Et vous? Que voulez-vous devenir lorsque vous serez grands?

Traduction d’un chapitre du livre d’E. Amdur « Duelling with O-Senseï que j’ai trouvé vraiment intéressant sur la sempiternelle question de l’efficacité martiale de l’aikido, mais pas seulement. Je trouve qu’on y évoque également des questions de maturité et de gestion des conflits au sens large.

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Vous vous baladez dans une rue d’un petit village en Malaisie par une nuit sans lune pour rendre visite à quelques amis. En rentrant chez vous, un homme visiblement très pressé vous bouscule et cogne votre épaule. Vous le maudissez tout bas, en effet, il a précisément touché l’épaule que vous aviez blessé il y a quelques mois de cela lors d’un entrainement en aikido. Un Ikkyo un peu trop appuyé qui s’est terminé par une mauvaise réception au sol. Manifestement vous avez parlé un peu trop fort, car l’inconnu vous a entendu. Il se retourne visiblement belliqueux et vous hurle dessus en s’approchant de plus en plus près de vous.
Soudainement, il lance sa main à votre visage et vous entrez dans le but de le contrôler avec un irimi nage. Vous glissez dans son attaque, le mouvement est impeccable, mais alors que vous pivotez pour le diriger vers la projection, il s’accroche à vous et vous porte quelques tout petits uppercuts dans l’abdomen. Ah vous dites-vous, cela ne va même pas me laisser un bleu…sauf qu’il est armé… Il porte un Kerambit (une sorte de poing américain prolongé d’une lame courte incurvée.

Vous commencez à reculer et il jette sa tête contre votre torse et continue à vous porter ses petits coups de poing dans l’estomac. Chaque coup vous entaille l’abdomen. «oh mon Dieu» dites-vous, «pourquoi pendant toutes mes années d’entrainement en aikido, ne me suis-je jamais entrainé à contrer les technique mortelles du Kerambit malaisien?» Ce sont vos dernières pensées avant de vous effondrer dans une mare de sang dans une ruelle malaisienne désertée.

Vous êtes le premier représentant d’Aikido à l’ultimate fighting championship, une compétition de combat sans règles réunissant plusieurs représentants d’arts martiaux différents. Comme par hasard, vous tombez au premier tour contre un représentant de la famille gracie. Vous avez décidé de vous inscrire lorsque vous avez entendu la famille Gracie prétendre que le jiu-jitsu brésilien était l’art martial le plus efficace au monde. Comment cela pourrait-il être alors que lorsque vous les voyez agir, il n’y a visiblement aucun kokyu, aucun ki dans leur pratique. Vous connaissez la stratégie de ce membre de la famille gracie : il va chercher vos jambes mais vous serez prêt dés qu’il baissera la tête pour vous saisir, à lui placer un kaiten nage et à le projeter comme un fétu de paille.
Le combat commence, mais contrairement à vos plans, il parvient à vous attraper une jambe au moment ou vous commencez votre mouvement et vous vous retrouvez au sol à rouler avec lui. Sans que vous sachiez comment, il se retrouve sur vous et vos hanches, vous collant et vous serrant comme le ferait un python avec une proie succulente. Trois secondes plus tard vos pieds s’agitent dans tous les sens alors qu’il vous étrangle. Pas de problème, dites-vous, hier soir, avant le match, dans votre lit vous avez travaillé une projection dans cette situation précise. Vous n’avez qu’à rassembler votre ki, fixer un point, ponter, et…vous évanouir…

Puis, il y eut cette fois ou vous avez été invité au grand stade d’Istanbul durant le tournoi international de lutte. A votre grande déception, le poignet de votre premier adversaire a glissé de votre saisie alors que vous tentiez de lui appliquer votre meilleur nikkyo. Il sourit amicalement en lissant sa moustache puis prenant une position accroupie bien spéciale, vous renversa sans ménagement dans le sable. Les lutteurs turcs ne sont pas vulnérable aux clés de poignet, puisqu’ils se couvrent d’huile d’olive avant leurs combats…

Puis, il y eut ce champion de boxe birmane qui vous a cassé le tibia avec son premier low kick, ce champion de judo qui balaya cette même jambe, deux semaines après qu’elle soit sortie du plâtre, ce maitre de l’épée qui en riant vous perça 17 trous dans l’épaule, portant les coups si rapidement que son épée fut plantée dans votre chair avant même que vous puissiez bouger.

Le pire de tout fut ce nubien pratiquant le couteau. Celui-là vous auriez du le maitriser. Toutes ses attaques étaient portées comme les shomen que vous connaissez tant. Du gâteau pour un aikidoka. Mais, alors que vous redirigiez ses coups de couteau, votre avant bras était tout de même entaillé jusqu’à l’os. Ce jeune homme s’était entrainé toute sa vie dans l’idée que s’il parvenait à un bon niveau dans sa pratique, les anciens l’autoriseraient à se marier et à faire l’amour pour la première fois dans sa vie. Un adversaire très engagé dans sa pratique c’est certain!

Finalement vous décidez de vous retirer et de partir en vacances aux USA et vous voilà, conduisant votre auto, ruminant vos défaites, et les insuffisances de l’aikido en tant qu’art martial. Perdu dans vos pensées, vous ne voyez pas le panneau stop et vous vous encastrez dans une magnifique Cadillac. Vous voyez alors Tiger woods sortir avec un bois trois. La suite de l’histoire est censurée…

*

Mon ton désinvolte et cavalier vous rebute? Je pense pourtant qu’il est approprié par rapport aux ruminations angoissées qui ont affligé l’aikido depuis ses débuts, sur le point de savoir s’il s’agit d’un art martial assez efficace ou même d’un art martial tout court.
De quoi parlons-nous après tout? Les pratiquant ont tellement la métaphore du guerrier dans la tête qu’il faut bien qu’elle se fixe quelque part dans notre esprit. Et elle se fixe là ou elle se sent le mieux, c’est à dire dans la part la plus adolescente de notre esprit.
Je ne cherche pas à prouver que je suis meilleur que le lecteur qui me lit ici, ce que je dis ici provient de ma propre expérience évidemment. Cependant, je pense qu’il y a un sérieux problème au moins pour ceux qui se préoccupent tellement de la question de savoir quel art martial est le plus efficace.
Jetons un coup d’œil aux arts martiaux que je vous ai présenté plus haut.

Le Kerambit est utilisé dans un système martial nommé le Pukulan. Les pratiquants le considèrent comme une méthode de survie dans une société malaisienne ou les armes à feu jouent un rôle assez faible et ou les armes blanches sont considérées avec un respect qui frise le religieux. Le Kérambit est parfaitement en accord avec leur société et leur culture. Il est investi de valeurs spirituelles cohérentes avec la culture malaisienne.

Le gracie jiujitsu ou jiujitsu brésilien est un système de combat développé à partir du judo ancien dit du «Kodokan» enseigné aux rejetons de la famille Gracie par Esaï Maeda. J’ignore si cela est caractéristique de cette seule famille ou s’il s’agit d’un aspect de la culture brésilienne, mais les Gracie se sont spécialisés dans les combats sans règles (généralement sans armes d’ailleurs) en un contre un. Ils s’entrainent avec avec cœur et sans compter, et parviennent généralement à leurs fins dans le but qu’ils se sont fixé.

La lutte turque est à la Turquie ce que le Sumo est au Japon. Les deux disciplines sont une véritable incarnation de l’image du pays et de la force masculine. Pour les japonais la puissance a son siège dans les hanches, et l’efficacité est mesurée à la capacité de rester dans l’aire de combat. Les lutteurs turcs sont obligé de ne saisir que leurs culottes puisqu’ils sont enduits d’huile d’olive qui rend toute autre saisie presque impossible. Ils ont développé dés lors une remarquable capacité à projeter un adversaire aussi glissant qu’une anguille.

Je pourrais parler de la même façon de la boxe birmane, du judo, et de l’art du couteau nubien (d’ailleurs, tout est vrai sur ce dernier art martial : j’ignore s’il vaut mieux combattre un homme qui se bat pour sa vie ou un adolescent qui se bat pour pouvoir donner à ses hormones quelque chose de constructif à faire avec une femme).

Chacun de ces arts martiaux est une expression d’une culture spécifique et n’existe pas véritablement hors de celle-ci.
Les pratiquants sont engagés complètement, de cœur et d’esprit dans leur art, parce que cet art est une manifestation de leur identité.

La première chose que nous devons reconnaître est qu’avant le 20ème siècle, les personnes qui auraient pu voir ou même expérimenter chacun de ces arts martiaux étaient extrêmement rares. Il aurait pu s’agir de grands voyageurs ou d’envahisseurs qui auraient du faire face à ces arts lors de batailles.
Le fait que nous puissions connaître l’ensemble de ces pratiques est unique à notre époque. Il est d’ailleurs ironique que ce soit la paix relative dans laquelle nous visons aujourd’hui qui nous permette d’imaginer des scenarii tels que ceux que nous avons imaginé plus haut. Pourtant, certains d’entre nous fantasment sur le fait de se confronter à ces gens avec notre propre pratique martiale.
Bien qu’il puisse arriver qu’un jeune pratiquant particulièrement excité et vindicatif, ou un instructeur particulièrement idiot, vienne me défier dans mon dojo pour se faire un nom et que je ne sois pas capable de désamorcer le conflit, et que je doive me battre, ce n’est pas quelque chose qui m’empêche de dormir la nuit. Ma vie ne tourne pas autour de cette question.
Personnellement je m’inquiète plus des adolescents avec des armes à feu, ou des psychopathes ou des drogués que je peux voir tous les jours dans mon travail que d’un maitre de kempo 8ème dan qui me défierait pour tester mes capacités martiales.
Pour moi il est assez pathétique qu’un pratiquant d’un système de combat extrêmement réaliste ou qu’un pratiquant de kyudo soit concerné prioritairement par sa capacité à défaire d’autres pratiquants d’un art martial à moins qu’il choisisse d’en faire un moyen de vivre.

Bien que plusieurs lecteurs pratiquent plusieurs arts martiaux, imaginons pour simplifier que vous vous inscriviez à votre premier cours d’arts martiaux. Vous avez alors choisi de respecter l’engagement que les peuples venant de la culture d’origine de cet art respectent naturellement et qui n’ont pas forcément le choix que vous avez.
Pourquoi avez vous commencé? Imaginons que cet art vous a promis quelque chose. Cette promesse peut être implicite ou explicite mais vous restez plusieurs années à vous entrainer, jusqu’à ce que vous découvriez que la promesse est tenue ou qu’elle est trahie, ou que la promesse est comme le visage de Dieu, toujours au delà de l’horizon et que dés lors, vous continuiez à vous entrainer uniquement pour l’entrainement et la voie.

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Qu’elle est la promesse de l’Aikido? On pourrait imaginer devenir un redoutable combattant en pratiquant l’aikido uniquement.
Il vous faudrait faire 5000 shomen uchi par jours, faire autant de yokomen et autres suburis, pratiquer avec des partenaires d’excellent niveau, varier les angles d’attaques, la vitesse la puissance et le timing, ajouter des centaines de tsukis au visage et au corps. Chuter une demie heure par jour sans discontinuer jusqu’à ce que vous soyez souple et résistant comme du caoutchouc, étudier des méthodes d’atemi compatibles avec les techniques d’aikido, faire de l’aikido 6 heures par jours. Que croyez-vous? Qu’une véritable habileté en combat ne nécessite que quelques heures par semaines?
Il vous faut considérer que pour que l’aikido vous donne tous les moyens d’être efficace en combat, il vous faut nécessairement lui donner tout ce que vous avez. Si vous ne le faites pas le problème de l’efficacité ne réside pas dans l’aikido n’est-ce pas?

Vous voulez aller encore plus loin? Entrainez-vous avec d’autres disciplines. La plupart des grands maitres d’aïkido que j’ai connu l’ont fait (Cf Nishio, Chiba, etc.) Certains sont même experts dans d’autres arts martiaux que l’aikido. Faites du sparring avec des karatekas, des judokas, etc… Vous vous améliorerez significativement, vous connaitrez vos forces et vos faiblesses et vous passerez certainement de très bons moments.

Mais, si vous êtes vraiment engagés dans l’aikido, souvenez-vous pourquoi vous en faites. Qu’est-ce qui était réellement promis? L’efficacité en combat, quelque soit sa nécessité dans l’aikido n’est pas ce qui a été promis, en tout cas pas par son fondateur, ni par son fils Kishomaru, ni par ses meilleurs disciples. L’aikido c’est s’entrainer à la réconciliation. C’est parvenir à entrer dans une situation conflictuelle et à la résoudre de la manière la plus pacifique. Votre maitre vous aura peut être promis quelque chose de légèrement différent, mais si c’est ce que vous voulez aussi, suivez-le. Si vous n’êtes pas d’accord avec la promesse, quittez-le. Trouvez ce que vous cherchez. Après tout il ne s’agit pas là de religion et vous n’irez pas en enfer pour avoir quitté un dojo.

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Quel est le résultat de la promesse de l’aikido en ce qui me concerne? Je tâcherai de l’illustrer par une anecdote.
Une nuit, ma femme et ma jeune fille allâmes voir un film à Ikebukero, un quartier de Tokyo. Après le film, nous nous rendîmes à un petit parc. Elle voulait s’étirer les jambes et faire quelques exercices de Tai chi. Pour ma part je me mis à jouer un peu avec ma fille. Soudainement venant d’un coin peu éclairé du parc, j’entendis des cris étouffés : «non, non laisse moi partir s’il te plait».
J’attrapais ma fille et je la donnais à ma femme et je me dirigeais rapidement à l’endroit ou j’avais entendu ces cris.
Là je découvris un homme qui serrait brutalement une jeune femme sur un banc, la forçant à recevoir ses baisers, alors qu’elle luttait en vain contre son étreinte. (N’est-ce pas la situation rêvée pour laquelle beaucoup d’hommes se sont mis à pratiquer un art martial? Sauver les jeunes filles en détresses?)
Quoiqu’il en soit, je lançais à l’attention de l’homme : «onichan (un terme voulant dire «grand frère» en japonais sur un ton affectueux) tu n’est pas très gentil avec cette fille».
L’homme continua à brutaliser la jeune fille et cria : «ce n’est pas ton problème, vas te faire voir»
Je répondis : «onichan, ce n’est pas gentil de forcer une femme lorsqu’elle ne veut pas de toi».
L’homme se retourna et se leva brusquement. Après avoir entendu un japonais formel, il écarquilla les yeux en me découvrant. Je ne pense pas qu’il s’était confronté souvent à des japonais aussi grands que lui. Il portait un tee-shirts de l’équipe de rugby de l’université locale, il mesurait au moins 1m90 et devait faire dans les 100 kgs de muscles. Il leva son poing et me cria une fois encore de partir.
Si j’avais pris une quelconque position de garde ou de combat, je pense qu’en cet instant, nous nous serions battus. Pourtant, étrangement, malgré la menace, je ne le fis pas. Je n’étais pas en colère non plus. Rétrospectivement, je pense qu’en cet instant j’imaginais avoir assez de compétences martiales pour esquiver ou dévier une attaque de sa part sans me mettre en garde. Mais plus encore que cela, je ne me sentais pas appelé à faire ça à ce moment.

Les mains le long du corps, je le regardais droit dans les yeux comme une version plus jeune de moi même, et je dis : «onichan, les vrais hommes ne forcent pas les femmes tu sais, ce n’est pas bien».

Nous restâmes sans bouger pour un temps qui me semblât infini. Je pouvais entendre la jeune femme pleurer. Je me souviens de ce sentiment de bulle qui nous entourait et de l’étrange calme que je ressentais presque palpable. Il leva alors ses deux poings. Je me dis alors : «c’est parti» mais je me relaxais encore plus, sentant que je pouvais bouger dans toutes les directions si je le souhaitais, et je continuais à regarder avec bienveillance dans ses yeux. Le moment continuait à durer et soudainement…il fondit en larme devant moi.

Le reste de l’histoire est relève presque de la série télévisée. C’était un jeune couple tout récent, et elle l’avait quitté pour un autre jeune homme. Lorsqu’il fut confronté à ce qu’il prit pour une tromperie de sa part, elle lui dit, quelle voulait garder son indépendance, qu’ils n’étaient pas mariés ou même fiancés, et il essaya de lui dire qu’il l’aimait, et il l’enlaça et là, les évènements s’accélérèrent et devinrent incontrôlables. «je ne savais pas quoi faire, comment lui dire et lui montrer que je l’aimais?»

Cela prit à peu près 10 minutes pour que tout cela sorte, il pleurait à chaudes larmes. La jeune femme lui dit qu’elle comprenait son sentiment, mais qu’elle n’accepterait pas d’être forcée et qu’il ne la possédait pas. Elle voulait bien continuer à le voir, s’il ne la traitait pas comme s’il la possédait. Il était extrêmement honteux.
Ils furent au final extrêmement reconnaissant que je sois intervenu. Tout cela termina en les raccompagnant à la station de métro la plus proche, ou ils promirent de continuer la discussion dans un lieu public.

Le dénouement ressemble à la fin d’une mauvaise histoire, mais malgré tout, leurs vies auraient pu être toutes les deux détruites si les choses avaient continué, au point ou elles en étaient lorsque je suis intervenu. J’étais heureux d’avoir été là, et surtout qu’il n’ait pas essayé de me frapper, parce que soit, il y serait parvenu et j’aurais été gravement blessé, étant donné sa corpulence, soit je l’aurais arrêté, mais je n’y serais probablement pas parvenu, étant donné son physique, sans le blesser aussi gravement.

Peut-être que si j’avais étudié seulement le Tai-chi ou le kick boxing ou même si je n’avais jamais étudié un seul art martial, les choses se seraient passées exactement de la même façon. Je n’ai aucun moyen de le savoir. Dans la vraie vie, au contraire du dojo, vous êtes la somme de toutes vos expériences et habiletés. Vous ne pouvez pas sélectionner un mode karaté ou aïkido ou jujutsu pour vous adapter à une situation réelle. Mais, quoiqu’il en soit, lors de cet événement, j’ai vraiment eu le sentiment que ma réaction était de l’aikido.

Déjà publié le 2 August 2010

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Une réponse à Et vous? Que voulez-vous devenir lorsque vous serez grands?

  1. eclos dit :

    Que c’est beau de sublimer ainsi l’aïkido… 🙂
    Aïkido ca veut dire « la voie de la sagesse »? 🙂

    C’est une belle histoire dans un monde de brutes …

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