Arretez-le-massacre-des-dauphins-sur-les-iles-de-Feroe--petition-petitions-ddfa957418a4c41e787052f2c0f76d2e.html" target="_blank">Arrêtez le massacre des dauphins sur les îles de Féroé!</a> avec 5971 signatures<br />
</span></li>
<li><span><a title="petition" href="http://www.mesopinions.com/Anahy-a-la-Baltard---petition-petitions-bc74bae314f8a2675f8d55fd8dc988ba.html" target="_blank">Pour  que la candidate de la &laquo;&nbsp;nouvelle star&nbsp;&raquo; Anahy accède à Baltard</a> avec 4914 signatures</span></li>
<li><span><a title="petition" href="http://www.mesopinions.com/Privatisation-de-La-Poste---exigez-un-referendum---petition-petitions-074e3d2765edcf3b6041f148beaf315e.html" target="_blank">Privatisation de La Poste : exigez un référendum !</a>avec 10481 signatures</span></li>
<li><span>Ou encore la pétition qui m&#8217;a fait découvrir le site <a title="petition" href="http://www.mesopinions.com/Pour-preserver-une-genealogie-libre-basee-sur-l-entraide-et-le-partage-petition-petitions-21c58251e82d7a3ae9fc5312bcc06c5b.html" target="_blank">Pour préserver une généalogie libre basée sur l&#8217;entraide et le partage</a> avec 9032 signatures</span></li>
</ul>
<p>Mais ce ne sont là que des pétitions franco-françaises, nos cousins canadiens sont bien plus poétiques</p>
<p><a title="petition" href="http://www.mesopinions.com/Sauvegardons-le-libre-acces-au-millepertuis-au-Quebec-petition-petitions-074b17d3582512da2f71de3a83fb2fc1.html" target="_blank">Sauvegardons le libre accès au millepertuis au Québec</a></p>
<p>Allez vite jeter un coup d&#8217;œil au site<a title="http://www.mesopinions.com/" href="http://www.mesopinions.com/" target="_blank"> http://www.mesopinions.com/</a></p>
<p>Encore une idée que nous aurions pu avoir <img src='http://www.notrefumier.fr/wp-includes/images/smilies/icon_sad.gif' alt=':-(' class='wp-smiley' /> </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.notrefumier.fr/un-site-dedie-aux-petitions/921/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le monde des systèmes et des supersystèmes cognitifs. Conflits et coopérations. Vers le post-humain.</title>
		<link>http://www.notrefumier.fr/le-monde-des-systemes-et-des-supersystemes-cognitifs-conflits-et-cooperations-vers-le-post-humain/256</link>
		<comments>http://www.notrefumier.fr/le-monde-des-systemes-et-des-supersystemes-cognitifs-conflits-et-cooperations-vers-le-post-humain/256#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 21 May 2008 15:34:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cento</dc:creator>
				<category><![CDATA[science]]></category>
		<category><![CDATA[américain]]></category>
		<category><![CDATA[arte]]></category>
		<category><![CDATA[bactérie]]></category>
		<category><![CDATA[cerveau]]></category>
		<category><![CDATA[chine]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
		<category><![CDATA[comportement]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[cours]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Darwin]]></category>
		<category><![CDATA[défense]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[émergence]]></category>
		<category><![CDATA[Encore]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[environement]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
		<category><![CDATA[état]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[génétique]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[hyperscience]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[loi]]></category>
		<category><![CDATA[lumière]]></category>
		<category><![CDATA[mathématiques]]></category>
		<category><![CDATA[mère]]></category>
		<category><![CDATA[méthode]]></category>
		<category><![CDATA[modes de vie]]></category>
		<category><![CDATA[morale]]></category>
		<category><![CDATA[nombre]]></category>
		<category><![CDATA[nue]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[planète]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<category><![CDATA[robot]]></category>
		<category><![CDATA[singularité]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>
		<category><![CDATA[total]]></category>
		<category><![CDATA[tour]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.notrefumier.fr/?p=256</guid>
		<description><![CDATA[Encore un super article passionnant avec pleins de concepts indispensables à une vision lucide du monde. La totalité en deuxième partie. Le modèle de soi qui donne à un système cognitif toute sa puissance compétitive est différent. Il est doté &#8230; <a href="http://www.notrefumier.fr/le-monde-des-systemes-et-des-supersystemes-cognitifs-conflits-et-cooperations-vers-le-post-humain/256">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Encore un super article passionnant avec pleins de concepts indispensables à une vision lucide du monde. La totalité en deuxième partie.</p>
<blockquote><p><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana;">Le modèle de soi qui donne à un système cognitif toute sa puissance compétitive est différent. Il est doté d’une propriété qui lui ouvre au moins virtuellement des possibilités innombrables, celle de pouvoir contribuer à la formulation d’hypothèses s’affranchissant des expériences précédemment vécues par le système. C’est précisément en cela que réside la capacité du système cognitif, non pas de s’affranchir des déterminismes, mais de faire des hypothèses ne tenant pas compte des déterminismes déjà expérimentés et mémorisés.</span></p>
<p><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana;">Le fait que le modèle du soi propre au système cognitif échappe aux déterminismes linéaires et puisse formuler des hypothèses sur un mode presque aléatoire permet au cerveau d’abord, au corps tout entier du système cognitif ensuite, de se comporter dans le monde réel en machines à inventer. Le bénéfice en terme de compétitivité de l’émergence d’une telle propriété a été immédiat. Le cerveau du système cognitif, enrichi par le modèle (imaginaire ou halluciné) d’un soi pouvant librement imaginer de modifier le monde afin de le transformer a priori, est devenu un compétiteur redoutable à l‘égard des systèmes non cognitifs qui n’évoluent que beaucoup plus lentement et le plus souvent a posteriori seulement d’un évènement perturbateur. </span></p></blockquote>
<p>Ces deux petits extraits m&#8217;ont poussés à la réflexion suivante : l&#8217;avantage de l&#8217;espèce humaine sur toutes les autres formes de vies connues est sa double capacité à transmettre un savoir sous forme de traditions et de remettre en question à chaque génération ces mêmes traditions. Ces deux facultés qui s&#8217;opposent et se complètent, la nouveauté devenant la tradition de la génération suivante, assurent une adaptation permanente des humains à leur milieu, même s&#8217;ils sont la cause des boulversements de leur environement.</p>
<blockquote><p><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana;">Les systèmes cognitifs assemblés en SSC (super systèmes cognitifs) ont très vite, nous l’avons indiqué précédemment, exporté sur des réseaux de supports physiques externes à eux un certain nombre de représentations du monde, construites initialement dans les cerveaux des systèmes cognitifs individuels et s’étant révélées efficaces pour contribuer à la survie de ces systèmes. C’est ce mécanisme qui a donné naissance aux mémoires sociales les plus variées, depuis les mythes jusqu’aux programmes éducatifs enseignés dans les écoles. Si les contenus de ces mémoires ont été conservés et améliorés, ce n’était pas par ce qu’ils étaient vrais dans l’absolu (notion qui n’a pas de sens dans l’approche retenue ici) mais parce qu’ils étaient les plus propres à faciliter la survie des groupes et des individus qui s’y référaient. C’est ainsi que les mythes fondateurs, croyances religieuses et superstitions diverses sont apparus et ont continué à se développer du fait des références utiles à la survie qu’ils apportent aux systèmes cognitifs individuels et aux SSC. Ceci en dépit du fait que ces mythes, au regard des critères de la scientificité que nous allons présenter ci-dessous, ressemblent à des &laquo;&nbsp;mensonges &nbsp;&raquo; ou tout au moins des illusions. </span></p></blockquote>
<p>J&#8217;aime beaucoup cette explication de l&#8217;utilité des illusions! Cela parrait effectivement tellement logique!</p>
<blockquote><p><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana;">Les contenus des mémoires scientifiques ne sont pas plus « vrais » au sens ontologique que ceux des mémoires mythologiques. Ils sont seulement plus efficaces puisqu’ils représentent la globalisation réutilisable par tous d’un nombre considérable d’expériences « réussies ». Autrement dit, ils contribuent à construire un monde que l’on pourrait dire scientifique ou rationnel qui se superpose au monde naturel et qui le modifie en permanence dans la mesure où la machine à inventer des SSC continue à fonctionner sur le mode de la production de contenus scientifiques. </span></p></blockquote>
<p>J&#8217;ai envie de me revendiquer comme un représentationiste! Il n&#8217;existe pas de réel en soi. Seulement des représentations créées à partir de nos perceptions. On invente un modèle du monde qui nous sert d&#8217;environement d&#8217;interaction. Et l&#8217;on revoit ce modèle à chaque fois que nécessaire pour qu&#8217;il colle à à nos sensations. Ce processus nous permet de nous optimiser et améliorer nos chances de survie.</p>
<blockquote><p><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana;">Les systèmes cognitifs sont en compétition les uns avec les autres. En simplifiant on dira qu’une première lutte pour la survie oppose les SSC scientifiques aux SSC privilégiant des représentations mythologiques. Vu l’efficacité des représentations scientifiques, on pourrait penser que les premiers l’emporteront inévitablement sur les seconds. Mais les connaissances scientifiques, bien qu’étendues, ne peuvent suffire à répondre à toutes les questions que les cerveaux des systèmes cognitifs se posent sur le monde. Donc, au sein même des SSC scientifiques persistent avec succès des représentations mythologiques dont s’inspirent beaucoup d’individus. Elles sont transmises tout naturellement par les langages, qui sont les vecteurs, non seulement des contenus de communication scientifique, mais de la prolifération d’entités informationnelles réplicantes n’ayant rien de particulièrement rationnel et que l’on désigne par le terme de mèmes. </span></p></blockquote>
<p>Mais il y a un défaut à ce processus d&#8217;optimisation. Notre besoin d&#8217;avoir un modèle qui répond à toutes les questions nous pousse à croire à n&#8217;importe quoi plutot que d&#8217;admettre notre ignorance. C&#8217;est tellement simple et évident comme explication du fait religieux! Renforcé par notre mimétisme sociale, la modélisation a ses défauts qui vont à l&#8217;encontre de l&#8217;efficacité.</p>
<blockquote><p><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana;">Par ailleurs et surtout, les corps et cerveaux des individus ou systèmes cognitifs individuels qui se regroupent au sein des SSC scientifiques ne sont pas entièrement dédiés à la construction de représentations scientifiques du monde. Quand il s’agit de corps biologiques (et non de corps artificiels), leurs héritages génétiques provenant de millions d’années d’évolution les laissent sensibles à des motivations qui peuvent venir en contradiction avec la rationalité scientifique (par exemple la défense exacerbée du territoire et la haine de l’autre considéré comme un rival). Au sein même de ceux des SSC que l’on pourrait globalement considérer comme des sociétés scientifiques ou technoscientifiques, les contenus de mémoire mythologiques réactivés en permanence par des héritages génétiques ou épigénétiques persistants depuis le fond des âges peuvent être bien plus nombreux que les contenus de mémoire provenant de la construction scientifiques. Les SSC à ciment principalement traditionaliste ou mythologique, dont certains sont aussi en partie des SSC scientifiques, sont finalement aussi puissants, en termes d’affrontement physique, que les SSC à ciment principalement scientifique. L’issue des conflits darwiniens pour la survie qui les oppose n’est donc pas prévisible.</span></p></blockquote>
<p>C&#8217;est tellement vrai! Quand on voit de grands scientifiques de renom qui font appel au spiritualisme, à dieu ou même l&#8217;âme pour expliquer ce qu&#8217;ils échouent à comprendre, on voit bien à l&#8217;oeuvre ce mécanisme de modélisation.</p>
<p><span style="font-size: x-small; color: #006699; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><strong><span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: small; color: #000099;"><strong><span style="font-size: x-small; color: #339999;"><span id="more-256"></span>Le monde des systèmes et des supersystèmes cognitifs. Conflits et coopérations. Vers le post-humain </span><br />
</strong></span></span></strong></span><span style="font-size: x-small; color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">par Jean-Paul Baquiast 20/03/2008</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><em><span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: x-small; color: #000099; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">NB. Ce texte ne vise pas à la scientificité au sens habituel. Il s&#8217;agit plutôt d&#8217;un apologue scientifique visant à concrétiser une vision du monde et de la science à laquelle, d&#8217;une façon bêtement métaphysique (et darwiniste) &laquo;&nbsp;croît&nbsp;&raquo; l&#8217;auteur. </span></span></em></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Appelons système cognitif (de l’américain <em>Cognitive system</em>) toute organisation biologique ou artificielle dotée d’un corps et d’un cerveau et capable de construire au niveau de son cerveau des modèles du monde incluant une image de lui-même (ou de soi). Le terme de système cognitif est préférable à celui de système conscient car ce dernier fait allusion à la conscience, propriété élusive pour laquelle aucune définition opérationnelle ne peut être retenue. Le terme cognitif, au contraire, implique que le système a la connaissance de quelque chose dont l’importance est telle qu’elle permette de le différencier de tous les autres systèmes. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; color: #339999; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><strong>Le système cognitif</strong></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Est-ce le modèle du monde qui est ce &laquo;&nbsp;quelque chose&nbsp;&raquo; dont le système cognitif a connaissance? Pas seulement. Rappelons que tout système biologique ou artificiel doté d’un corps et d’un cerveau, en interagissant par ses organes d’entrée-sortie avec son environnement, identifie dans celui-ci, sur le mode essais et erreurs, des constantes qui pour lui représentent le monde. Ces constantes sont mémorisées dans la mémoire du système et constituent le modèle du monde auquel il se réfère lors de ses actions ultérieures. Ce modèle déclenche des actions en réponse quasi automatiques (stimulus-réponse), quand le système se retrouve confronté à des situations analogues à celles ayant fait l’objet d’une observation ou expérience dont les résultats ont été mis en mémoire.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Ce qui fait l’originalité du système cognitif est le fait que le modèle du monde dont il dispose est « habité », si l’on peut dire, par une représentation du système cognitif lui-même, que nous appellerons image de soi. La comparaison parfois faite avec un jeu vidéo est utile. Un système non cognitif, nous venons de le voir, dispose d’un modèle du monde présent en permanence dans sa mémoire. Il l’a construit progressivement par apprentissage en interagissant avec le monde extérieur. C’est l’équivalent du décor visible sur l’écran du jeu vidéo. Mais ce décor est vide. Un système cognitif, au contraire, dispose d’un personnage, ou <strong>avatar</strong> de lui-même, qui le représente en train d’interagir avec le monde. C’est le modèle de soi. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">A quoi sert ce personnage ou modèle de soi ? Nous avons vu précédemment que le propre du cerveau associatif, dans les systèmes non cognitifs comme dans les systèmes cognitifs, est de construire des représentations du monde en élaborant, à partir des expériences précédentes conservées en mémoire, des hypothèses que le reste du corps se charge de mettre à l’épreuve. Ces hypothèses portent toujours sur l’effet positif ou négatif que tel élément du monde perçu par les sens pourra avoir sur la vie ou la survie du système tout entier. Prenons l’exemple d’un système non cognitif tel qu’un cheval non monté se déplaçant au galop sur un terrain varié comportant des haies. Le modèle du monde mémorisé dans le cerveau de ce cheval comporte, consécutivement à des expériences précédentes, deux catégories de haies, celles qui sont franchissables d’un bond et celles qui ne le sont pas. Lorsque le cheval se trouve en présence d’une nouvelle haie, son cerveau construit un modèle de cette haie à partir des informations visuelles qu’il en reçoit. Il compare ce modèle à ceux des haies déjà présentes en mémoire et procède à une hypothèse concernant la possibilité de la franchir ou non d’un bond. Le cerveau commande ensuite au corps de vérifier l’hypothèse qu’il vient de formuler : sauter ou se dérober. Le résultat de l’expérience, qu’il confirme ou infirme l’hypothèse, est enregistré. Il enrichit ainsi le modèle du monde dont dispose notre cheval</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Nous avons dit que tous les systèmes, qu’ils soient ou non cognitifs, procèdent de même. Les systèmes non cognitifs le font systématiquement et les systèmes cognitifs par défaut, quand ils fonctionnent en mode non cognitif, ce qui est le plus fréquent. Mais quand le système cognitif bascule en mode cognitif, que se passe-t-il ? Revenons sur l’exemple du cheval au galop, considéré comme représentatif d’un système non cognitif (ce qui était peut être un peu désobligeant pour cet animal, dont les capacités cognitives en remontrerait à beaucoup de cavaliers <em>lambda</em>). Dans le scénario retenu, son cerveau n’anticipe pas sur les évènements du monde extérieur. Il se borne à attendre que ceux-ci soient perçus par les sens et plus généralement, vécus par le corps. Ce sont ces perceptions qui déclenchent l’activité de formulation d’hypothèses caractéristiques du cerveau. Nous pourrions pour illustrer ceci nous placer dans la situation d’un apprenti pilote en cours de formation sur un simulateur de vol. Le simulateur, dans sa fonction la plus simple, se limite à faire défiler sur l’écran des scènes face auxquelles le pilote devra réagir, sans pouvoir anticiper sur le déroulement des évènements. Dans une approche de piste simulée, le simulateur se bornera à provoquer des turbulences auxquelles le pilote devra réagir pour corriger son assiette. Le pilote en ce cas ne se comporte pas véritablement comme un système cognitif. Les performances accomplies par son cerveau ne dépassent pas celles du cerveau du cheval précité. </span></p>
<p align="center"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><img src="http://by130w.bay130.mail.live.com/mail/SafeRedirect.aspx?hm__tg=http://65.55.135.121/att/GetAttachment.aspx&amp;hm__qs=file%3d1a60d406-5167-4744-8038-70f2d5be0135.gif%26ct%3daW1hZ2UvZ2lm%26name%3daW1hZ2U3LmdpZg_3d_3d%26inline%3d1%26rfc%3d0%26empty%3dFalse%26imgsrc%3dcid%253aimH&amp;oneredir=1&amp;ip=10.1.106.99&amp;d=d2321&amp;mf=0" alt="simulateur de vol" width="350" height="266" /></span></p>
<p align="center"><span style="font-size: xx-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><a href="http://rafale-f2.france-simulation.com/" target="_blank">Mirage 2000-5 survolant le porte-avions Charles de Gaulle.<br />
Source: http://rafale-f2.france-simulation.com/</a></span>
</p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">La situation est toute autre quand le simulateur fait intervenir un avatar ou image de l’avion auquel le pilote peut donner des ordres. Il peut alors commander à son avatar d’accomplir telles actions au sein du décor, lesquelles provoquent des évènements en réaction qui ne se seraient pas produits en l’absence d’avatar. Dans un exercice d’appontage sur porte-avion, le pilote peut alors décider de se mettre en approche ou au contraire de reprendre de l’altitude. Nous sommes toujours dans la simulation, c’est-à-dire dans le virtuel. Mais les simulations ainsi réalisées peuvent être beaucoup plus variées que si elles se déroulaient séquentiellement. Elles peuvent aider le pilote à maîtriser le moment venu des situations en vraie grandeur qu’il aurait lui-même provoquées pour optimiser le déroulement de son vol. Evidemment, sur un simulateur de vol, c’est le cerveau du pilote qui joue le rôle de modèle du soi en se projetant dans l’avatar. Quelle est la nature du modèle du soi qui intervient dans les systèmes cognitifs ? </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Tout système comportant un corps et un cerveau, qu’il soit ou non cognitif, acquiert un modèle de soi qui fait partie du modèle du monde construit par son cerveau. Mais le modèle de soi du système non cognitif n’est pas proactif. Autrement dit, il ne contribue pas, par des initiatives spécifiques, à la fabrication des hypothèses qui constituent l’activité principale du cerveau. Il fait partie, si l’on peut dire, du décor général dont le cerveau tient compte pour élaborer ses hypothèses. Le modèle du soi du système non cognitif est un modèle du corps, avec ses capacités mémorisées depuis les origines de la vie du système. Il a été construit par le cerveau du système non cognitif de la même façon que son modèle du monde, par apprentissage à partir des informations endogènes (provenant du corps). Un système faiblement cognitif, ou non cognitif, tel un insecte, « connaît » toujours exactement l’état de ses membres dans l’espace. Ces informations endogènes permettent à son cerveau de construire ce que l’on nomme parfois la conscience primaire de soi. Mais les informations correspondant à la construction de cette conscience primaire ne sont pas utilisées dans les hypothèses sur le monde auxquelles procède le cerveau en dehors des situations précises auxquelles le corps sera appelé à s’adapter. Le cerveau d’un système non cognitif, quand il perçoit l’existence d’une haie dans le monde extérieur, simule le saut compte tenu de ce qu’il a mémorisé des capacités saltatoires des jambes. Mais il ne va pas simuler par anticipation la réaction du corps à des situations qui ne se sont pas encore produites, tel que le saut imaginaire d&#8217;une rivière imaginée. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Le modèle de soi qui donne à un système cognitif toute sa puissance compétitive est différent. Il est doté d’une propriété qui lui ouvre au moins virtuellement des possibilités innombrables, celle de pouvoir contribuer à la formulation d’hypothèses s’affranchissant des expériences précédemment vécues par le système. C’est précisément en cela que réside la capacité du système cognitif, non pas de s’affranchir des déterminismes, mais de faire des hypothèses ne tenant pas compte des déterminismes déjà expérimentés et mémorisés. On connaît l’histoire (romancée) de la découverte des premiers outils par des hominiens en train de devenir des systèmes cognitifs à la différence de leurs cousins primates qui ne suivaient pas cette voie. Plutôt que rejeter les noix dont ils ne pouvaient casser l’enveloppe, ils ont entrepris de les casser avec des percuteurs de pierre. Ces hypothèses, mises en expérimentation par le corps du système cognitif, pouvaient échouer : l’hominien s’écrase un doigt et renonce, mais elles pouvaient aussi réussir. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Quand de telles hypothèses réussissent, le système cognitif s’est ouvert une marge d’action dans le monde extérieur qu’il n’aurait jamais découverte s’il était resté enfermé dans la chronologie des évènements s’imposant à lui. Si je m’imagine que je ne suis pas condamné à répéter indéfiniment les comportements anciens, avec leurs déterminismes bien définis, autrement dit si me suppose capable d’inventer un comportement nouveau tel qu’utiliser une pierre pour casser une noix, même si je n’ai jamais vu faire ce geste, il viendra bien un jour où je casserai effectivement une noix, augmentant ainsi mes chances de vie. Mais par quel terme traduire le fait de se supposer capable d’inventer un comportement nouveau échappant aux déterminismes anciens ? Dans la philosophie courante, on dira que c’est faire preuve de liberté. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Nous n’allons pas ici reprendre ce terme de liberté dont les implications métaphysiques empêchent de rechercher comment, dans l’évolution des systèmes cognitifs, des propriétés nouvelles favorisant l’invention créatrice ont pu être acquises par essais et erreurs au sein de systèmes en compétition pour la survie. Comment le cerveau du premier système cognitif aura-t-il généré l’image d’un soi capable de s’affranchir de certains déterminismes et d’expérimenter librement, hypothèse contraire à toutes les expériences faites jusqu’alors ? On retrouve là une question bien connue, celle de l’origine de la « conscience de soi » dans le règne animal ? Une explication relativement simple consisterait à dire que l’image d’un soi libre d’inventer pourrait n’être que la traduction, au niveau du cerveau associatif, d’un comportement très répandu y compris dans des espèces animales non réputées pour leurs aptitudes à la conscience de soi, qui est le jeu, l’exploration relativement « hors normes » du monde, auxquels se livrent les jeunes de nombreuses espèces, voire les cerveaux non matures d’espèces capables de conscience. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Mais l’hypothèse la plus vraisemblable fait appel à la vie de groupe. Un individu n’est jamais seul. Il est toujours membre d’un groupe plus ou moins important. C’est au sein de ce groupe qu’il se forme – en commençant par observer les comportements de sa mère. On considère généralement que ce sont des mutations apparues dans le cortex associatif de certains primates, sous forme de neurones miroirs (ou hypothèse analogue) qui ont permis, dans chacun des cerveaux individuels, d’associer et de construire par interaction l’image de l’autre et l’image de soi. Lorsque je vois quelqu’un d’autre que je considère semblable à moi cueillir un fruit pour le manger, je suis porté par empathie à faire de même. Ce faisant, je me crois libre de le faire puisque j’imite l’autre que je crois lui aussi libre de cueillir ou ne pas cueillir le fruit. Il ne me vient pas à l’idée que le geste de l’autre est entièrement déterminé. Par conséquent je ne me considère pas non plus comme déterminé lorsque je l’imite. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">On voit que le cerveau du système cognitif a placé dans le modèle du monde qu’il s’est construit un modèle du soi ou avatar capable de prendre des initiatives échappant aux déterminismes inscrits dans le modèle du monde. Ces initiatives ne sont jamais totalement indéterminées, ce qui n’aurait pas de sens. Mais elles obéissent à des causes tout à fait extérieures au système, comme l’imitation de comportements ou phénomènes étrangers. Dès que dans le cerveau du système, le modèle du soi a pris (virtuellement) une initiative jamais prise jusqu’alors, le cerveau commande au corps d’expérimenter cette initiative dans le monde réel. Elle aboutira ou n’aboutira pas, mais dans les deux cas, le modèle du monde et le modèle du soi géré par le cerveau du système cognitif se seront enrichis. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Le fait que le modèle du soi propre au système cognitif échappe aux déterminismes linéaires et puisse formuler des hypothèses sur un mode presque aléatoire permet au cerveau d’abord, au corps tout entier du système cognitif ensuite, de se comporter dans le monde réel en machines à inventer. Le bénéfice en terme de compétitivité de l’émergence d’une telle propriété a été immédiat. Le cerveau du système cognitif, enrichi par le modèle (imaginaire ou halluciné) d’un soi pouvant librement imaginer de modifier le monde afin de le transformer a priori, est devenu un compétiteur redoutable à l‘égard des systèmes non cognitifs qui n’évoluent que beaucoup plus lentement et le plus souvent a posteriori seulement d’un évènement perturbateur. Les systèmes non cognitifs modifient certes le monde, mais sans faire appel au cerveau. Ils le font par divers mécanismes de mutation aléatoires liés à leur corps, dont certains réussissent et d’autres pas. Mais ils n’imaginent pas de pouvoir modifier le monde. Aucun circuit ne peut au sein de leur cerveau élaborer de telles intentions. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">On n’oubliera pas cependant un point essentiel. Le modèle du soi généré par un système cognitif n’invente pas simplement au hasard, ce qui n’aurait pas de sens, comme nous venons de le rappeler. Il invente essentiellement à partir des informations et exemples visuels apportés par les autres individus du groupe. Mais il invente aussi (et peut-être surtout) à partir du modèle de soi acquis par le système dès sa naissance, informations endogènes venant des capteurs intérieurs qui renseignent sur les capacités du corps, informations mémorisées et disponibles en mémoire résultant des expériences précédemment vécues par le système. Ainsi, s’il me vient à l’idée d’imiter les oiseaux que je vois voler, je ne chercherai pas à procéder comme eux car mon système cognitif sait très bien que je n’ai pas d’ailes. Peut-être imaginerai-je de voler comme un oiseau, mais cette rêverie n’aura pas de suite pratique. Au contraire j’essaierai de mobiliser les ressources dont je dispose, individuellement ou dans le cadre du groupe, pour inventer des substituts au vol de l’oiseau. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; color: #339999; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><strong>Systèmes cognitifs et supersystèmes cognitifs</strong></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">On considère généralement que l’individu humain adulte constitue une version particulièrement accomplie de système cognitif. Mais il en existe un certain nombre de versions moins élaborées dans le règne animal et, de plus en plus, sous forme artificielle, dans un nombre croissant d’entreprises travaillant pour la défense, essentiellement aux Etats-Unis. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Ceci dit, comme nous venons de le rappeler, ces systèmes, que nous pourrions nommer des systèmes individualisés, ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt. Ils n’auraient jamais pu apparaître et moins encore se développer sans les interactions permanentes qu’ils entretiennent entre eux au sein des groupes qui les réunissent. Nous pourrions considérer que lesdits groupes constituent en fait les véritables systèmes cognitifs, les seuls capables en tous cas d’agir sur le monde et d’y construire des environnements nouveaux. Nous appellerons donc ces groupes des supersystèmes cognitifs (SSC). Ce terme n’a rien d’original pour nous puisque dans la suite des propositions d&#8217; Howard Bloom, nous avons depuis longtemps pris l’habitude d’identifier comme moteurs de l’évolution globale du monde un certain nombre se superorganismes dotés, comme des organismes individuels, bien qu&#8217;à une autre échelle, de corps et de cerveaux.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Mais ces superorganismes sont-ils tous des systèmes cognitifs, autrement dits des supersystèmes cognitifs? Non, puisque dans la plupart des cas, leur cerveau ou ce qui en tient lieu n’est pas capable de construire des modèles globaux du monde et moins encore d’y introduire des modèles du soi présentant le moindre caractère de proactivité. Nous devrons donc les nommer des supersystèmes non cognitifs (SSNC). On trouve de tels SSNC à tous les niveaux d’organisation. C’est le cas d’une termitière, c’est le cas d’une espèce animale répartie sur tous les continents, comme les bactéries et certaines espèces d’oiseaux. C’est enfin le cas, au niveau de complexité le plus élevé, de la Terre toute entière. Certains scientifiques avaient imaginé qu’existait un supersystème non cognitif global (baptisé <strong>Gaïa)</strong> doté de facultés d’autoréparation suffisantes pour lui permettre de résister à des agressions naturelles (par exemple chute de petit astéroïde, variations climatiques spontanées) et continuer à se développer de façon globalement régulée. Mais il apparaît aujourd’hui que faute précisément de disposer de capacités cognitives, les SSNC naturels, qu’ils soient petits, grands ou global (Gaïa), ne semblent pas capables de résister spontanément aux modifications agressives que leur imposent les SSC. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Les SSNC, bien qu’infiniment plus présents dans le monde que les SSC, ne génèrent pas en effet dans leur cerveau (quand ils en ont) d’images d’eux-mêmes ni d’ailleurs d’images du monde. Ils ne génèrent donc pas d’hypothèses sur le monde et sur leur soi. Leur cerveau ou ce qui en tint lieu leur sert seulement à la coordination locomotrice sur le mode stimulus-réponse/retard, en réaction aux évènements que l’évolution du monde leur impose. Ils peuvent apprendre à s’adapter aux changements du monde (principalement sur le mode des mutations génétiques réussies), mais sans pouvoir anticiper ces changements. Ils ne peuvent d’ailleurs pas s’adapter aux changements trop rapides ou trop importants. On dira, pour reprendre le terme précédemment utilisé, qu’ils ne sont pas proactifs. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Revenons aux SSC. Les premiers d’entre eux sont apparus dans le monde animal. Ils ont pris une grande extension au sein de l’espèce humaine. On considère généralement que les SSC biologiques se sont développés à partir des individus (individus humains dans le cas de l’espèce humaine). C’est une évidence dans la mesure où seuls les individus sont dotés de cerveaux. Mais les cerveaux eux-mêmes sont des constructions acquises génétiquement en conséquence des interactions entre individus au sein des groupes. Plus généralement, comme nous l’avons rappelé plus haut, ce sont les groupes ou sociétés qui ont permis, par l’imitation puis le langage, la mise en place au niveau du cerveau des individus des images du monde et de soi qui caractérisent les systèmes cognitifs. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Les SSC sont évidemment très nombreux et divers. Ils regroupent des individus associés par des modes de vie communs et un tissu plus ou moins dense et permanent de symboles langagiers externalisés, matérialisés et mémorisés au sein de réseaux physiques. Ces réseaux constituent, avec les individus qui y sont connectés, les supercerveaux des SNC. Ces supercerveaux, de même que les cerveaux individuels, hébergent des modèles du monde et des modèles de soi représentant le supersystème cognitif. Pour simplifier, on dira qu’ils assurent les mêmes fonctions que les cerveaux biologiques individuels, malgré leurs profondes différences anatomiques. Les SSC, dans l’espèce humaine ou dans les autres domaines où ils apparaissent (notamment dans le monde de la vie artificielle, sur lequel nous reviendrons ultérieurement) sont, du fait de leur nombre, de leurs différences et donc de leurs exigences de survie pouvant éventuellement s’opposer, en conflit darwinien permanent. Il n’y a là rien de surprenant ni même d’inquiétant. Le moteur de leur évolution, pour eux comme pour tous les systèmes biologique, est la compétition darwinienne pour l’accès aux ressources et le « contrôle du monde ». Cette compétition n’exclut pas, comme on le sait, la coopération et les symbioses. Sans cette compétition, ils ne pourraient pas devenir de plus en plus cognitifs.</span></p>
<p>Nous avons vu qu’à la naissance d’un premier modèle du soi a été l’imitation en miroir par le proto- système cognitif de l’activité d’un système non cognitif extérieur intériorisé comme un soi. Le fonctionnement de la machine à inventer caractérisant les systèmes cognitifs a toujours été alimenté depuis lors par les échanges, de compétition ou de collaboration, avec les autres systèmes cognitifs. Laissé à lui-même, le recyclage interne sans apport de l’extérieur finirait vite en effet par enlever toute dynamique aux capacités d’invention du système cognitif. Le relais du groupe est nécessaire. L’accroissement de taille des SSC par recrutement constant de nouveaux membres individuels, qui semble être un de leurs traits significatifs, s’explique pour cette raison d’efficacité. Plus on est nombreux, plus on innove. On le vérifie aujourd’hui dans le domaine des systèmes cognitifs non biologiques ou artificiels, qui apprennent d’autant mieux à modifier le monde qu’ils sont groupés en essaims.</p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Les systèmes cognitifs assemblés en SSC ont très vite, nous l’avons indiqué précédemment, exporté sur des réseaux de supports physiques externes à eux un certain nombre de représentations du monde, construites initialement dans les cerveaux des systèmes cognitifs individuels et s’étant révélées efficaces pour contribuer à la survie de ces systèmes. C’est ce mécanisme qui a donné naissance aux mémoires sociales les plus variées, depuis les mythes jusqu’aux programmes éducatifs enseignés dans les écoles. Si les contenus de ces mémoires ont été conservés et améliorés, ce n’était pas par ce qu’ils étaient vrais dans l’absolu (notion qui n’a pas de sens dans l’approche retenue ici) mais parce qu’ils étaient les plus propres à faciliter la survie des groupes et des individus qui s’y référaient. C’est ainsi que les mythes fondateurs, croyances religieuses et superstitions diverses sont apparus et ont continué à se développer du fait des références utiles à la survie qu’ils apportent aux systèmes cognitifs individuels et aux SSC. Ceci en dépit du fait que ces mythes, au regard des critères de la scientificité que nous allons présenter ci-dessous, ressemblent à des &laquo;&nbsp;mensonges &nbsp;&raquo; ou tout au moins des illusions. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Une révolution est cependant apparue dans la production de ces mémoires collectives, révolution due elle aussi au hasard et conservée par la sélection naturelle du fait de l’efficacité de sa contribution à la survie des SSC. Il s’agit de la révolution apportée par la méthode scientifique. Un certain nombre de SSC, aux alentour de la période dite des Lumières, voire auparavant, dès le XIVe siècle européen, ont expérimenté (là encore par suite d’un hasard heureux) l’intérêt pour la survie de la pratique consistant à mutualiser toutes les représentations du monde présentant à la fois le caractère d’être efficaces en terme d’action sur le monde et celui d’être cumulables avec d’autres analogues. Une représentation du monde provenant d’un mythe est rarement efficace. Elle est encore moins cumulable avec d’autres car la variété des mythes, religions et autres créations de l’imaginaire est sans limite. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Les représentations dites par la suite scientifiques accumulées dans les mémoires scientifiques ont été générées par le travail d’un très grand nombre de cerveaux ayant appris par essais et erreurs l’efficacité :<br />
1. des méthodes de formulation d’hypothèses dites déduction, induction et abduction ;<br />
2. des méthodes de vérification d’hypothèses dites de la pratique expérimentale mutualisée ;<br />
3. des instruments d’observation et d’expérimentation physiques prolongeant les appareils sensorimoteurs des « corps » des systèmes cognitifs ;<br />
4. des outils logiques (mathématiques) et épistémologiques permettant de formaliser, rendre compatibles et critiquer les connaissances ;<br />
5. de la mutualisation des connaissances assurée sur un mode universel à travers les années et les continents, même lorsque les systèmes cognitifs contribuant à l’oeuvre commune sont en compétition sinon en guerre les uns avec les autres.</span></p>
<p>Les réseaux numériques modernes constituent aujourd’hui un des meilleurs terrains, comme nous le verrons ci-dessous, de la mutualisation des représentations scientifiques et donc du développement des SSC scientifiques.
</p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Les contenus des mémoires scientifiques ne sont pas plus « vrais » au sens ontologique que ceux des mémoires mythologiques. Ils sont seulement plus efficaces puisqu’ils représentent la globalisation réutilisable par tous d’un nombre considérable d’expériences « réussies ». Autrement dit, ils contribuent à construire un monde que l’on pourrait dire scientifique ou rationnel qui se superpose au monde naturel et qui le modifie en permanence dans la mesure où la machine à inventer des SSC continue à fonctionner sur le mode de la production de contenus scientifiques. Les formes de vie, d’intelligence et de conscience artificielle constituent les aspects les plus récents de cette production d’un « nouveau monde » ». Mais comme on le verra, elles sont sur la voie de pouvoir elles-mêmes se transformer en systèmes cognitifs autonomes, éventuellement sans coopération avec les systèmes cognitifs humains, ce que ne peuvent pas faire des SSC tels que « le monde de l’automobile » ou « le monde des énergies fossiles ». Des problèmes ou même des conflits de coexistence pourront en surgir. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; color: #339999; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><strong>Les conflits entre supersystèmes cognitifs</strong></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Les systèmes cognitifs sont en compétition les uns avec les autres. En simplifiant on dira qu’une première lutte pour la survie oppose les SSC scientifiques aux SSC privilégiant des représentations mythologiques. Vu l’efficacité des représentations scientifiques, on pourrait penser que les premiers l’emporteront inévitablement sur les seconds. Mais les connaissances scientifiques, bien qu’étendues, ne peuvent suffire à répondre à toutes les questions que les cerveaux des systèmes cognitifs se posent sur le monde. Donc, au sein même des SSC scientifiques persistent avec succès des représentations mythologiques dont s’inspirent beaucoup d’individus. Elles sont transmises tout naturellement par les langages, qui sont les vecteurs, non seulement des contenus de communication scientifique, mais de la prolifération d’entités informationnelles réplicantes n’ayant rien de particulièrement rationnel et que l’on désigne par le terme de mèmes. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Par ailleurs et surtout, les corps et cerveaux des individus ou systèmes cognitifs individuels qui se regroupent au sein des SSC scientifiques ne sont pas entièrement dédiés à la construction de représentations scientifiques du monde. Quand il s’agit de corps biologiques (et non de corps artificiels), leurs héritages génétiques provenant de millions d’années d’évolution les laissent sensibles à des motivations qui peuvent venir en contradiction avec la rationalité scientifique (par exemple la défense exacerbée du territoire et la haine de l’autre considéré comme un rival). Au sein même de ceux des SSC que l’on pourrait globalement considérer comme des sociétés scientifiques ou technoscientifiques, les contenus de mémoire mythologiques réactivés en permanence par des héritages génétiques ou épigénétiques persistants depuis le fond des âges peuvent être bien plus nombreux que les contenus de mémoire provenant de la construction scientifiques. Les SSC à ciment principalement traditionaliste ou mythologique, dont certains sont aussi en partie des SSC scientifiques, sont finalement aussi puissants, en termes d’affrontement physique, que les SSC à ciment principalement scientifique. L’issue des conflits darwiniens pour la survie qui les oppose n’est donc pas prévisible. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Une autre compétition, bien plus aiguë encore, est celle qui oppose les systèmes et supersystèmes cognitifs scientifiques entre eux. Le fait de se référer à des modèles scientifiques ou rationnels du monde ne leur garantit pas un comportement en permanence rationnel ou scientifique. S’appuyer sur des socles communs de connaissance ne les pousse pas nécessairement à coopérer pour accroître celles-ci. La compétition au niveau des représentations scientifiques va d&#8217;ailleurs de soi. Sans elle il n’y aurait pas de progrès des connaissances. Ces compétitions sont d’autant plus vives que, comme nous l’avons vu, les SSC scientifiques comportent aussi de nombreux héritages venant des SSC mythologiques et génétiques. Les SSC scientifiques s’affrontent donc pour tirer de leurs modèles scientifiques des applications, économiques et surtout militaires, propres à augmenter leur puissance. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Ces affrontements sont dangereusement à courte vue. Nous voulons dire par là que si les SSC scientifiques sont capables d’anticiper convenablement leur propre devenir, face aux adversaires qu’ils ont identifiés, ils sont incapables de mesurer les conséquences qu’auront leurs conflits sur le monde en général. Ils ne disposent pas en effet des informations suffisantes pour cela. Leur science n’a pas encore acquis la puissance nécessaire. Ceci tient notamment au fait qu’il n’existe pas, sauf de façon embryonnaire, de SSC universel, doté d’une vision globale du monde et d’un modèle de soi lui-même universel, qui puisse émettre des messages d’alerte. Dans ces conditions, on peut craindre que les compétitions entre SSC, même s’ils sont à dominante scientifiques, entraînent à brève échéance des conséquences catastrophiques, d’autant plus catastrophiques qu’elles mettront en œuvre des technologies d’inspiration scientifique. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">En effet, les compétitions entre SSC, qu’ils soient ou non scientifiques, ne se traduisent pas seulement par des conséquences susceptibles d’entraîner soit la complexification et l’enrichissement de certains d’entre eux, soit la disparition de certains autres. Elles retentissent aussi sur l’évolution des supersystèmes naturels non cognitifs (SSNC). Ceux-ci, nous l’avons rappelé, n’ayant pas la possibilité de représenter leur soi d’une façon coactive, sont livrés si l’on peut dire passivement aux initiatives, généralement agressives pour eux, des SSC. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Inutile ici de rappeler qu’une compétition de plus en plus vive a opposé les SSNC aux systèmes cognitifs, ceci dès l’apparition de ces derniers, que l’on peut faire remonter à quelques millions d’année avant le présent. La diversité, l’omniprésence, l’ancienneté de l’histoire évolutive des systèmes non cognitifs (dont l’histoire a commencé il y a environ 4 milliards d’années) leur a longtemps permis de résister avec succès au déploiement des systèmes cognitifs. Mais aujourd’hui, vu la puissance acquise par les SSC scientifiques dans les 50 dernières années, on peut s’inquiéter des conséquences de l’affrontement. On risque de voir s’établir une nouvelle ère d’extinctions massives analogues, mais dues à d’autres causes, à celles déjà subies par la vie terrestre. Le nombre et la variété des systèmes non cognitifs « naturels » risquent de diminuer considérablement, mettant en danger l’écosystème terrestre. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Les combats que se livrent entre eux les SSC pour la maîtrise du monde seront, comme nous venons de l’indiquer, des facteurs aggravants majeurs dans la marche à ce désastre. On voit par exemple comment, pour soutenir les conflits qui les opposent, des puissances géopolitiques détruisent systématiquement les ressources naturelles de la planète, compromettant la survie d’innombrables espèces et d’équilibres vitaux, notamment ceux liés à la pureté de l’air et de l’eau. Les avertissements des scientifiques comme ceux des populations ne servent à rien face à la volonté de conquête malheureusement aveugle qui anime les chefs des Etats ou ceux des grandes entreprises. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">De nombreux indicateurs scientifiques fiables, largement diffusés par les réseaux d’information, montrent que, depuis quelques décennies, l’action des humains, des technologies qu’ils développent et des superorganismes sociaux qui les déterminent, conduit à des désastres en chaîne. Ceux-ci pourraient provoquer l’effondrement des civilisations sous leur forme actuelle. Ces désastres sont dorénavant décrits et documentés: explosion démographique, épuisement des ressources, destruction de la biodiversité et des écosystèmes, conflits interhumains généralisés. Le dernier rapport de l’OCDE, publié en mars 2008, conduit aux mêmes conclusions, tout en rapprochant à 2030 au lieu de 2050 l’échéance du non retour.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">On pourrait qualifier cette marche au désastre de suicide collectif accepté. En effet, comme indiqué ci-dessus, les messages d’alertes sont très nombreux et convergent, mais les humains, à titre individuel ou au sein des superorganismes qui les réunissent, ne veulent pas ou plutôt ne peuvent pas en tenir compte. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Les superorganismes sociaux, armés des technologies de plus en plus efficaces qu’ils développent, sont devenus des machines très puissantes se disputant la maîtrise de l’anthropocène. Chacun d’eux, nous l’avons dit, vise, aussi intelligemment que possible, son intérêt propre, mais ce faisant aucun d’eux n’est capable de prendre en considération la survie de la biosphère mise en danger par leurs stratégies égoïstes. Emportés par la compétition darwinienne, aucun de ces organismes n’est capable, malgré les avertissements des scientifiques et des philosophes, de se réformer pour assurer un développement global bénéficiaire à l’ensemble. Tout se passe comme si la devise de chacun était « Plutôt mourir que se contraindre ».</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Ces superorganismes sont en général bien identifiés par la science politique et économique, de même que les processus et procédures grâce auxquels ils fonctionnent en interne et interagissent collectivement. Il s’agit des administrations publiques militaires et civiles (par exemple le <em>Military Industial Congressional Complex</em> aux Etats-Unis), des entreprises grandes ou petites, des groupements d’intérêt divers. On doit y ajouter les Eglises et organisations religieuses, les partis et les groupes de pression multiples. Ils présentent deux faces, une face ouverte et une face cachée. La face ouverte (<em>overt </em>en anglais) est révélée par leurs statuts, leurs politiques de communication et plus généralement leurs comportements visibles. Leur face cachée (<em>covert</em>) est de double nature. Elle découle de structures et comportements maintenus volontairement confidentiels, pour des raisons de compétition stratégique. Mais elle est aussi fonction de déterminismes sous-jacents échappant aux représentants de ces organismes et qui ne pourraient être analysés que par des recherches scientifiques dotées d’outils d’investigation dont elles ne disposent pas encore pleinement. Ainsi les déterminismes génétiques et culturels déjà évoqués plus haut, qui fondent l’attachement au territoire, le rejet de l’autre et les pulsions soit altruistes soit agressives. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Nous sommes là en présence de systèmes et supersystèmes cognitifs qui, bien que cognitifs, se comportent dans leur compétition comme des mécanismes physiques ou climatiques déterministes, sans modèle de soi suffisamment ouverts pour pouvoir tenir compte d’informations générales concernant l&#8217;état du monde. Ils ne disposent pas de suffisamment d’ouverture sur le monde pour construire des modèles de celui-ci et d’eux-mêmes capables de prendre en considération tous les critères. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Nous venons de rappeler à propos du mythe de Gaïa que, faute précisément de disposer de capacités cognitives, les systèmes non cognitifs naturels, qu’ils soient petits, grands ou à l’échelle de la planète (Gaïa), ne semblent pas capables de résister spontanément aux modifications agressives que leur imposent les systèmes cognitifs. Quant aux SSC scientifiques, ils n’ont pas encore atteint des tailles et des puissances leur permettant de prendre en compte les intérêts globaux que pourtant ils devraient défendre, au lieu de se combattre aux dépends de ces intérêts. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; color: #339999; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><strong>Apparition de supersystèmes cognitifs scientifiques ouverts</strong></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Qu’en est-il des individus composant les SSC ainsi en train de pratiquement se suicider ? Nous pouvons admettre en simplifiant beaucoup que les humains se répartissent en deux groupes. La majorité d’entre eux ne perçoit pas les dangers ou ne juge pas possible d’agir efficacement pour les prévenir. Beaucoup se consolent en pensant qu’une vie meilleure les attendra dans l’au-delà. Une petite minorité par contre essaye d’analyser les déterminismes auxquels ils sont soumis, afin de prendre les mesures les plus aptes à rendre l’avenir meilleur. Ils croient le faire volontairement ou librement. Mais ils sont en fait déterminés par des facteurs bénéfiques pour leur survie qui s’imposent à eux du fait de leurs statuts dans les groupes. Il s’agit notamment des contenus scientifiques et moraux tissant la représentation commune du monde générée par la coopération de leurs cerveaux au sein de ce que nous appellerons pour faire simple la démocratie citoyenne. On peut penser que le développement proliférant spontané des STIC, qui marque l’évolution du monde actuel vers une phase que certains ont appelé la Singularité pourrait favoriser leur regroupement et le renforcement de leurs pouvoirs politiques. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Face aux risques d’effondrement du supersystème non cognitif Gaïa, du fait des compétitions destructrices entre SSC incapables de prendre la mesure des conséquences globales néfastes de leurs agissements, ne verra-t-on pas naître spontanément des mécanismes correcteurs ? Il en est certainement un qui est en train de se mettre en place. La preuve en est que nous en parlons, ceci parce qu’il commence à prendre forme, par un mécanisme de mutation adaptative s’exerçant au niveau de certains SSC (dont font partie l’auteur de cet article comme sans doute la plupart de ses lecteurs). Il s’agit d’une véritable « émergence », celle de la mise en réseau d’un certain nombre de cerveaux et de corps appartenant à des systèmes cognitifs humains individuels ou associatifs profitant du développement spontané, proliférant, des STIC (sciences et technologies de l’information et de la communication). Aucune volonté supérieure n’a décidé de la création de ces réseaux. Il s’agit d’un phénomène évolutif spontané, analogue à la formation d’autres réseaux, tels que les réseaux bactériens, qui profitent eux-aussi, sinon des STIC, du moins des échanges physiques liés à la globalisation. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Ces réseaux de systèmes cognitifs commencent à constituer des SSC transversaux qui se superposent aux réseaux fermés des SSC verticaux. Les systèmes cognitifs individuels qui sont reliés par eux sont comparables aux neurones d’un cerveau global qui s’étendrait progressivement à travers le monde. Même s’ils ne perdent pas les liens verticaux avec le SSC auxquels ils appartiennent, ils acquièrent de nouveaux liens horizontaux entre eux, d’un supersystème vertical à un autre. Les STIC offrent évidemment un terrain favorable au développement de toutes sortes de SSC, qu’ils soient mythologiques ou scientifiques. Les STIC n’offrent donc pas l’assurance que des contenus scientifiques communs pourront se répandre à la surface de Gaïa, pour prendre en compte les intérêts de sa survie. En effet, elles facilitent aussi, comme on le sait, la prolifération de réseaux destructeurs de type terroriste agis par des représentations métaphysiques de monde. En dépit de cette ambivalence, le développement des STIC, accompagné de celui d’autres technologies émergentes, dites aussi nano, bio et cognotechnologies, constitue actuellement le seul facteur perceptible capable de contribuer à la mondialisation d’un SSC fédérateur dont Gaïa serait le corps. Ce facteur serait encore plus efficace si parallèlement les systèmes cognitifs humains changeaient progressivement de nature, adoptant un statut que nous qualifierons pour simplifier de post-humain. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; color: #339999; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><strong>Des supersystèmes cognitifs post-humains</strong></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Si les SSC verticaux peuvent être dits fermés sur eux-mêmes, les SSC horizontaux qui se créeront spontanément, grâce notamment aux STIC, pourront être dits ouverts, surtout s’ils se réfèrent à des contenus ou modèles scientifiques du monde et d’eux-mêmes. La science, nous l’avons dit, possède en effet la propriété, unique à ce jour sur la planète, d’être inductive, expérimentale, instrumentale, cumulable et collectivisable. Sous ses formes les plus récentes et les plus ambitieuse, elle peut être qualifiée d’hyperscience. Les SSC qui se référeront aux versions les plus ouvertes de cette hyperscience devraient donc pouvoir recruter de nouveaux membres dans toutes les parties du monde. Dans une vision optimiste de cette évolution, on pourrait admettre que s’ouvrirait alors une opportunité évolutive de grande portée. Il s’agirait de la construction du supercerveau qui manquait au supersystème non cognitif Gaïa, le transformant en un ensemble de SSC en symbiose, lequel ensemble serait doté notamment d’une représentation de soi globale. Dans ce cas, on pourrait espérer que cette représentation de soi générerait des hypothèses dont certaines, en cas de succès, pourraient contribuer à la sauvegarde de Gaïa. Les systèmes cognitifs individuels qui participeraient à la fois aux SSC verticaux fermés et au SSC horizontal ouvert pourraient faire remonter au sein des systèmes verticaux des informations relatives aux risques que ces derniers font courir à l’ensemble en refusant de prendre en compte les impératifs de survie de Gaïa. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">On voit que la clef de cette évolution salvatrice limitant les effets d’une compétition aveugle entre SSC verticaux seraient des systèmes cognitifs individuels jouant le rôle de passeurs entre le vertical fermé et l’horizontal ouvert. Ils le feront d’autant plus aisément qu’ils subiront des évolutions leur permettant, sans les nier entièrement, de s’affranchir des adhérences les plus pénalisantes à leurs SSC originels et d’acquérir de nouvelles qualifications les rendant aptes à s’intégrer à des SCC horizontaux ouverts. Concrètement, si ces systèmes cognitifs individuels sont des humains, ils devront les plus pénalisants et archaïques des déterminismes génétiques et culturels qui les enferment dans leurs groupes et les empêchent de s’ouvrir à des perspectives plus larges. Ils devront acquérir de nouvelles propriétés, de type technologiques mais aussi intellectuelles et morales, les rendant aptes à la coopération et à l’invention en réseau ouvert. Autrement dit, on pourrait dire, en reprenant une terminologie de plus en plus utilisée, que ces nouveaux humains devront devenir des post-humains. Ils s’affranchiraient d’un certain nombre des héritages génétiques et culturels des humains traditionnels et pourraient acquérir, grâce aux nombreuses « augmentations » rendues disponibles par l’évolution technologique, de nouvelles capacités fonctionnelles, tant sur le plan des performances physiques que mentales. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Si dans le même temps des systèmes cognitifs artificiels se sont développés et sont entrés en compétition avec les post-humains, il y a tout lieu de penser que cette concurrence aura des effets favorables. Elle pourra prendre la forme de coopérations réussies ou de symbioses unissant les représentants des deux catégories de partenaires, systèmes cognitifs humains d’une part, systèmes cognitifs artificiels d’autre part (sur le modèle de celui proposé par Alain Cardon). Une nouvelle sorte de SSC mixtes, biologiques « augmentés » et artificiels, en résultera, dont les capacités à prendre en compte les intérêts de survie de Gaïa seront considérablement accrues. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Evidemment, la compétition entre les systèmes biologiques et les systèmes artificiels n’aboutira pas nécessairement à des symbioses favorables. Elle donnera nécessairement lieu aussi à des conflits destructeurs, illustrés dans la littérature de science fiction par le thème des guerres entre robots et humains. Mais par définition, ces conflits étant destructeurs élimineront les systèmes individuels humains ou robotiques incapables de coopérer et laisseront survivre ceux capables de coopérer. Des post-humains augmentés ou des robots humanisés y laisseront la vie. Mais d’autres survivront dotés des qualités conjuguées des uns et des autres. Il n’y aura rien d’original à cela. C’est bien ainsi que, dans le monde biologique ayant dominé la Terre jusqu&#8217;à ces derniers siècles, des espèces vivantes que rien ne prédestinaient à s’entendre ont, de conflits destructeurs en conflits destructeurs, fait apparaître des espèces symbiotiques nouvelles, enrichies des qualités des individus ayant trouvé la voie de la coopération au lieu de celle de la destruction mutuelle. </span></p>
<div>
<div>
<p align="justify"><span style="font-size: x-small; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">© Automates Intelligents &#8211; 25/04/2008</span></p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.notrefumier.fr/le-monde-des-systemes-et-des-supersystemes-cognitifs-conflits-et-cooperations-vers-le-post-humain/256/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le degré zéro de la démocratie.</title>
		<link>http://www.notrefumier.fr/le-degre-zero-de-la-democratie/207</link>
		<comments>http://www.notrefumier.fr/le-degre-zero-de-la-democratie/207#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 26 Mar 2008 22:44:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cento</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.notrefumier.fr/le-degre-zero-de-la-democratie/207</guid>
		<description><![CDATA[Mais que font nos soldats français en Afganistan? La chronique d’Olivier Duhamel 26.03.08]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mais que font nos soldats français en Afganistan?</p>
<p><a href="http://www.notrefumier.fr/wp-content/uploads/2008/03/la-chronique-dolivier-duhamel-2603.mp3" title="La chronique d’Olivier Duhamel 26.03.08">La chronique d’Olivier Duhamel 26.03.08</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.notrefumier.fr/le-degre-zero-de-la-democratie/207/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
<enclosure url="http://www.notrefumier.fr/wp-content/uploads/2008/03/la-chronique-dolivier-duhamel-2603.mp3" length="3625088" type="audio/mpeg" />
		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;La tentation de la Défaite&#160;&#187;, livre d’Antoine Vitkine</title>
		<link>http://www.notrefumier.fr/la-tentation-de-la-defaite-livre-d%e2%80%99antoine-vitkine/110</link>
		<comments>http://www.notrefumier.fr/la-tentation-de-la-defaite-livre-d%e2%80%99antoine-vitkine/110#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 27 Nov 2007 14:37:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cento</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.notrefumier.fr/archives/110</guid>
		<description><![CDATA[Le dessein d’Antoine Vitkine n’est pas de faire peur gratuitement. Le scénario qu’il décrit est souvent évoqué par les spécialistes des questions internationales. Son hypothèse peut sembler régulièrement corroborée par certains développements de l’actualité. Mais, fidèle à l’adage disant qu’« &#8230; <a href="http://www.notrefumier.fr/la-tentation-de-la-defaite-livre-d%e2%80%99antoine-vitkine/110">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="spip">Le dessein d’Antoine Vitkine n’est pas de faire peur gratuitement. Le scénario qu’il décrit est souvent évoqué par les spécialistes des questions internationales. Son hypothèse peut sembler régulièrement corroborée par certains développements de l’actualité. Mais, fidèle à l’adage disant qu’« un bon croquis vaut mieux qu’un long discours », l’auteur a préféré raconter une histoire incarnée dans des personnages &#8211; le diplomate et ses collègues, le ministre des affaires étrangères, le journaliste français, l’intellectuel arabe &#8211; plutôt que de faire subir au lecteur un exposé pesant. Comme l’ouvrage a de surcroît des qualités littéraires certaines, on lit avec passion les aventures de ces hommes et ces femmes aux prises avec ce que James Joyce appelait « le cauchemar de l’histoire ». La Tentation de la défaite raconte où peut mener l’amour du calme et du confort dans des démocraties développées qui veulent croire que la guerre ne les concernera plus jamais. Qu’on en partage ou non le pessimisme, la lecture de ce livre s’impose.</p>
<p class="spip"><a href="http://www.institut-defense-democratie.net/article.php3?id_article=217">http://www.institut-defense-democratie.net/article.php3?id_article=217</a></p>
<p class="spip">&nbsp;</p>
<p class="spip">Ca a l&#8217;air pas mal comme bouquin. la dernière phrase du commentaire &laquo;&nbsp;La Tentation de la défaite raconte où peut mener l’amour du calme et du confort dans des démocraties développées qui veulent croire que la guerre ne les concernera plus jamais. &nbsp;&raquo; me rappelle les accords signés par le gouvernement français avec hitler juste avant la seconde guerre mondiale&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.notrefumier.fr/la-tentation-de-la-defaite-livre-d%e2%80%99antoine-vitkine/110/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Blues de la musique, blues de la société, blues du peuple</title>
		<link>http://www.notrefumier.fr/blues-de-la-musique-blues-de-la-societe-blues-du-peuple/89</link>
		<comments>http://www.notrefumier.fr/blues-de-la-musique-blues-de-la-societe-blues-du-peuple/89#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 07 Nov 2007 08:53:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cento</dc:creator>
				<category><![CDATA[Web]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[internet]]></category>
		<category><![CDATA[musique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.notrefumier.fr/archives/89</guid>
		<description><![CDATA[Ne nous voilons pas la face, le business de la musique ressemble par certains aspects à un vrai champ de ruines. Rien ne sera plus jamais comme avant. L&#8217;affaire Radiohead n&#8217;est qu&#8217;une des nombreuses répliques d&#8217;un séisme qui secoue toute &#8230; <a href="http://www.notrefumier.fr/blues-de-la-musique-blues-de-la-societe-blues-du-peuple/89">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ne nous voilons pas la face, le business de la musique ressemble par certains aspects à un vrai champ de ruines. Rien ne sera plus jamais comme avant. L&#8217;affaire Radiohead n&#8217;est qu&#8217;une des nombreuses répliques d&#8217;un séisme qui secoue toute l&#8217;industrie du phonogramme et dont l&#8217;épicentre se situe manifestement à Londres, une nouvelle fois.</strong></p>
<p>Je me demande si le parallèle avec les <em>sixties </em>ne va pas plus loin. Nous sommes en train de vivre une nouvelle révolution musicale. Qui peut le nier ? Et c&#8217;est probablement ce qui provoque la réaction des forces les plus conservatrices du marché et de la société. Surveillons, filtrons, punissons ! C&#8217;est la seule réponse qu&#8217;elles sont capables d&#8217;apporter aux mutations en cours, avec pour seul souci de préserver l&#8217;ordre établi, au mieux de certains intérêts.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La musique a toujours été, dans l’histoire, avant-gardiste des grandes évolutions politiques et économiques&nbsp;&raquo;</em>, rappelle sur son blog <a href="http://www.philaxel.com/">Phil Axel</a>, dans une note consacré à son nouvel ouvrage (<em>La révolution musicale, &laquo;&nbsp;libérté, égalité, gratuité&nbsp;&raquo;</em>)<em>, </em>à paraître le 23 novembre prochain. Jacques Attali, qui en signe la préface, l&#8217;avait déjà mis en évidence dans un essai sur la musique populaire (<em>Bruits</em>), paru pour la première fois en 1973.</p>
<p>Dans quelle mesure le champ de ruines de l&#8217;industrie musicale n&#8217;est-il pas, finalement, le reflet du champ de ruine de la société toute entière ? Une société confrontée à de multiples urgences, qui va devoir se préparer à enchaîner Grenelle sur Grenelle.</p>
<p><span id="more-89"></span><strong>Ebranlement intérieur </strong></p>
<p>D&#8217;une certaine manière, cette société a le blues. Elle n&#8217;a pas encore vraiment pris la mesure des enjeux auxquels elle va devoir faire face au cours des décennies qui viennent, mais elle pressent déjà l&#8217;ampleur des bouleversements qui s&#8217;annoncent. Même les mieux lotis d&#8217;entre nous ont du souci à se faire. Ordres établis, frontières, certitudes, vanités, rien de tout cela ne va résister à la fonte des glaciers. Au fond de nous-mêmes, nous le savons déjà.</p>
<p>Dans ce contexte d&#8217;ébranlement intérieur, face aux incertitudes de l&#8217;avenir, la musique est un refuge. C&#8217;est parce que j&#8217;ai le blues que je chante. Et c&#8217;est en chantant que je partage ce blues, que je véhicule ses émotions : de l&#8217;amour, une peine, un sentiment d&#8217;injustice.</p>
<p>La vrai vertu de ce chant est d&#8217;avoir une portée universelle et de pouvoir toucher des milliers de coeurs instantanément. Il n&#8217;appartient à personne, ou plutôt il nous appartient à tous, à nous tous qui sommes le peuple, et qui avons parfois le blues. Ne serait-ce que pour cette raison là, la musique n&#8217;est pas une marchandise comme une autre. Et elle ne se réduit certainement pas à une simple propriété intellectuelle. Elle est aussi une culture. Une mémoire de nos existences. Un brassage de cultures et de mémoires.</p>
<p>Au cours des dix dernières années, le numérique a permis aux nouvelles générations de se réapproprier la musique populaire, et de transformer Internet en nouvelle corne d&#8217;abondance. D&#8217;une certaine manière, les artistes se réapproprient eux aussi progressivement leur musique. Et une relation &laquo;&nbsp;de pair à pair&nbsp;&raquo; s&#8217;instaure entre eux et le public &#8211; Radiohead vient d&#8217;en faire symboliquement la démonstration -, qui dessine les contours d&#8217;un nouveau contrat social.</p>
<p><!--more--><strong>Un embryon d&#8217;hyperdémocratie</strong></p>
<p>La naissance du peer-to-peer n&#8217;est pas anecdotique. C&#8217;est un mode de relation et d&#8217;organisation participatif, qui remet toutes les hiérachies à plat et qui, nous le pressentons bien, en tant que citoyens de la nouvelle société de l&#8217;information, est l&#8217;embryon des modes d&#8217;organisation hyperdémocratique des sociétés du futur, pour peu que nous nous donnions la peine de les construire.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Nous n&#8217;avons pas besoin de prêtres pour parler à Dieu&nbsp;&raquo;</em>, affirme Saul Williams, dont le nouvel album, <a href="http://niggytardust.com/">The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust!</a>, produit par le chanteur de Nine Inch Nail, Trent Reznor, peut être téléchargé gratuitement sur Internet (@192 Kbps sans DRM) ou moyennant un petit coup de pouce de 5 dollars (@320 Kbps ou au format FLAC). La légitimité de certains intermédiaires ne va plus de soi.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je crois que les artistes et les managers s’interrogent aujourd’hui sur le manque d’anticipation des grandes maisons de disques et sur leurs facultés d’adaptation aux nouvelles conditions du marché »</em>, m&#8217;expliquait la semaine dernière Daniel Margules, manager de <a href="http://www.solaarsystem.net/">MC Solaar</a>, lors d&#8217;un entretien pour un article à paraître la semaine prochaine dans <a href="http://brochures.numeriques.info/docs/_/MIH453/"><em>Musique Info Hebdo</em></a>.</p>
<p>Mais <em>&laquo;&nbsp;Le business ne pourra pas se perpétuer si tous les artistes déjà établis tirent la couverture à eux</em>, me faisait remarquer en contre-point Marc Thonon, fondateur du label indépendant <a href="http://www.atmospheriques.com/">Atmosphériques</a>, qui a lancé des artistes comme Louise Attaque ou Ad-del Malik. <em>Dans notre métier, où 20 % des artistes génèrent 80 % des revenus, si ceux qui rapportent de l’argent quittent le navire, les labels vont se retrouver à ne faire que du développement&nbsp;&raquo;. </em>Et ils auront de moins en moins les moyens d&#8217;en faire.</p>
<p>Toutes les digues sont en train de céder face à la montée des eaux, et ceux qui ont bâti leur fortune à l&#8217;abri de ces digues sont menacés de tout perdre. Les majors du disque, cependant, parviennent encore à maintenir un certain vernis, grâce au visage ravalé d&#8217;une multitude de vieilles gloires.</p>
<p><strong>Le &laquo;&nbsp;big&nbsp;&raquo; sauvetage des apparences</strong></p>
<p>C&#8217;est assez pathétique de les voir battre ainsi le rappel de tous les pré-retraités de la pop music (Genesis, The Police, <a href="http://djbox.typepad.com/rock_altitude/2007/10/et-un-nouveau-l.html">The Eagles</a>, etc.) pour perpétuer l&#8217;illusion du spectacle, en jouant sur la corde sensible de la nostalgie.</p>
<p>Mais ce qu&#8217;on nous vend en réalité, c&#8217;est une culture de sexagénaires, un monde de sexagénaires, des valeurs de sexagénaires, du réchauffé, du déjà vécu, le modèle d&#8217;une société figée dans une sorte d&#8217;adolescence éternelle et tardive dont Mick Jagger ou Phil Collins seraient les icônes, dont Madonna incarnerait encore l&#8217;éternel féminin à près de 50 ans, et qui se voudrait immuable. Quelle illusion ! Et surtout, quel déni de la jeunesse !</p>
<p>La triste réalité, c&#8217;est que Marc Thonon se retrouve aujourd&#8217;hui privé des locomotives qui lui permettaient d&#8217;investir dans le développement de nouveaux talents, parce qu&#8217;Universal Music a retiré ses billes de son label et repris leur contrat, ce qui lui permet certes de repartir à zéro, sur ses fonds propres, mais l&#8217;entreprise est fort périlleuse, vu les conditions actuelles du marché.</p>
<p>On voit très bien, à cet égard, que deux tendances sont à l&#8217;oeuvre. Celle, conservatrice, d&#8217;une part, qui privilégie la sauvegarde d&#8217;un certain patrimoine contre vents et marées, dans un mouvement de concentration, et capitalise sur les ors du passé. Et celle, beaucoup plus progressiste, d&#8217;autre part, qui continue à cultiver son indépendance et la prise de risque artistique et commerciale, et va de l&#8217;avant, dans un mouvement d&#8217;expansion.</p>
<p>Et c&#8217;est au public, me semble-t-il, de faire preuve de discernement, de donner de moins en moins prise au marketing de masse et hors d&#8217;âge des multinationales de la musique et de soutenir <em>mordicus</em>, aussi bien des artistes franc tireurs comme Radiohead que des labels indépendants comme Atmosphériques, qui incarnent un véritable esprit d&#8217;entrepreunariat culturel.</p>
<p><!--more--><strong>La fin du contrôle </strong></p>
<p>La jeunesse est porteuse de révolte, et la musique nourrit cette révolte. Quarante ans après mai 68, les nouvelles générations viennent nous redire qu&#8217;il est interdit d&#8217;interdire &#8211; de télécharger, notamment, mais pas seulement. Que quoique nous fassions, elles prendront la tagente et continueront à tisser de nouveaux liens sociaux sur les réseaux autour de la musique.</p>
<p>Par nature, ce phénomène échappe à toute velléité de contrôle. <a href="http://www.endofcontrol.com/"><em>The End of Control</em></a>, &laquo;&nbsp;la fin du contrôle&nbsp;&raquo;, c&#8217;est d&#8217;ailleurs le titre du nouveau &laquo;&nbsp;blook&nbsp;&raquo; (livre-blog) de Gerd Leonard, futuriste émérite de la musique, sur l&#8217;avenir de cette dernière. Les grandes corporations n&#8217;ont plus la main. Tout le système de référents hiérarchisés qui prédomainait jusque là est en train d&#8217;exploser. La machine s&#8217;emballe. Plus personne ne contrôle plus rien.</p>
<p>En revanche, de nouvelles formes de solidarité sociétale se développent, en partie grâce à Internet. Le public achète peut-être de moins en moins de CD mais il n&#8217;hésite plus, aujourd&#8217;hui, à soutenir les artistes en développement en amont, financièrement, sur le modèle de la souscription ou via des plateformes comme <a href="http://www.zdnet.fr/blogs/2007/10/22/spidart/">Spidart.com</a>. Je ne doute pas que des passerelles seront jetées entre ces nouveaux acteurs du financement de la production et les labels indépendants de la nouvelle génération.</p>
<p>L&#8217;industrie musicale a déjà perdu le monopole de la distribution. Elle est probablement en train de perdre désormais celui de la production. Le peuple a le blues et ne respecte plus les anciennes règles. En même temps, un monde nouveau est en train de naître, dans lequel tout reste à inventer. Ce qui me permet de terminer cette longue complainte sur un message d&#8217;espoir.</p>
<p><a href="http://www.zdnet.fr/blogs/2007/10/30/blues-de-la-musique-et-blues-du-peuple/">http://www.zdnet.fr/blogs/2007/10/30/blues-de-la-musique-et-blues-du-peuple/</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.notrefumier.fr/blues-de-la-musique-blues-de-la-societe-blues-du-peuple/89/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Bowling Alone: The Collapse and Revival of American Community</title>
		<link>http://www.notrefumier.fr/bowling-alone-the-collapse-and-revival-of-american-community/83</link>
		<comments>http://www.notrefumier.fr/bowling-alone-the-collapse-and-revival-of-american-community/83#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Nov 2007 18:52:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cento</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.notrefumier.fr/archives/83</guid>
		<description><![CDATA[http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Putnam &#171;&#160;R. Putnam soutient que, depuis les années 1960, les États-Unis subissent un effondrement sans précédent de sa vie civique, sociale, associative et politique &#8211; soit du capital social, avec des conséquences dramatiques.&#160;&#187; C&#8217;est Tocqueville qui dit que la force &#8230; <a href="http://www.notrefumier.fr/bowling-alone-the-collapse-and-revival-of-american-community/83">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Putnam">http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Putnam</a></p>
<p>&laquo;&nbsp;R. Putnam soutient que, depuis les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ann%C3%A9es_1960" title="Années 1960">années 1960</a>, les États-Unis subissent un effondrement sans précédent de sa vie civique, sociale, associative et politique &#8211; soit du capital social, avec des conséquences dramatiques.&nbsp;&raquo;</p>
<p>C&#8217;est Tocqueville qui dit que la force de l&#8217;amérique réside dans ses associations civile qui arrivent très bien à faire sans l&#8217;intervention de l&#8217;état. Si R. Putnam  remarque que cela se dégrade, ce n&#8217;est pas bon signe pour la démocratie!!!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.notrefumier.fr/bowling-alone-the-collapse-and-revival-of-american-community/83/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Démocratie directe</title>
		<link>http://www.notrefumier.fr/democratie-directe/80</link>
		<comments>http://www.notrefumier.fr/democratie-directe/80#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 31 Oct 2007 14:54:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cento</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://start1g.ovh.net/~notrefum/archives/80</guid>
		<description><![CDATA[Quelques pistes sur la démocratie directe en quelques sites. Un site très gaulois: http://lautbry.tripod.com/democratiedirecte/ Un site plus officiel : http://www.assemblee-nationale.fr/site-jeunes/documentation/democratie.asp Un site engagé : http://www.ddfrance.com/comment.html Ce qu&#8217;en dit wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie_directe Un article qui nuance tout ça : http://www.monde-diplomatique.fr/1996/09/MARTI/6064.html A &#8230; <a href="http://www.notrefumier.fr/democratie-directe/80">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelques pistes sur la démocratie directe en quelques sites.</p>
<p>Un site très gaulois: <a href="http://lautbry.tripod.com/democratiedirecte/">http://lautbry.tripod.com/democratiedirecte/</a></p>
<p>Un site plus officiel : <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/site-jeunes/documentation/democratie.asp">http://www.assemblee-nationale.fr/site-jeunes/documentation/democratie.asp</a></p>
<p>Un site engagé : <a href="http://www.ddfrance.com/comment.html">http://www.ddfrance.com/comment.html</a></p>
<p>Ce qu&#8217;en dit wiki : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/DÃ©mocratie_directe">http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie_directe</a></p>
<p>Un article qui nuance tout ça : <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/1996/09/MARTI/6064.html">http://www.monde-diplomatique.fr/1996/09/MARTI/6064.html</a></p>
<p>A ton clavier!!!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.notrefumier.fr/democratie-directe/80/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre</title>
		<link>http://www.notrefumier.fr/quelle-espece-de-despotisme-les-nations-democratiques-ont-a-craindre/55</link>
		<comments>http://www.notrefumier.fr/quelle-espece-de-despotisme-les-nations-democratiques-ont-a-craindre/55#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 22 Oct 2007 09:27:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cento</dc:creator>
				<category><![CDATA[philo]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Toqueville]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.notrefumier/archives/55</guid>
		<description><![CDATA[De la Démocratie en Amérique II &#8211; Alexis de Tocqueville Quatrième partie CHAPITRE VI Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d&#8217;hommes semblables et égaux qui tournent &#8230; <a href="http://www.notrefumier.fr/quelle-espece-de-despotisme-les-nations-democratiques-ont-a-craindre/55">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De la Démocratie en Amérique II &#8211; Alexis de Tocqueville<br />
Quatrième partie</p>
<p>CHAPITRE VI</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"><font face="Times">Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d&#8217;hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d&#8217;eux, retiré à l&#8217;écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l&#8217;espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d&#8217;eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n&#8217;existe qu&#8217;en lui-même et pour lui seul, et, s&#8217;il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu&#8217;il n&#8217;a plus de patrie.</font></span></p>
<p><span lang="FR-CA"><font face="Times"><o></o></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"><font face="Times">Au-dessus de ceux-là s&#8217;élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d&#8217;assurer leur jouissance et de veiller sut leur sort. il est absolu, détaillé, régulier, pré­voyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l&#8217;âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu&#8217;à les fixer irrévocablement dans l&#8217;enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu&#8217;ils ne songent qu&#8217;à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l&#8217;unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs. principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?</font></span></p>
<p><span lang="FR-CA"><font face="Times"><o></o></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"><font face="Times">C&#8217;est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l&#8217;emploi du libre arbitre; qu&#8217;il renferme l&#8217;action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu&#8217;à l&#8217;usage de lui-même. L&#8217;égalité a préparé les hommes à tou­tes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.</font></span></p>
<p><span lang="FR-CA"><font face="Times"><o></o></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"><font face="Times">Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l&#8217;avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière; il en couvre la surface d&#8217;un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige; il force rarement d&#8217;agir, mais il s&#8217;oppose sans cesse à ce qu&#8217;on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation a n&#8217;être plus qu&#8217;un troupeau d&#8217;animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.</font></span></p>
<p><span lang="FR-CA"><font face="Times"><o></o></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"><font face="Times">J&#8217;ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu&#8217;on ne l&#8217;imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu&#8217;il ne lui serait pas impossible de s&#8217;établir à l&#8217;ombre même de la souveraineté du peuple.</font></span></p>
<p><span lang="FR-CA"><font face="Times"><o></o></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"><font face="Times">Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies: ils sentent le besoin d&#8217;être conduits et l&#8217;envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l&#8217;un ni l&#8217;autre de ces instincts contraires, ils s&#8217;efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d&#8217;être en tutelle, en songeant qu&#8217;ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu&#8217;on l&#8217;attache, parce qu&#8217;il voit que ce n&#8217;est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.</font></span></p>
<p><span lang="FR-CA"><font face="Times"><o></o></font></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"><font face="Times">Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.</font></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.notrefumier.fr/quelle-espece-de-despotisme-les-nations-democratiques-ont-a-craindre/55/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>11</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Paradoxe de Condorcet</title>
		<link>http://www.notrefumier.fr/paradoxe-de-condorcet/17</link>
		<comments>http://www.notrefumier.fr/paradoxe-de-condorcet/17#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 May 2007 21:51:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cento</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Condorcet]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[paradoxe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.notrefumier/archives/17</guid>
		<description><![CDATA[Le paradoxe de Condorcet est en réalité, plus une question épineuse relevant de la théorie de la décision, ou plus un dilemme en démocratie, qu&#8217;un pur paradoxe logique. http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Condorcet Illustration du paradoxe de Condorcet dans les sondages de l&#8217;élection présidentielle &#8230; <a href="http://www.notrefumier.fr/paradoxe-de-condorcet/17">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le paradoxe de Condorcet est en réalité, plus une question épineuse relevant de la théorie de la décision, ou plus un dilemme en démocratie, qu&#8217;un pur paradoxe logique.<br />
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Condorcet" target="_blank" onclick="return top.js.OpenExtLink(window,event,this)">http://fr.wikipedia.org/wiki<wbr></wbr>/Paradoxe_de_Condorcet</a></p>
<p>Illustration du paradoxe de Condorcet dans les sondages de l&#8217;élection présidentielle française 2007<br />
<a href="http://sondages2007.over-blog.com/article-6012059.html" target="_blank" onclick="return top.js.OpenExtLink(window,event,this)">http://sondages2007.over-blog<wbr></wbr>.com/article-6012059.html</a></p>
<p>Ce qui nous amène au Théorème d&#8217;impossibilité d&#8217;Arrow:<br />
Le théorème d&#8217;impossibilité d&#8217;Arrow, également appelé « paradoxe d&#8217;Arrow », est une confirmation mathématique dans certaines conditions précises du paradoxe évoqué par Condorcet selon lequel il n&#8217;existerait pas de fonction de choix social indiscutable, permettant d&#8217;agréger des préférences individuelles en préférences sociales. Pour Condorcet, il n&#8217;existait pas de système simple assurant cette cohérence. Arrow démontre, sous réserve d&#8217;acceptation de ses hypothèses, qu&#8217;il n&#8217;existerait pas de système du tout assurant la cohérence, hormis celui où un dictateur seul imposerait ses choix à tout le reste de la population.<br />
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9or%C3%A8me_d%27impossibilit%C3%A9_d%27Arrow" target="_blank" onclick="return top.js.OpenExtLink(window,event,this)">http://fr.wikipedia.org/wiki<wbr></wbr>/Th%C3%A9or%C3%A8me_d%27impossi<wbr></wbr>bilit%C3%A9_d%27Arrow</a></p>
<p>Et là la démocratie elle est mal!!!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.notrefumier.fr/paradoxe-de-condorcet/17/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

<!-- Performance optimized by W3 Total Cache. Learn more: http://www.w3-edge.com/wordpress-plugins/

Page Caching using disk: enhanced

Served from: www.notrefumier.fr @ 2012-02-18 12:45:26 -->
