Spinoza avait raison

Au demeurant, Damasio tient à montrer qu’il n’est pas réductionniste. Pour lui, la biologie des relations entre le corps et l’esprit, la neurophysiologie des émotions et des sentiments (des passions), ouvre des perspectives morales considérables. C’est ce qu’il tient à démontrer dans le dernier chapitre du livre, chapitre qui résume sa philosophie. Est-ce que connaître nos émotions et nos sentiments peut nous conduire à mieux vivre, atteindre un état de « contentement », d’accomplissement, qui était selon lui celui de Spinoza. C’est parce que Spinoza avait atteint cet état, nous dit Damasio, que malgré sa santé fragile, il a pu réaliser une œuvre aussi sereine, aussi prémonitoire des grandes discussions philosophiques et morales qui allaient se généraliser au siècle des Lumières. A la question qu’il se pose à lui-même, l’auteur répond positivement. Découvrir, grâce aux recherches qu’il nous propose, quels sont les ressorts profonds de nos sentiments et de nos pensées nous aidera à rechercher cet état d’accomplissement sans lequel la vie n’est guère supportable. Une grande variété de remèdes aux disfonctionnement dont nous souffrons pourra être envisagée, ceci dès les prochaines décennies. Mais ce sera aussi au plan collectif, celui de la politique et la morale sociales, que ces recherches seront utiles. Les mécanismes régulateurs de l’activité sociale ont été en général développés par l’évolution depuis des millions d’années. D’autres sont récents, datant de quelques millénaires, et se cherchent encore dans le désordre. Mais les problèmes qu’affrontent aujourd’hui l’humanité se compliquent considérablement. Une évaluation systématique des mécanismes régulateurs s’impose de façon de plus en plus pressante. Les remèdes aux disfonctionnements collectifs, par exemple l’addiction aux drogues et la violence, seront plus complexes que ceux applicables aux individus. Mais connaître l’esprit humain de façon plus scientifique aidera à trouver ces solutions. Il ne servira à rien de vouloir imposer aux gens des conduites ou des sacrifices qu’ils se seront pas en état de comprendre. On peut par contre espérer que, mieux informés par la science, ceux qui s’attacheront à traiter les grands problèmes sociaux, et les individus impliqués eux-mêmes, trouveront des voies d’espoir vers un meilleur état d’équilibre et de « contentement ».

http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2003/sep/damasio.html

Déjà publié le 12 December 2007

Google, une réussite totale ?

Google cela ressemble un peu à un train lancé à très grande vitesse:  tout le monde l’utilise ou voudrait l’utiliser, tout le monde semble y trouver son compte et rien ne semble pouvoir l’arrêter.

Pourtant ce n’est pas si rose que ca d’après cette « WorldMap » … utilisant les outils de Google !!! A l’ironie 🙂

Les pointeurs rouges indiquent un blocage, total ou partiel, de l’un des sites de l’entreprise, et un pointeur bleu indique une action en justice.

J’ai pas compté, j’avoue, mais cela fait bcp ! A la mesure du train en somme.

Déjà publié le 16 July 2010

Un extrait de Battlestar Gallactica

Je ne suis pas prêtre.
Je n’ai même jamais été un homme particulièrement bon.
En fait, j’ai été un homme profondément égoïste.
Mais ça ne fait rien, vous savez.
Quelque chose dans l’univers m’aime.
Quelque chose dans l’univers aime l’entité que je forme.
Je vais choisir d’appeler cette chose « Dieu ».
Une étincelle unique qui réside au sein de toute âme.
Si vous cherchez en vous, vous aussi trouverez cette étincelle.
Vous verrez. Mais il faut chercher. Profondément.
Aimez vos fautes. Acceptez-les. Si Dieu les accepte, sont-elles encore des fautes ?
Aimez-vous. Vous devez vous aimer. Si on ne s’aime pas, comment peut-on aimer les autres ?
Et quand nous savons ce que nous sommes, nous pouvons découvrir la vérité sur les autres. Voir ce qu’ils sont.
La vérité sur eux. Et vous savez quelle est la vérité, la vérité sur eux. Sur vous. Sur moi.
Le savez-vous ? La vérité est qu’on est tous parfaits, tels que nous sommes.
Dieu n’aime que ce qui est parfait, et il vous aime. Il vous aime car vous êtes parfaits.
Vous êtes parfaits… tels que vous êtes.

Battlestar.Galactica.404.VF

C’est marrant car ma culture chrétienne est très limité mais ça me rapelle quelque chose…

Déjà publié le 10 May 2008

Morale ou prospérité , il faut choisir.

Après avoir découvert dans Le divin marché Bernard de Mandeville, j’ai continué à lire sur ce monsieur.

D’après Wikipedia il soutient qu’une société ne peut avoir en même temps morale et prospérité et que le vice, entendu en tant que recherche de son intérêt propre, est la condition de la prospérité.

Cela nous ramène à notre discussion avec CriCri sur l’intérêt ou pas de vendre des Airbus et des centrales nucléaires à la chine. L’argument qui veut que si c’est pas nous qui le faisons d’autres prendront notre place est justement une illustration de ce que dit Mandeville.
Reste à définir qu’elle serait l’attitude morale à avoir sur ce sujet.
Le refus de dialogue avec la Chine parce qu’elle ne respecte pas les droits de l’homme et nous pique nos emplois ne nous mènerait pas loin. Si on ne devait pas parler avec tout ceux qui ne pensent pas comme nous finiraient un peu seul.
Par contre laisser nos valeurs aux vestiaires quand on va en Chine est une grosse connerie. La dette américaine est aujourd’hui en partie aux mains des financiers chinois parce que justement des entrepreneurs américains ont voulu être les premiers sur un marché juteux. C’est donc à chaque jour qui passe un peu plus Pékin qui décide de l’avenir économique des Etats Unis. (voir les chiffres en bas de page) Continuer la lecture de « Morale ou prospérité , il faut choisir. »

Déjà publié le 21 December 2007

Du bon usage du cannibalisme

Pour rester sur le sujet des pauvres, je vous propose un peu d’humour irlandais.

Le monde diplomatique m’a fait découvrir un texte satirique de Jonathan Swift , l’auteur des voyages de Gulliver, intitulé : »A Modest Proposal: For Preventing the Children of Poor People in Ireland from Being a Burden to Their Parents or Country, and for Making Them Beneficial to the Public » que l’on peut traduire par « Humble proposition pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande d’être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public ».

L’idée est fort simple. Dans une Irlande du XIX siècle qui souffre de la famine, Swift propose aux Irlandais pauvres d’élever leur enfants pour en faire de la viande de boucherie.
Mais ma présentation est bien trop brutale par rapport à son texte dont je vous livre quelques extraits.

Pour ma part, j’ai consacré plusieurs années à réfléchir à ce sujet capital, à examiner avec attention les différents projets des autres penseurs, et y ai toujours trouvé de grossières erreurs de calcul. Il est vrai qu’une mère peut sustenter son nouveau-né de son lait durant toute une année solaire sans recours ou presque à une autre nourriture, du moins avec un complément alimentaire dont le coût ne dépasse pas deux shillings, somme qu’elle pourra aisément se procurer, ou l’équivalent en reliefs de table, par la mendicité, et c’est précisément à l’âge d’un an que je me propose de prendre en charge ces enfants, de sorte qu’au lieu d’être un fardeau pour leurs parents ou leur paroisse et de manquer de pain et de vêtements ils puissent contribuer à nourrir et, partiellement, à vêtir des multitudes.

Continuer la lecture de « Du bon usage du cannibalisme »

Déjà publié le 16 March 2012