Antony Beevor : La chute de Berlin

Je vous avez dit tout le bien que je pensais d’un précédent ouvrage de cette auteur sur le débarquement de Normandie.

D-Day et la bataille de Normandie

J’avais donc un préjugé très favorable sur cette auteur, ce qui m’a permis de passer outre à mon apriori premier par rapport à cet épisode de l’histoire.

En effet les fins de règne sont rarement très flamboyantes. De plus l’URSS de l’époque et l’armée rouge ne sont pas spécialement des sujets qui m’attiraient.

C’est donc, ma confiance dans les qualités de l’auteur qui m’ont fait franchir le pas. Bien que classé dans la rubrique « Livre d’histoire », j’ai souvent l’impression avec Antony Beevor de lire un roman. Une sorte d’ Alexandre Dumas, qui te fait vivre l’histoire comme si tu y étais.


La chute de Berlin

Ce livre s’attache donc à nous fait partager les dernier mois du troisième Reich, en nous faisant passer alternativement du côté Allemand et Soviétique.

L’aspect militaire n’est pas le plus mis en valeur, mais c’est compréhensible, car ce n’est que l’Histoire d’une armée russe surpuissante en tout qui  écrase une Wehrmacht  à l’agonie. Il n’y a donc pas à attendre de grand mouvements stratégiques subtils. La technique du simple rouleau compresseur qui avance  d’Est en Ouest résume très bien la situation.

Ce qui devient intéressant c’est de suivre des deux côtés la façon dont les humains pris la dedans vivent ce truc qui les dépassent.

Les militaires allemands n’y croient plus mais ont une telle peur des soviétiques qu’ils deviennent jusqu’au-boutiste. Certains se battent contre les russes depuis plus de trois ans et savent toute la sauvagerie qu’ils peuvent attendre de leur adversaires. sauvagerie exacerbée par les exactions de l’armée allemande en URSS.

Pour les civils c’est un peu différent,  ils ont été préparés pendant des années par la propagande allemande. Le « sous homme » slave va amener le désordre et le chaos dans cette Allemagne si respectueuse de l’ordre.

Malheureusement la propagande n’est pas que d’un seul côté. L’organisation de l’armée russe est impressionnante à ce sujet. Une sorte d’armée « politique » parallèle veille à ce que l’ensemble des combattants pensent et agissent comme le camarade Staline, commandant suprême, la décidé. Tout  écart de parole est sévèrement condamné par la mort ou la déportation.

Le plus difficile à accepter est la valeur quasiment nulle donné à l’individu. Un général, un troufion, un prisonnier de guerre russe libéré, une femme sont traités exactement de la même façon, comme des pions. L’exemple des prisonniers de guerre soviétiques femmes est parlant:  L’armée rouge libère un camps de prisonniers parmi lesquels figurent des femmes soldats russes. Elles sont violés par leur libérateurs puis ensuite interrogées par le NKVD pour ensuite être au mieux renvoyées au front ou pire en Sibérie.   Eh oui ! un prisonnier est toujours un lâche qui n’a pas su défendre la mère patrie. On le soupçonne aussi la plupart du temps d’avoir été perverti par la propagande nazie.Le propre frère de Staline fait prisonnier est soupçonné d’avoir été retourné.

Sans tomber dans la comparaison malsaine, Les SS et la gestapo en face ont parfois l’air d’amateurs. Chez eux on est encore dans le travail artisanal. Une forte personnalité locale prendra la judicieuse idée d’exécuter tous les prisonniers politiques avant l’arrivée des russes ou mieux  d’empêcher les populations civiles de s’échapper, mais ça n’a jamais le l’aspect systématique des soviétiques ou l’acteur importe peu c’est la machine de l’état qui fonctionne.

Sinon dans le désordre, j’ai aussi découvert:

  • la disparition totale d’un pays la Prusse. Après plus de 700ans d’Histoire près de deux millions d’allemands on était expulsés de leur pays pour que celui ci une fois dépecé deviennent partie intégrante de la Russie actuelle (Kaliningrad)  ou de la Pologne.
  • Une anecdote savoureuse: Les derniers troupes a défendre Hitler furent étrangères, scandinaves et Française. Des SS qui n’avaient plus rien à espérer.
  • Le gout de l’ordre chez les allemands qui étonnent les soviétiques. Les autorités civiles ont une aptitude impressionnante à accepter le nouvel ordre établis  afin de mettre fin au chaos. On voit ainsi les services municipaux berlinois  aller spontanément se mettre à la disposition des autorités d’occupations.
  • Le grande naïveté américaine (Roosevelt et Eisenhower) de croire que Staline est un gars bien a qui on peut faire confiance, alors que Churchill , a lui , très bien compris que ce qui va s’appeler la guerre froide a déjà commencer.
  • Et plein d’autres trucs tout aussi passionnant.

Voilà je m’arrête là en vous ayant je l’espère donné l’idée d’ajouter ce bouquin à votre liste des trucs à lire

À propos de job

Job assis sur son fumier
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5 réponses à Antony Beevor : La chute de Berlin

  1. eclos dit :

    Je crois que j’ai trouvé un surnom pour Job:
    The reader digest man …

    C’est toujours agréable ces petits résumés ….

    🙂
    🙂

  2. Belbo dit :

    Merci pour cette recommandation, c’est une période qui m’intéresse aussi. J’ai un livre (que je dois lire)intitulé « Le secret du jour J » de Gilles Perrault qui explique comment les alliés sont arrivés à garder le secret sur le débarquement en Normadie. Je vais me pencher sur celui d’Antony Beevor, d’autant qu’il est en poche…

  3. job dit :

    J’ai lu celui de Gilles Perrault et je te le recommande. A lire sans doute avant celui d’Antony Beevor sur le débarquement , histoire de suivre la chronologie.
    Sinon de Gilles Perrault, il y aussi « Le secret du Roi » ou l’histoire des premiers services secrets français du temps de Louis XV

  4. job dit :

    Pour un point de vue complétement déjanté mais quand même très proche des faits historiques.
    Le bunker d’Hitler vue par Dieudonné

  5. Dugenou dit :

    Bonne écriture, beaucoup de détails militaires.
    Pas un mot de la 5eme colonne qui suit les armées (Livres Stalingrad et La chute de Berlin….).
    Bonne vision américaine selon laquelle Hitler n’est que fou, ce qui l’excuse presque.
    Un très bon auteur tout de même.

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